La population, les langues, les religions

La population

Le peuplement de la Guinée s'est effectué en plusieurs vagues.

Les premiers habitants connus sont les Baga en Guinée Maritime, les Kissi en Guinée Forestière, les Coniagui en Guinée Septentrionale.

Ensuite les migrations de populations Mandingue se succèdent et donnent lieu à l'implantation de nouvelles ethnies : Djallonké au Fouta, Soussou en Guinée Maritime Forestière, Malinké en Haute Guinée. Ces migrations sont surtout intervenues à partir du XIIIè siècle, avec les troubles et les guerres qui accompagné la prise du pouvoir de Soundjiata Kéïta en 1236.

Enfin les Peuhl s'installent à partir du XVè siècle au Fouta, occupé par les Djallonké et Soussou, qu'ils repoussent en Guinée maritime ou qu'ils absorbent.

L'Afrique depuis les temps préhistoriques, jusqu'aujourd'hui, connaît d'intenses migrations de populations, spontanées ou forcées. Les frontières actuelles des Etats sont héritées de la colonisation et ignorent les particularismes socioculturels. Aussi on retrouve en Guinée des ethnies qui sont également présentes dans les pays voisins. Cependant la Guinée bénéficie d'une certaine homogénéité organisée autour de trois pôles : le groupe Mandé dominant en Haute Guinée et Guinée Maritime (Soussou 16% de la population totale, Malinké 30%), le groupe Peul (30%), dont le centre est au Fouta Djallon et les ethnies forestières, plus fragmentées (20%).

La population de la Guinée compte fin 1996 7 164 893 habitants (recensement général de la population fin 1996), et à cause d'un taux de croissance élevé (2,9% par an) pourrait atteindre neuf millions en 2000. La croissance de la population a été rapide comme le montre le tableau suivant



Date Population

1900 1.500.000

1910 1.820.000

1940 2.124.000

1955 3.720.000

1965 3.500.000

1972 5.124.000

1983 6.000.000

1993 6.500.000

1996 7.165.000




Selon les résultats du dernier recensement la population se répartit de la façon suivante :

la population totale, y compris réfugiées, s'élève à 7 164 893 personnes dont : 659 538 (9,2%), réfugiées, soit population sans réfugiés : 6 505 355.

La population urbaine totale s'élève à 2 121 871 personnes (dont 149 704 réfugiés) dont 1 094 075 à Conakry. Soit pour la population urbaine : 29,6% et pour la population rurale : 71,4%. En dehors de Conakry seulement deux agglomérations dépassent 100 000 habitants : N'Zérékoré (106 793) et Kankan (100 320).

La densité reste en général relativement faible : 25 habitants au km², mais si certaines régions sont très peu peuplées (Haute Guinée, onchocercose), d'autres connaissent des densités élevées (Fouta Djallon, Guinée Maritime).

Le taux de natalité est soutenu (48 pour mille), mais la mortalité reste élevée (113 pour mille concernant la mortalité infantile) et l'espérance de vie à la naissance n'est que de 44 ans environ.

Près de 23% des enfants sont mal nourris et seulement 26% d'entre eux ont accès à l'école primaire ; 7,6% de la population totale est illettrée.

La population est donc jeune, 85% des guinéens ont moins de 45 ans et la moitié moins de 15 ans.

Il y a entre deux ou trois millions de guinéens vivant à l'extérieur des frontières (au Sénégal et en Côte d'Ivoire notamment). Cette émigration s'est surtout développée pendant l'ère de Sékou Touré, pour des raisons tant économiques que politiques, elle est maintenant limitée et joue dans les deux sens (retour des émigrés).


Les religions

L'islam sunnite est la principale religion, (plus de 90% de la population s'en réclame). Les chrétiens et les animistes (côte et Guinée Forestière) représentent moins de 10% de la population.

Les musulmans ont une pratique tolérante de leur religion bien des groupes intégristes se développent avec l'aide de certains pays musulmans. Les confréries sénégalaises (Mourides et Tidianes) ont un peu essaimé en Guinée, mais leur influence reste limitée.

Les cinq prières journalières rythment la vie guinéenne. Celle de vendredi en milieu de journée revêt un plus grand caractère d'obligation. Elle est l'occasion pour les hommes comme pour les femmes de revêtir leurs plus beaux boubous.



Heures de prières :


Soubh : 6h2

Dohr : 13h45

Asr : 19h10

Ichaa : 20h10



Conakry est le siège d'un évêché (cathédrale), et de petites églises sont disséminées en Guinée Maritime (pèlerinage de Boffa) et en Guinée Forestière. Il existe plusieurs monastères catholiques, dont un dans la mouvance du « renouveau charismatique », situé dans la région de Coyah.

L'animisme reste la croyance dominante chez les peuples de Guinée Forestière et chez certaines populations réfractaires aux religions constituées (Baga, Coniagui, Bassari.....).


Les langues

La Guinée possède une grande diversité de langues, dont les plus importantes étaient reconnues et enseignées durant la Première République. Cependant Soussou, langue des populations de la capitale tend à devenir la lingua franca de la Guinée. Le Français, qui avait été abandonné comme langue d'enseignement sous la première République à bien résisté et est fort correctement; parlé par une importante minorité. Dans un village, il est rare qu'on ne puisse trouver un interlocuteur parlant au moins quelques mots de français.

Les linguistes se querellent encore sur la classification des langues africaines. Selon le monumental ouvrage « Les langues dans le monde ancien et moderne » on aurait affaire, en Guinée, à trois groupes linguistiques principaux. On notera la prédominance du groupe Mandé, qui comprend la plus grande part de la Haute Guinée, de la Guinée Maritime et de la Guinée Forestière.



Le groupe Ouest atlantique:


Branche Sud, langues Mel :

 

 Baga,

 Landouma,

 Kissi.

Branche Nord :

Tenda, (Bassari, Bedik),
 

Coniagui,

Pajade (Badiar),

 Nalu, Baga, Mboteni,

 Balante ;



Le groupe Mandé:


Bambara,

Djallonké,

 Kpellé (Guerzé),

 Kono, Toma (Loma),

Malinké,

Manon,

 Mendé,

Soussou (Soso). La langue Soussou est proche du Djallonké.



Le pular

Cette langue commune à tous les groupes Peul (Fulfuldé, Fulani, Peulh, Fula, Poulli, Toucouleur), n'est pas spécifique à la Guinée, l'ensemble des locuteurs en pular s'étend de l'Atlantique à l'océan Indien, dans les régions sahéliennes (ce qui en fait une langue comprise dans le plus grand nombre de pays en Afrique su Sud du Sahara). Le pular est une des langues officielles de la Guinée. Depuis le XVIIIè siècle, l'arabe est utilisé pour transcrire cette langue. A partir du XIXè siècle de nombreuses transcriptions en caractères romains on été mises au point.
Certains spécialistes apparentent le pular aux langues Ouest atlantiques, et d'autres parlent d'une parenté avec l'ancien égyptien.


Les ethnies


La Guinée est un pays pluriethnique, om se côtoient des peuples, de langues et de religions diverses.

Les « politiques ethniques » datent longtemps, les français par exemple tour à tour combattu puis appuyé les Peul.

Sékou Touré, un Malinké a favorisé son ethnie. La deuxième République est parfois qualifiée de Soussou.

Les résultats des élections montrent que les partis politiques ont une base ethnique. Les antagonismes entre Malinké et Forestiers sont traditionnels et dégénèrent parfois en affrontements. Les Peul se sentent opprimés et certains de leurs leaders déclarent que c'est maintenant à leur tour de gouverner le pays.

En 1957 le PDG (Parti Démocratique de Guinée), dirigé par Sékou Touré, organise de véritables pogroms contre les Peul, il y a eu de nombreux morts à Conakry, d'autres suivront.

En 1993 des affrontements meurtriers entre Maninké et Forestiers éclatent N'Zérékoré, ils seront suivis par d'autres moins graves.

Cependant les Guinées ont conscience d'appartenir à une seule Nation, au passé glorieux. La « non » à la France de 1958 a forgé une identité et une fierté nationale. Il ne faut donc pas exagérer les antagonismes ethniques qui apparaissent, en Guinée, bien moins aigus que dans nombre de pays africains.


Les ethnies septentrionales

La plupart des ethnies septentrionales appartiennent au groupe Tenda, rangé dans le groupe Sénégalo-guinéen. Ce rameau comprend en plus de Coniagui, les Bissari, les Badiaranké et les Tenda Boeni.


Les Bassari

Les villages Bassari sont composés de cases rondes dont les murs sont en blocs de latérite empilés les uns sur les autres. La toiture, conique, et largement débordante, est en paille sur charpente de bambou. L'ameublement se compose d'un lit en bambou surélevé de 20 cm, et posé sur 4 fourches. Au centre du village, des piquets supportent des claies où sont entreposées les provisions (mil, arachide, fonio etc.). Ces villages, que l'on pourrait appeler villages de fêtes, ne sont fréquentés que lorsque des festivités réunissent les habitants qui, tout le reste du temps, vivent dans des cases construites au milieu de leurs champs. Toutefois, une exception est faite pour les jeunes gens et jeune filles, non mariées, qui doivent venir coucher au village tous les soirs et dans la même case. Tout rapport sexuel leur est (en principe) interdit pendant ce laps de temps. Les jeunes sont séparés et divisés en huit classes, suivant leur âge, auxquelles correspondent des danses. Les garçons se marient six ans après la circoncision et les filles trois années après l'excision. Les jeunes filles ne peuvent être proposées au mariage que si elles ont fait preuve de fécondité, le futur époux n'étant pas forcément le père de l'enfant. En cas d'adultère, le litige est généralement réglé à l'amiable. Ne dit-on pas en pays Bassari : « la femme est un canari plein d'eau, quiconque a soif peut boire ».

En dehors de ces particularités de moeurs auxquelles viennent s'ajouter celles du costume traditionnel, qui se compose pour les hommes d’un étui pénien en fibre tissé, d’un morceau de peau de singe ou de gazelle sur les fesses et d’une épine de porc porc-épic dans le nez, les spectacles de danse qui sont donnés au moment des fêtes présentent un intérêt exceptionnel. Malheureusement, ces fêtes n’ont pas lieu à dates fixes et l’on ne peut être certain d’y assister. Les grandes danses sont fixées par les anciens et réunissent tout le village. La classe qui doit danser s’orne de ses plus belles parures. Des bracelets d’aluminium couvrent les bras, des poignets à l’épaule, le cou et le ventre sont également cerclés d’anneaux. La tête coiffée de tresses compliquées, est ornée d’un immense et léger cimier de plumes de vautour blanches et noires, d’un effet décoratif certain et d’une grande élégance, aux chevilles, des sonnailles rythment la marche des danseurs. Les filles ont aussi leur parure de danse composée d’un pagne en perles de couleurs vives qui descend jusqu’à mi cuisse et se termine par une frange de clochettes qui tintent à chaque mouvement. Les bras et les jambes sont également chargés d’anneaux d’aluminium et les cheveux sont tressés et emmêlés de fils rouges, de laine, de punaises de cuivre, etc.

Ces danses sont accompagnées de musiques exécutées sur différentes flûtes et castagnettes.

Il est à noter que les Bassari sont considérés comme les maîtres religieux des autres Tenda et des Coniagui.


Les Coniagui

Selon la tradition, les Coniagui , auraient occupé leur actuel terroir vers le XIVè siècle, venant de l’Est ou du Nord – Est. Les origines de ce peuple sont fort mal connues et seule la légende nous en donne une interprétation. En des temps reculés, un père et son fils venant de Damantan pour s’établir dans un pays neuf arrivèrent un jour sur le territoire de Youkounkoun. Recrus de fatigue et de chaleur, ils se dévêtirent et s’étendirent à l’ombre pour dormir. Cette légende est le mythe constitutif de la société Coniagui, qui fonde la légitimité de leur nudité. Pendant cette sieste, le vieillard ramassa tous les vêtements et s’enfuit en abandonnant son fils. Quand le jeune homme s’éveilla, dénudé de tout, il décida de demeurer à cet endroit et devint le père des Coniagui que labourer. Son père s’arrêta sur le plateau de Badiar et devint le père des Badiaranké qui eux savent tisser.

Ce n’est qu’à une date récente que les chroniques parlent des coniagui et donnent quelques précisions. A partir de 1876 et jusque 1904, date de la soumission des Coniagui à la France, l’histoire de ce peuple fut marquée par une suite d’escarmouche avec les Peul, puis avec les Bassari. Dès la fin du XIXè siècle quelques voyageurs passèrent dans le pays : en 1890, Rançon, venu de Casamance séjourna quelques jours à Ifan : en 1891, Bailly et, en 1898, Machaud traversèrent le pays. La région fut occupée au début de l’année 1900, mais le 16 avril 1902, le lieutenant Moncorgé fut massacré avec un sergent et 25 tirailleurs devant le village d’Itin (5km à l’Est de Youkounkoun). Il fallut attendre 1904 pour que des forces militaires importantes viennent conquérir le pays et qu’il soit administré par la France.

La première particularité de ce peuple, celle qui frappe le plus le visiteur, est le costume traditionnel, très réduit, que portent encore (mais de moins en moins) certains habitants. Il se compose d’un étui pénien en ronier tressé, parfois orné de laines de couleurs vives. La deuxième caractéristique du Coniagui est qu’il n’a pas de village permanent mais que les cases, démontables, suivent une migration soigneusement tracée à l’avance. Ces cases sont petites et individuelles : une natte de bambou tressé forme le mur qui est circulaire, assez haut et mesure de 1,8 m à 2 m de diamètre. La toiture, conique, en paille, elle aussi très légère, est facilement déplacée par trois ou quatre hommes. Le tout est solidement fixé au sol par des pieux. Les hommes disposent d’une case et les femmes de deux ou trois, chacune d’entre elles correspondant à une pièce d’habitation. Les cases sont généralement groupées par carrés, celles des hommes sont alignées face à celles des femmes. Un quartier spécial, le dyare, est réservé au centre du village pour les jeunes gens. C’était jadis l’emplacement réservé aux guerriers (dyarar) qui défendaient le village. En cas d’attaque, les habitants se repliaient à l’intérieur du dyareg. Les dyarar n’étaient pas tenus de travailleur aux champs et ils étaient nourris par la population : la coutume persiste encore de leur apporter, le soir, des calebasses de nourriture.

Ces villages itinérants se déplacent d’une façon ordonnée et sur un espace relativement restreint ne dépassant pas 500 à 1000 m. Tous les 15 jours environ, les cases sont transportées rapidement de 15 ou 20 m, de leur ancien emplacement : le toit est enlevé par 4 ou 5 hommes, les nattes formant les murs sont roulés et les pieux sont fixés à un nouvel emplacement. L’endroit abandonné est couvert de débris domestiques qui serviront de fumures pour les prochaines cultures. Le cycle ramène les cases tous les trois ans au même endroit. Les nombreuses fêtes qui enrichissent le folklore Coniagui sont d’un intérêt exceptionnel mais n’ont pas lieu à dates fixes : généralement elles se situent soit en février – mars, soit au milieu de la saison des pluies.

La plus importante est l’initiation des jeunes gens qui commence par la fête du noemba (fin août – septembre). Les garçons de 16 à 18 ans sont « avalés » par l’esprit, et c’est après ces cérémonies qu’ils deviennent des hommes. A cette occasion, on peut assister à la danse du coq, qui est celle des garçons déjà initiés (fallu) dont la tête est ornée d’un cimier rouge garni de plumes blanches d’un diamètre de 1,5 m environ, ils portent de nombreux bijoux d’aluminium et de perles, aux chevilles des sonnailles de fer et jouent de la flûte et de la trompe. Après cette danse, les initiés sont conduits en cortège dans un endroit déterminé de la brousse où seuls les hommes sont admis. Une beuverie de bière de mil se termine par une solide raclée administrée aux initiés préalablement dévêtus. Ceux-ci sont ensuite ramenés u village puis isolés pendant trois semaines et gavés de nourriture et de coups. Après cela, ils font leurs premiers pas dans le village et, comme des nourrissons, on devra leur apprendre à marcher et à tout connaître car ils ne doivent pas se souvenir de leur première existence.

Avant de reconnaître leurs mères ou leurs parents, les initiés se jettent sur toutes les femmes ou jeunes filles rencontrées pour les frapper. Peu à peu, dans de petites cérémonies qui sont prétextes à des libations plus ou moins abondantes, on leur fera connaître leur mère et leurs parents et ils deviendront fallu. Quelques années de dyrar et pourront habiter au dyareg. L’installation donne lieu à d’intéressantes cérémonies.

Les jeunes filles ont aussi leur fête et leur initiation à l’occasion de l’excision. Après avoir subi une douloureuse opération confiée aux soins de forgeron du village, on le couvre d’une profusion de perles et de médailles et, sans manifester de souffrance, malgré le sang qui leur coule le long des cuisses, elles doivent danser tout le jour, jusqu’à la nuit. Ensuite, elles sont isolées et initiées pendant une quinzaine de jours. Les initiés, garçons et filles, jouissent de la grande liberté sexuelle et jeunes filles ne peuvent se marier qu’après avoir eu un enfant. Une curieuse coutume voulait que la future épouse avouât, devant un conseil d’anciens, les amants qu’elle avait eus au cours de son existence : chacun de ces derniers était tenu de donner un poulet aux hommes qui constituaient le conseil.

Les coutumes funéraires sont également fort curieuses et, en particulier celle qui consiste à interroger le mort sur les causes de son décès avant son enterrement.
En dehors de ces cérémonies, citons encore celles qui se rapportent aux sociétés secrètes, à la société des chasseurs, celle qui demande la venue de la pluie (en Mali), etc.


Les Badiaranké

Les Badiaranké , occupent le Badiar (maintenant parc naturel, prolongeant le parc du Niokolo-Koba, au Sénégal, cet ensemble est appelé Niokolo-Badiar). Les Badiaranké sont apparentés aux Coniagui et aux Bassari mais ont subi une influence Mandé. Ils sont traditionnellement animistes et buveurs de bière de mil, mais avec les progrès de l’islamisation ces pratiques sont en voie de disparition. Les Badiaranké sont de bons agriculteurs, des apiculteurs expérimentés et d’habiles tisserands.


Les ethnies maritimes


Les Soussou


Les Soussou sont originaires du Nord du Mandingue, sur le Niger. Ils émigrèrent vers l’Ouest, au Fouta Djallon et en Guinée Maritime, après a destruction de leur capitale en Haute Guinée en 1236, par Soundjata Keïta.



Les Diakhanké


Cette ethnie est concentrée dans la région de Touba. Ce sont des marabouts originaires de Diakha (Mali), d'origine Soninké, parlant un dialecte (proche du) Malinké. Ils se sont installés tardivement. Ils tirent une partie de leurs revenus de l’enseignement (Coran), et attirent des élèves (Talibé) de toute l’Afrique occidentale (Peul exceptés).


Les tyapi


Le peuple Tyapi (de son vrai nom Cocoli) est l’un des moins bien connu de Guinée. Les Cocoli parlent la même langue que les Landouma et seraient originaires du Fouta. On les trouve aux environs de Foulamory. Ils sont farouchement indépendants au niveau de leurs villages et restent fidèles à leurs croyances animistes. Ils ont été victimes des razzias Peul et certains sont allés rejoindre leurs cousins Landouma de Boké. Des vestiges de matrilinéarité subsistent dans leurs coutumes. Certains villages se sont spécialisés dans l’apiculture (ils fabriquent de l’hydrome) où ils sont devenus experts.


Les ethnies de Haute Guinée


Les Dioula


Ethnie commerçante, et par là disséminée un peu partout, si bien qu’en Afrique de l’Ouest Dioula est synonyme de commerçant, colporteur.



Le groupe Mandingue : Malinké, Bambara et Kouranko


Malinké et Bambara sont deux ethnies très fortement apparentées, leurs langues sont inter-compréhensibles. Elles sont toutes deux héritières de la glorieuse histoire de l’empire du Mali et appartiennent au groupe Mandé.

Cependant les Malinké sont les plus nombreux en Haute Guinée, alors que les Bambara, encore largement animistes, se retrouvent essentiellement au Mali. Le président Sékou Touré était Malinké.

Les Kouranko sont très proches des Malinké. Ils sont de piètres agriculteurs. Tout au long de leur histoire ils se heurtèrent aux Kissi, qu’ils essayèrent de dominer. Bien que les musulmans, des restes de pratiques animistes subsistent encore.


Les ethnies forestières


Les ethnies de Guinée Forestière sont très diversifiées, nous ne parlerons ici que des principales.


Le groupe Guerzé (Kpellé)


Kpellé (souvent appelés Guerzé), Manon (parfois appelés Mano) et Konon. Ces trois ethnies sont proches parentes.

Les Kpellé sont animistes . Pour eux, tout revêt une valeur métaphysique et, partant, religieuse. La mort, les maladies, les phénomènes naturels ont toutes une cause inconnue. Ce sont ces forces qu’il s’agit de capter et de se concilier, dans la faible mesure où on le peut, d’où un culte aux esprits, même des ancêtres, qu’il faut se rendre favorables. Des multiples croyances traînent avec elles une théorie de pratiques magiques et de sacrifices aux fétiches.

L’initiative, qui est le fait central chez le peuple Kpellé se retrouve chez les hommes et les femmes. Ces cérémonies se déroulent périodiquement, au rythme des générations successives. Ce qui se passe dans l’enceinte des camps d’initiation revêt un caractère mystérieux et personne, en dehors des initiés, n’a le droit d’en connaître les secrets.

Tout Kpellé est souvent à ce rite qui lui confère la « majorité civique ». Il y a en effet de nombreux interdits contre les non-initiés. Après son initiation, le Kpellé, homme ou femme, a le droit à la parole dans les palabres du village, il est vraiment intégré à la société et, à ce moment, quitte son nom de naissance pour un autre qu’il gardera le reste de son existence. On peut dire que l’initiation est une nouvelle naissance et la porte d’entrée à la vie du clan.

Les notables et le chefs du pays se réunissent pour fixer le lieu et le temps de l’initiation, ceci un an ou deux à l’avance. On oblige alors les gens à cultiver de grands champs et à faire des plantations. La « forêt sacrée » est délimitée : une clôture de raphia est érigée, clôture qui interdira l’accès à l’autre sexe et aux non initiés. Ces préparatifs achevés, les futurs initiés rentrent au camp. Cette retraite se prolongeait autrefois pendant plusieurs années (7 ans) sa duré est beaucoup plus réduite à présent.
Les rites achevés (tatouages, sacrifices, etc.), les initiés remontent au village et retrouvent les leurs avec de bruyantes manifestations de joie.


Les Kissi


Originaires du Sud Est de Fouta Djallon, ils en ont été chassés à partir du XVIIè siècle par les Djallonké. Originairement ils étaient des cultivateurs semi – nomades, dont la céréale de base était le fonio. Ils ont appris de leurs voisins la culture du riz (coteaux et bas fonds).

Les Kissi sont de remarquables cultivateurs, mais en dehors de cela, leur condition matérielle frappe par extrême pauvreté.

La religion des Kissi est axée sur le culte des ancêtres, dont les tombes, marqués de cercles de pierres, sont l’objet d’une vénération constante. Ces mêmes ancêtres, fondateurs de villages, ont marqué le terroir de rochers, arbres et étangs sacrés que l’on honore dans le but de susciter la fécondité des hommes et des récoltes.
Une grande partie de la vie spirituelle des Kissi est dominé par la crainte des sorciers, la protection et la lutte contre leurs activités néfastes. A cet effet chaque village, ou presque, possède son chasseur de sorciers (Wulumo). Ces solides païens sont jusqu’à présent foncièrement réfractaires à l’islam.

Un doute demeure en ce qui concerne les Pomdo, statuettes de pierre. Certains les attribuent à des populations antérieures aux Kissi, ces derniers les employant comme objet de culte. Lorsqu’ils découvrent d’une d’elle au hasard, les travaux des champs ils la considèrent comme un mort (Pomdo) qui revient à eux et la placent sur l’autel des ancêtres.


Les Toma


Les Toma sont parmi les plus anciens habitants de la Guinée Forestière. Leur habitat actuel Ouest de la rivière Makona et à l’Est du Diani), serait le résultat des luttes à l’occasion de l’arrivée des divers migrants (Kouranko, Kissi, Guerzé, Malinké).

Anciens guerriers, les Toma sont agriculteurs et chasseurs, vigoureux. Leurs pratiques culturales sont assez anarchiques et rudimentaires. Leur village est généralement installé sur un replat, entouré d’une forêt sacrée. Il est formé de petites cases (rondes ou rectangulaires) des hommes mariés, de la grande case collective des femmes et de celle des hommes célibataires.


Luc MOGENET

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