CONAKRY: Histoires d'Ebola

Difficile d’être Conakryka par les temps qui courent. La peur-panique provoquée par la fulgurance de la fièvre Ebola, se mue en comportements de prudence qui frisent la frime. Exemple, désormais pour se saluer dans les rues de la capitale guinéenne, bien souvent, on pratique en l’air le ‘’big up’’ des rappeurs, rendu célèbre par un certain Barack Obama, durant sa première campagne présidentielle. Ainsi, pour ne point serrer la main de l’autre et, servir en même de probable vecteur de transmission de la terrible maladie, c’est d’un geste en l’air, le poing bien serré, que beaucoup se saluent, pour éviter tout contact. Surtout parmi les jeunes. Certains portent des gants et ceux qui n’en ont pas se bandent les mains.

Cependant, les églises catholique et anglicane ont tout intérêt à revoir l’appel que lancent les prêtres officiants au cours des messes, invitant leurs fidèles « à se donner la main en signe de la paix du Christ ». En effet ces appels sont immédiatement suivis d’accolades, de mains serrées… Autant d’occasions de possibles transmissions. Attention danger !

Sur les grands marchés de la place, les poissons se vendent à l'arraché, tandis que les viandes de brousse (agoutis, chauves-souris, etc.) sont repoussées ou dissimulées. Certains super marchés et superettes de la capitale ont installé à leurs entrées des bouteilles de désinfectants hygiéniques, où le personnel de service invite les clients à l’arrivée comme au départ à se nettoyer les mains.  Certains citoyens sont devenus ou des moines ou des Asiatiques avec leurs salutations faites de révérence de la tête, les mains jointes, Svp ! En somme les saluts distants se sont multipliés, en contradiction avec les traditions qui fustigent « les salutations jetées en l’air », c’est mal poli, selon les canons culturels du pays.

En attendant que la courbe exponentielle de l’épidémie s’inverse, les pharmacies sont en rupture de flacons de liquides désinfectants et de gants. Plus prosaïque, les WC des lieux publics sont désertés pour la plupart. Qui est fou ?

Quand Ebola est là, comme on le voit, beaucoup de liens sociaux se relâchent vraiment.

Pour finir, à l’hôpital préfectoral de Dinguiraye, ce sont des médecins qui auraient détalé en apprenant l’arrivée dans leurs installations d’un malade suspect, oubliant un instant, le serment d’Hippocrate.

C’est pourquoi GCI a son slogan : « Ebola ! Pour ne pas en mourir, mieux vaut en rire ! »

Momo Soumah pour GuineeConakry.info

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EBOLA

  • Le continent africain n’a pas toujours été au-devant de la scène pour des motifs enviables. Mauvaise gestion des deniers publics par les responsables, paupérisation et misère des peuples, catastrophes naturelles, sanitaires ou encore luttes armées po