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NORD-MALI : Une région en voie de somalisation ?

01:05 16.03.2012

Depuis le 17 janvier dernier, une crise se joue dans la vaste et désertique région nord du Mali. D’une manière globale, dans la crise en question, les acteurs sont d’une part, les combattants du Mouvement national de libération de l’Azzawad (MNLA) et de l’autre, l’armée régulière malienne. Mais avec le temps, on se rend progressivement compte que la réalité est légèrement diiferente. Le MNLA n’est pas l’unique menace qui perturbe le sommeil de Bamako. A côté, se manifestent d’autres groupes aux compositions et aux objectifs différents. Une pluralité d’adversaires qui complique davantage la mission d’une armée malienne qui peine à imposer sa loi, dans une région où l’Etat malien disparait un peu plus chaque jour... 1:05 16-3-2012

Dans la bataille de Tessalit qui faisait rage depuis un certain temps, l’armée malienne vient de perdre la partie. Dans un premier temps, face aux annonces de victoire du MNLA, certains officiers maliens avaient opposé des démentis sans conviction. Par la suite, la preuve a été faite que l’armée malienne a été mise en déroute. Une nouvelle fois, pourrait-on dire. Parce qu’en réalité, dans cette crise au nord du Mali, cette armée malienne y laisse des vies, mais aussi son honneur et sa dignité. Elle apparait de plus en plus comme une armée qui fuit ses responsabilités et brise l'orgueil d'un peuple si fier.

Une faiblesse militaire dont profitent bien maints groupes qui sévissent dans la région. Parce qu’on se rend bien compte, le MNLA n’est pas le seul adversaire qui agit dans le nord du pays. Si ce mouvement touareg exprime des revendications indépendantistes ou autonomistes, à côté, les spécialistes évoquent la présence d’un autre groupe touareg, ayant des velléités islamistes.

Il s’agit d’Ansar dine dirigé par Iyad Ag Ghali. En plus de réclamations régionalistes et peut-être mêmes moins que celles-ci, ce groupe rêve de l’établissement dans  le nord du pays, d’un califat régi par la Charia islamique. C’est en quelque sorte le Boko Haram malien. Bien qu’à l’image du MNLA, ANSAR-DINE combatte et s'oppose aux autorités maliennes, il se trouve, comme on le voit, qu'il a également une divergence de vues avec les combattants du MNLA.

Il semble avoir pris une part active dans le massacre d’Aghelhok, et serait impliqué dans les obstacles qui ont été faits à la mission humanitaire voulant se rendre dans le camp conquis de Tessalit. En plus de ces deux groupes, est depuis très longtemps établie dans le nord-Mali, une grande partie d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Les Djihadistes, manifestement plus préoccupés par le business des prises d’otages que la défense de préceptes islamistes profitent davantage du climat de confusion et d’insécurité qui prévaut dans la région. Mais en même temps, ils se méfient notamment d’ANSAR-DINE, qui semble vouer une certaine haine à l’égard des occidentaux, parmi lesquels les touristes. Or, pour AQMI, ces touristes sont justement ceux qu’on voudrait appâter en vue de les enlever.

Donc, comme on le voit, dans le nord du Mali, le conflit est loin d’être aussi simple qu’on le présente. A la multiplicité des groupes opérant sur place, se superpose une diversité des objectifs, qui se contredisent dans certains cas. Une situation qu’il va falloir démêler avant une quelconque ébauche de résolution de la crise.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info