Guinée
GUINEE BISSAU : La "malédiction" de Nino
00:22 27.12.2011Il s'agirait selon les informations en notre possession, d'un petit groupe de militaires "aigris", qui voulaient vraiment bouleverser la hiérarchie de l'armée, pour prendre effectivement les rènes du pouvoir. Le groupuscule est donc passé à l'action, en s'attaquant à l'état-major des Forces armées et à deux autres unités, dans le but de consolider leurs armements, avant de fondre sur le reste du pays, avec comme point d'appui, la maîtrise de la capitale bissao-guinéenne.
Mais cette intrusion a, comme on peut l'imaginer, semé une peur-panique dans la ville, où la plupart des commerces et bureaux ont préféré fermer, malgré le calme relatif intervenu dans la cité, suite à l'avortement du putsch. Le général Antonio Indjai pourra lui, souffler, en attendant le retour du président de la République. Quant au PM Carlos G. Junior et Adjatou Djalo, la porte-parole du gouvernement, ils se sont dits plutôt satisfaits de l'echec cuisant de cette nième tentative de déstabilisation du pays.
La plupart des officiers félons auraient été arrêtés, notamment le chef de la Marine, le contre-amiral José Américo Bubo Na Tchuto, qui apparaît aux yeux des autorités comme le cerveau de cette opération manquée. Mais au-delà de cette dernière aventure des militaires bissao-guinéens, se pose toute la problématique de la "virtualité du pouvoir" dans ce pays, soumis au bulletin de la santé d'un président élu, mais qui devrait honnêtement rendre le tablier pour incapacité de représentativité, et inefficacité administrative dans la gestion du pouvoir que le peuple lui a confié.
Cependant, le président Malam Bacai Sanha, en fonction depuis le 8 septembre 2009, s'accroche au pouvoir, tandis que le peuple se meurt dans la misère. Quoi qu'on en dise et quoi qu'il en soit, cette gestion évanescente du pouvoir a des conséquences mordides sur l'avenir de ce pays exsangue.
Maria de Babia pour GuineeConakry.info
