Histoire

Chronologie de la Guinée (1952-2010) Depuis son indépendance en 1958, la Guinée est soumise au fleau des régimes autoritaires et des coups d?états. Va-t-elle connaitre une éclaircie avec la première élection libre depuis l?indépendance, dont le second tour est fixé au 19 septembre ? 1952 : le syndicaliste Ahmed Sékou Touré prend la tête du mouvement nationaliste dans ce qui est alors une colonie française. 1958 : la Guinée proclame l?indépendance, Sékou Touré met en place un régime autoritaire. 1965 : Sékou Touré rompt les relations avec la France qu?il accuse de comploter contre lui. 1961 : la Guinée forme avec l?Union des Etats africains avec le Mali et le Ghana. 1975 : Conakry se rapproche de la France 1984 : mort de Sékou Touré. Coup d?Etat du colonel Lansana Conté et de Diarra Traoré. 1985 : coup d?état avorté de Diarra Traoré qui a été écarté de son poste de ministre de l?éducation. 1990 : une nouvelle constitution met fin au régime militaire et introduit le multipartisme. 1991 : le parti de Lansana Conté emporte 71 des 114 sièges de l?Assemblée. 1993 : élection présidentielle pluraliste remportée par Lansana Conté. 1996 : 30 personnes sont tuées à l?occasion d?une mutinerie de l?armée. 1998 : réélections de Lansana Conté. 2000 : Alpha Condé, dirigeant de l?opposition, est condamné à 5 ans de prison pour avoir fomenté une rébellion. Il sera libéré en Mai 2001. Début d?incursions des groupes  armés en provenance du Libéria et du Sierra Leone voisins, en guerre civile. Novembre 2001 : 98% de « oui » à la proposition de réforme de la constitution visant à prolonger de cinq à sept ans le mandat présidentiel, sans limite d?âge et sans limitation du nombre de mandats. Juin 2002 : victoire, avec 85 sièges, du Parti de l?Unité et du progrès (PUP) du président Lansana Conté aux élections législatives, qualifiées de « farce électorale » par l?opposition. Novembre 2003 : Lansana Conté est réélu au premier tour de scrutin avec 95,6% des suffrages à l?occasion d?un scrutin boycotté par l?opposition. Avril 2004 : démission Premier ministre François Lonseny Fall, en désaccord avec le président Lansana Conté sur les pratiques en cours ainsi que la persistance du manque de dialogue. 2005 Janvier : Lansana Conté fait l?objet d?une tentative d?assassinat. Juillet : Alpha Condé rentre en Guinée après deux ans d?exil en France. 2006 Avril : limogeage du premier ministre Cellou Dalein Diallo. Juin : grève générale et manifestations pour le pouvoir d?achat sont réprimées par l?armée, faisant une quinzaine de morts. 2007 Janvier-Février : grève générale illimitée. Des manifestations réprimées par les forces de l?ordre font plus de 100 morts. La nomination par le chef de l?Etat d?un proche, le ministre Eugène Camara au poste de Premier ministre, déclenche la colère des syndicats et de l?opposition qui exigent la démission du président Conté. L?état de siège est décrété. Mars : nommé sous la pression des syndicats et des médiateurs internationaux, le premier ministre Lansana Kouyaté forme un gouvernement de consensus. Mai : mutinerie de soldats pour une hausse de leur solde. 2008 Janvier : le limogeage du ministre de l?information Justin MOREL Junior et son remplacement par un proche du chef de l?Etat, considéré par l?opposition comme un affront à l?autorité du premier ministre Lansana Kouyaté provoque des émeutes. Mai : le premier ministre Lansana Kouyaté est limogé. 22 décembre : le capitaine Moussa Dadis Camara s?autoproclame e chef de l?Etat. Il promet de rendre le pouvoir aux civils, de s?attaquer à la misère, à la corruption et au narcotrafic. 2009 Janvier : nomination d?un gouvernement constitué de 29 membres parmi lesquels les civils sont majoritaires. Seuls neuf ministre appartiennent à l?armée, selon le souhait de la communauté internationale. Août : la junte annonce la tenue d?élections en janvier. 2010 Septembre : repoussant la probable candidature de Dadis Camara à la présidentielle de janvier2010 et sa dérive autocratique, le Forum des forces vives, regroupant partis d?opposition, syndicats et organisations de la société civile, organise un rassemblement dans le stade de Conakry. Celui-ci est violemment réprimé par l?armée. On compte plus de 150 morts. La France annonce la suspension de sa coopération militaire et le réexamen de son aide bilatérale. Octobre : l?Union européenne et l?Union africaine décrètent des sanctions contre la junte. L?ONU entame une enquête sur le massacre de civils du 28 septembre  à Conakry. Décembre : le chef de la junte, Dadis Camara, est victime d?une tentative d?assassinat de la part de son aide de camp militaire de la capitale. 2010 Janvier : Dadis Camara, parti se faire soigner au Maroc et au Burkina Faso renonce à rentrer en Guinée. Le général Sékouba Konaté assure l?intérim. Jean Marie Doré, porte-parole de l?opposition est désigné pour diriger le gouvernement. Juin : première élection libre de l?histoire de la Guinée. L?ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo et l?opposant historique Alpha Condé se qualifient pour le second tour avec, respectivement 43,69% et 18,25% des suffrages. Août : après une médiation africaine, le second tour, qui a été retardé, est fixé au 19 septembre. Par Catherine Gouéset
Les spéculations sur les origines locales du mot « Guinée » sont nombreuses. Il est toutefois établi aujourd'hui qu'il dérive du mot bèrbère « AGUINAOU » qui désignait les Noirs situés plus au sud.
Ce mot a été mentionné pour la première fois vers 1320, sur la carte d'un navigateur italien, Giovani de CARRIGNON.
En 1453, il apparaît dans « Chronica de Freites de Guinée » (Chronique des découvertes de Guinée) du navigateur portugais Eanés de Zurara.
Depuis cette date le nom apparaît sur toutes les cartes marines pour désigner la Casamance jusqu'au Gabon et par extension tous les produits qui en proviennent.
Ce n'est qu'en 1889-1893, après la conquête du territoire par le France, que les frontières du pays furent délimitées et la colonie rattachée à l'ex-Afrique Occidentale Française (ex-AOF).
Celle-ci accéda à l'indépendance le 2 Octobre 1958 sous le nom de la République du Guinée.


REGARD SUR LE PASSE


L'HISTOIRE ANCIENNE



Les recherches archéologiques menées en Guinée ont confirmé la présence de communautés de pêcheurs et d'agriculteurs sur les terres de la Guinée actuelle depuis 3000 ans. De nombreux foyers de vie ont été mis en évidence. Les vallées verdoyantes du Fouta Djallon, les bassins fertiles du Haut Niger propices à la cueillette, à la chasse et à la pêche ont attiré les hommes de bonne heure.

L'arrivée des populations, selon les chercheurs, serait consécutive au desséchement du Sahara, suivi de l'assèchement des fleuves, rivières et lacs. Les populations se déplacent vers les zones méridionales plus humides. Les terres comprises entre les fleuves Sénégal et Niger deviennent des zones privilégiées de regroupement des communautés d'éleveurs et d'agriculteurs. Tandis que certains groupes se dirigent vers les vallées du Bafing et de la Falémé, d'autres se fixèrent dans le delta intérieur du Niger.

Au 1er millénaire avant J.C., les premiers royaumes voient le jour dans cette région. La majeure partie du territoire guinéen a été partie intégrante des empires du Ghana et du Mali qui se sont succédé entre le IXème et le XVIème siècle. Le déclin de l'empire du Mali coïncide avec l'apparition en 1445, en Sénégambie, des premières caravelles portugaises. Cet empire est en proie à d'incessantes guerres de succession avec un pouvoir central affaibli et des provinces qui s'affranchissent progressivement de l'autorité de Niani. En 1464, Sonni Ali, un prince songhay monta sur le trône de Gao et parvint à amputer l'empire du Mali des provinces de la région de Oualata. Les mandingues perdirent le contrôle des pistes sahariennes au profit des songhay et refluèrent vers les régions occidentales de Guinée, de Gambie et de la Casamance.

Après quelques accrochages, les navigateurs portugais et les populations côtières firent la paix. Les portugais, intéressés par l'or, les peaux et autres produits exotiques du Soudan, les épices, les esclaves, vendaient des tissus, des ustensiles en fer, même des chevaux. Les mansas du Mali établirent des relations diplomatiques avec leurs homologues du Portugal.

A la faveur de ce commerce naissant des mouvements de populations drainent des familles maraboutiques et marchandes du moyen Niger vers le Gabou et la côte atlantique pour donner la configuration socio-politique connue à la conquête coloniale.
Entre 1456 et 1460, Pedro de Sintra aborda au cap Verga et plus au sud, il atteignit la pointe de l'île de Tombo où se trouve Conakry. Les Portugais donnèrent les noms de Rio Nunez, Rio Pongo (déformation de Araponka), Rio Kapatchez, etc. aux rivières de la zone côtière.

Au large de Conakry furent découvertes les îles baptisées « Ilhas dos Idolos » (îles des idoles) parce que les habitants de ces îles, lorsqu'ils viennent semer le riz apportent leurs idoles qu'ils adorent. Ces navigateurs ont noté que les Portugais sont entrés en contact avec les Landouma et les Nalou dans le Rio compagny et le Rio Nunez. Ils ont également signalé la présence des Djallonké à l'intérieur des terres.

Les rapports tissés avec les Bagas furent difficiles entre le Rio Nunez et la presqu'île du Kaloum. Ils attestent l'existence de trois Suzerains dans la région côtière : Farin Souzos (roi des sosso), Farin Cocoli (roi des Lanlouma) et Farin Futa (roi djallonka).

Ainsi naissent les royaumes Sosso de Bramaya, de Thia de Lakhata et de Dubréka.

Au XVIème, le royaume Dubréka s'affirme avec la dynastie créée par le chef de guerre Soumba Toumani.

Dans la région du haut Niger, les groupes de marabouts Sarakollés du Djafouna s'installent vers la fin du XVIIème siècle, s'établirent au Manding entre le Niger et le Milo. Ils fondent le royaume du Batè (entre deux fleuves) don Kankan est la métropole.

Les villages qu'ils fondent sont Diankana, Foussén, Karifamoriah, Bankonko, Forécariah, Tassilima, Nafadji. Ils s'adonnent au négoce et à l'enseignement corannique. L'Islam fut, par leur action, réintroduit au Manding après une longue parenthèse consécutive à la chute de l'empire du Mali. Au XVIIIème siècle, Kankan, la métropole du Batè devint la capitale d'un royaume puissant grâce aux activités commerciales et la réputation de ses marabouts dont le patriarche Alpha Kabiné fut un des plus illustres.

Au milieu du XVIIIème siècle, un groupe maninka parti du Batè et vint s'établir à l'embouchure de la Mellacoré où il fonda la province du Moréah. Ce groupe était composé des clans Touré, Youla, Sylla, etc. Il était sous la conduite du patriarche Fodé Katibi, fondateur de Forécariah, comme en Fouta Djallon, les chefs du Moréah prennent ce titre de Almamy.

La région forestière semble moins perturbée par ces mouvements de populations. Toutefois, on note que les Kissi, en provenance du nord, auraient transité par Faranah (Kobikoro) avant de s'installer dans leur habitat habituel où ils auraient basculé les Loma, qui semblent être les premiers occupants. Les Kpèlè, les Manon et Konon seraient partis de Moussadou (préfecture de Beyla) sous la poussée des Maninka, pour s'établir en plein coeur de la forêt dans le sud du pays.


LE TRAITE NEGRIERE ET LA PENETRATION COLONIALE



Les Rio et les îles offrent d'excellents abris aux bateaux. Les comptoirs commerciaux s'édifient et le commerce des esclaves prend progressivement le pas sur les autres formes d'échange.

La traite pèse sur la vie des populations et des royaumes, l'esclave devenant la principale monnaie d'échange qui permet d'obtenir les armes à feu. Les guerres entre royaumes se multiplient, les mouvements de populations s'intensifient. La carte géopolitique change au gré des guerres. Des nouvelles dynasties naissent des clans et des tribus se déplacent à la recherche de la sécurité et de la paix.

L'islam a joué un rôle le premier plan dans cette période d'instabilité.
C'est l'ère des marabouts fondateurs de villages ou des marabouts guerriers comme Karamoko Alpha de Timbo, Abdel Kader du Fouta -Toro, Ahmadou du Marina, Elhadj Oumar Tall de Dinguiraye. Des royaumes théocratiques naissent, le Djallonkadougou deviendra plus tard le Fouta Djallon.

Le XVIIIème siècle voit la naissance et le rapide développement du royaume musulman du Fouta Djallon. Le djihad déclenché contre les animistes et autochtones sous la direction de Karamoko Alpha Sambégou, grand exégète du coran, érudit aidé par son cousin Ibrahima Sory, un franc guerrier. Les musulmans peuhls remportèrent la victoire à Talansan en 1730. Les autochtones émigrèrent vers la côte.

Les victorieux organisèrent un nouveau pouvoir fondé sur la loi coranique. Les neufs chefs religieux qui avaient dirigé le soulèvement devinrent les chefs des provinces. Alpha Sambégou Barry ou Karamoko Alpha fut élu Almamy et Timbo, sa ville devint la capitale du royaume. Le Fouta Djallon sera un important centre de rayonnement de l'islam dans la région, Kansala, la capitale du Gabon, dernier bastion animiste de Sénégambie fut assiégé et détruit.

Une décennie plus tard, le Fouta Djallon connaîtra ses premiers accrochages avec les Français. Le royaume gardera sa cohésion jusqu'à la conquête.
Après avoir battu l'Almamy Bocar Biro à Poredeka en 1896, ils éliminèrent Alpha Yaya Diallo, le roi de Labé.

Un bref aperçu sur l'organisation sociale et politique de cette époque montre que les sociétés pré -coloniales guinéennes ont connu un remarquable essor sur le plan économique et culturel.



HISTOIRE RECENTE



Du point de vue du contact avec les Européens, on peut dire que les Portugais furent les premiers à aborder les côtes guinéennes. Ils seront plus tard évincés par les Anglais et les Français qui deviendront les principaux animateurs du commerce des esclaves. C'est au début du XIXème siècle que la France manifestera clairement ses intentions sur la Guinée. Ainsi, à la suite de compromis entre les puissances rivales d'une part et de nombreux accords, traités et conventions conclus avec les chefs traditionnels, la France va occuper effectivement les « Rivières du Sud » à partir de 1875. Les limites territoriales de la Guinée française seront définitivement fixées le 1er juillet 1912, par un traité franco-anglais qui a précisé ses frontières par rapport à la colonie anglaise de Sierra Leone. La pénétration coloniale s'est heurtée, partout en Guinée, à la résistance des populations. Les plus farouche opposition a été menée sous la conduite de l'Almamy Samory Touré dont les troupes ont lutté pendant dix huit ans, contre les envahisseurs français.

Soumise à un système d'« Administration Directe », la Guinée a subi soixante années de colonisation qui ont pris fin, seulement avec le référendum du 28 septembre 1958 dont le résultat fit le couronnement de toutes les luttes politiques et syndicales menées par le peuple guinéen contre l'occupation coloniale, particulièrement depuis 1954. la Guinée a accédé ainsi à la souveraineté internationale, en proclamant son indépendance le 2 Octobre 1958.

Au cours de la première république (1958-1984), la Guinée a vécu sous un régime présidentiel dominé par un système de parti unique d'inspiration socialiste, qui dirigeait l'état et régulait l'ensemble de la vie économique, sociale et culturelle.
Le Comité Militaire de Redressement National (CMRN) instaure la deuxième république, en prenant le pouvoir le 3 avril 1984. au cours de la période transitoire (1984-1993), les nouvelles autorités ont opéré des reformes politiques, administratives, économiques et financières, pour traduire dans les faits, l'option libérale et asseoir les bases d'un état démocratique respectueux des droits de l'homme et des libertés individuelles. Ainsi, en décembre 1990, le pays s'est doté d'une Loi Fondamentale qui établit un régime présidentiel et reconnaît la séparation des trois pouvoirs.

Le multipartisme est instauré avec 47 partis politiques agréés. Le pays a été doté également d'une Cours Suprême et d'un Conseil National de la Communication en 1992, d'une Assemblée Nationale en 1995 et d'un Conseil Economique et Social en 1997. La première élection présidentielle comprenant plusieurs partis est organisée en décembre 1993. Elle a donné naissance à la Troisième République, qui œuvre à la consolidation des acquis démocratiques et la poursuite des reformes économiques et financières, en vue de créer un environnement socio-économique plus favorable au développement rapide du pays.

L'élection présidentielle au suffrage universel du 19 décembre 1993 a été remportée par le général Lansana Conté (50,9 % des suffrages), mais ces résultats ont été violemment contestés par les partis d'opposition, divisés. La lente transformation politique a été parachevée en 1995 avec les élections législatives et municipales, mais la situation politique demeure plus qu'incertaine. Les affrontements entre Malinkés, Soussous et Peuls resurgissent et une nouvelle tentative de coup d'État militaire, en février 1996, montre que la situation est loin d'être apaisée. Avec 540 dollars par tête (1998), et malgré ses richesses minières, le pays demeure extrêmement pauvre.


En juin 1995, les premières élections législatives pluralistes accordent 71 sièges au parti du président (le PUP, Parti de l'Unité et du Progrès) et 19 sièges au parti du principal opposant, Alpha Condé. Le taux de participation s'élève à 62%. L'Assemblée nationale élit à sa tête le secrétaire général du PUP.


Les 2 et 3 février 1996, une mutinerie qui se transforme en tentative de coup d'Etat, organisée par les forces armées, à l'occasion de revendications salariales, échoue. Cependant, le pouvoir est déstabilisé. De plus, les résultats économiques ne tiennent pas leurs promesses. Les menaces des institutions de Bretton Woods de se retirer poussent le Président à nommer un Premier Ministre, Sydia Touré. Le poste est créé pour lui (la Constitution ne prévoyant pas ce poste). Ancien directeur du cabinet d'Alassane Ouattara, lorsqu'il était Premier ministre de Côte d'Ivoire, Sydia Touré est présenté comme un technocrate libéral et expérimenté, qui a montré sa capacité à gouverner. Sa mission est de redresser l'économie exsangue du pays. En décembre 1998, le Général Lansana Conté est réélu pour une période de 5 ans. Le 8 mars 1999, on annonce la nomination au poste de Premier Ministre de Maître Lamine Sidimé, Président de la Cour Suprême, en remplacement de M. Sidya Touré. Le référendum du 11 septembre 2001 a prolongé le mandat présidentiel (initialement de 5 ans) à 7 ans et a aboli la limitation liée à l'age ou au nombre de mandats présidentiels possibles. Ainsi, le Général Lansana Conté pourra se représenter lors des élections présidentielles de décembre 2003.


Le 23 février 2004 le président de la République a alors surpris son monde en prenant un décret nommant François Lounceny Fall au poste de premier ministre . Le même décret annonçait le limogeage du Premier ministre Lamine Sidimé assorti d'un léger remaniement ministériel. Dans une lettre datée du 24 avril 2004, François Lounceny Fall présente sa démission depuis Paris...




LA GUINEE AUJOURD'HUI


LES PRINCIPALES INSTITUTIONS



Les rôles de ces différentes institutions ainsi que leurs relations sont définies par la Loi Fondamentale, les lois organiques, les lois ordinaires et différents textes réglementaires.


Les institutions constitutionnelles

Les institutions constitutionnelles sont celles qui prévues par la loi fondamentale : le Président de la République, l'Assemblée Nationale, la Cour Suprême, la Haute Cour de Justice, le Conseil Economique et Social.


Le Président de la République (Pouvoir Exécutif)

Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 7 ans renouvelable.



L'Assemblée Nationale (Pouvoir législatif)

L'Assemblée nationale est constituée de 114 Députés élus au suffrage universel direct, pour un mandat de 5ans. Les deux tiers sont élus au scrutin de liste nationale, à la représentation proportionnelle et le tiers élu au scrutin majoritaire uninominal à 1 tour.



L'assemblée nationale

- Vote les lois,

- Se prononce sur les accords internationaux, les conventions,

- Contrôle l'action du Gouvernement,

- Elit en son sein les six juges titulaires devant siéger à la haute cour de justice et les 4 suppléants,

- Peut habiliter le Président de la République à prendre des mesures qui relèvent de la loi, pour un délai donné et pour des objectifs qu'elle précise.


La Cour Suprême (Pouvoir judiciaire)

Les membres de la cour suprême sont nommés par le Président de la République.


La cour suprême :

- Juge de la constitutionnalité des lois et des engagements internationaux, autrement dit leur conformité à la constitution,

- Juge de l'excès de pouvoir des Autorités,

- Se prononce sur les pouvoirs en cassation contre las arrêts et les jugements rendus en dernier ressort par les tribunaux de première instance et les Justices de paix,

- Juge en premier et dernier ressort les recours formés contre les actes du Président de la République,

- Valide les élections nationales,

- Reçoit le serment du Président de la République et constate son empêchement,

- Juge les comptes des comptables publics.


La Haute Cour de Justice

La Haute Cour de Justice est un tribunal spécial qui se compose :

- D'un président élu par l'Assemblée Générale de la cour suprême,

- De 6 juges titulaires et 4 suppléants élus parmi les Députés de l'Assemblée Nationale.

La Haute Cour de justice est compétente pour juger le Président de la République en cas de haute trahison et les membres du Gouvernement pour les crimes et délits commis dans l'exercice de leurs fonctions.


Le Conseil Economique et Social

Le conseil économique et social comprend 45 membres choisis parmi des personnalités qui par leurs compétences ou leurs activités concourent efficacement au développement économique et social de la nation.

Le conseil économique et social est un organe consultatif. Il participe à la conception des politiques économiques et sociales du gouvernement.

Le conseil économique et social donne ses avis, suggestions et recommandations sur les questions qui lui sont soumises par le Président de la République ou par l'Assemblée Nationale, favorise par ses avis la collaboration des différentes catégories socioprofessionnelles entre elles et assure leur participation à la conception de la politique économique et sociale du gouvernement. Il est compétent pour l'examen des projets de décrets à caractère économique et social qui lui sont soumis, sauf les lois des finances, et obligatoirement consulté sur les projets de lois de plans et de programme à caractère économique et social.

Ils sont nommés par le décret du Président de la République. Son bureau est de 6 membres qui, à l'exception de son président élu pour 5 ans, est renouvelable tous les 2 ans et demi.


Les autres institutions


Le Conseil National de la Communication (CNC)

Est créé par la loi organique n°91/06/CTRN du 23 décembre 1991. Il est l'organisation de défense du droit des citoyens à l'information et de contrôle des journalistes dans l'exercice de leur fonction.

Il garantit l'impartialité du service public de la Radio diffusion Télévision. Il veille au respect par les organes de la presse des obligations prévues par les lois et règlements en matière de communication. Il a un rôle de soutien et médiation en vue d'éviter un contrôle abusif des médias par le gouvernement, la manipulation par quiconque de l'opinion publique à travers les médias. Il réglemente l'accès aux médias publics en période de campagne électorale.

Le CNC comprend 9 membres nommés par décret du Président de la République ainsi qu'il suit :


Six membres pour 5 ans ainsi désignés

- 2 membres dont le président du CNC par le Président de la République ;

- 1 membre par l'Assemblée Nationale ;

- 1 membre par le conseil supérieur de la magistrature ;

- 1 membre par le collectif des postes et télécommunications.


Trois membres pour 3 ans ainsi désignés :

- 1 membre par le collectif du cinéma ;

- 1 membre par le collectif des imprimeurs ;

- 1 membre par le collectif des libraires, bibliothécaires et archivistes.



Le Conseil Supérieur de la magistrature

Le Conseil Supérieur de la magistrature est créé par la loi organique n°91/11.CTRN du 23 décembre 1991. Il comprend 9 membres dont 4 de droit et 5 nommés par décret pour 4 ans.


Les 4 membres de droit sont :

- Le Président de la République qui en est le président,

- Le Ministre de la Justice, Garde de Sceaux qui en est le Vice Président,

- Le Premier Président de la Cour Suprême,

- Le pus ancien des premiers présidents de la Cour d'Appel.

Les 5 membres nommés par décret pour 4 ans sont :

- 1 magistrat du siège de la Cour d'Appel,

- 1 magistrat du siège des tribunaux,

- 1 juge de paix.

Tous désignés sur proposition du bureau de la Cour Suprême.






AUTREMENT



Un peu d'histoire


Les origines


La préhistoire guinéenne est fort mal connue, bien qu'attestée, depuis l'âge de la pierre taillée . C'est à partir du IXè siècle que les Mandingue arrivent en Guinée, les Malinké en Haute Guinée et les Soussou en Basse Guinée. XI-XIVè siècle : Empire Mandingue avec Soundjata Kéïta (1230-1255) et Mansa Moussa (1307-1332). Capitale Niani (aujourd'hui petit village guinéen). La chute de l'empire intervient avec la chute de Niani par l'empire sahalien de Songhai en 1450.

XVI-XVIIIè siècle : Migrations Peul islamisésn en provenance du Fouta Torro (Nord Sénégal) et du Macina (Mali). Les Peul en s'isolant dans le Fouta Djallon (tout en repoussant Soussou et baga), vont développér un régime théocratique de type féodal. Les deux grands fondateurs sont Karamoko Alpha de 1725 à 1950, puis son cousin et successeur Ibrahima Sori de 1751 et 1784, qui porte le nom prestigieux d'Amamay. Un bicéphalisme d'alternance entre les descendants ; tous les deux ans, fonctionnera jusque 1896, date où les rivalités entre les deux familles faciliteront la conquête française (dissensions entre Alpha Yaga et Bocar Biro).



La période coloniale


La colonisation fut précédée, à partir du XVè siècle, de la pénétration d'européens (portugais, français, anglais). Les premiers immigrants étaient souvent plus ou moins formés d'aventuriers, de pirates ou de personnages non mandatés par leurs gouvernements.

Le Pape Martin V accorde au Portugal, en 1432, le droit de « disposer par la force du bien des infidèles, avec indulgence plénière pour ceux qui périraient », ainsi le Roi du Portugal devient le seigneur du Royaume de Guinée et de la côte de l'Afrique. C'est à partir du XVè siècle que les voyageurs portugais commencent à découvrir les côtes de l'Afrique. Un des premiers de ces avanturiers est Nuño Tristao qui, bien que ne les ayant probablement jamais atteints donna son nom au Rio Nuñez et à l'Ile Tristao (vers 1450).

Watt et Timberson,deux Anglais de Freetown, atteignent Timbo (alors capitale du Fouta Djallon), à partir du Rio Nuñez en 1974, le Français Gaspard Mollien, rescapé du naufrage de la Méduse (au large de la Mauritanie), parvient au Fouta Djallon en 1818, depuis le Sénégal. En 1827 René Caillé part de Boké, traverse à pied le Fouta Djallon et atteint Tombouctou (Mali actuel). En 1838, la goélette française « La Fine » remonte le Rio Nuñez et un traité lie France aux Nalou, en 1858 la France est seule installée à Boké, qui reste vassale du Fouta Djallon. Parallèlement en 1850 le lieutenant Hecquart atteint le Fouta qui reconnaît la souveraineté de la France à Boké en 1866, et qui est occupé militairement.

Après le congrès de Berlin (1885) et une série de congrès internationaux délimitant les frontières, la Guinée est érigée d'abord en colonie dépendant de Dakar (Rivières du Sud), pour devenir en 1891 une colonie autonome.

Enfin, c'est à la fin du XiXè siècle, alors que les batailles pour les conquêtes coloniales ont déjà commencé en Moyenne et Haute Guinée, qu'un aventurier, par certains côtés un visionnaire, Aimé Olivier, Comte de Sanderval, apparaît.



OLIVIER DE SANDERVAL


Aimé Olivier, comte de Sanderval parcourt à cinq reprises le Fouta Djallon et parvient à y acquérir de nombreux domaines (40 000 heures) que l'administration coloniale lui enlèvera, mais que ses héritiers disputeront à l'administration jusqu'à la veille de la deuxième guerre mondiale.

En 1899, il signe un traité qui le fait roi du Kahel, avec privilèges commerciaux et même celui de battre monnaie. Il laisse son nom à un quartier de Conakry (Sandervalia), où il avait une case encore visible dans l'enceinte du Musée National.

Il a écrit quelques livres (voir bibliographie), dont « La conquête du Fouta Djallon » et « Soudan français et Sahel, carnets de voyage
».

En 1881 le Dr Bayol est envoyé à Fouta, et signe avec les Almamy Ibrahima Sory III et Amhadou un traité d'amitié qui est transformé en traite de protectorat en 1888. A partir de 1882 est nommé Gouverneur de la colonie des rivières du Sud, Ballay lui succède en 1890. Le décret du 17 décembre 1891 consacre l'existence de cette colonie. A la suite de divers troubles la France occupe en 1896 Timbo, la capitale du Fouta, et un traité définitif est signé en 1897. Les frontières des Rivières du Sud sont fixées en 1899.

Des trois impérialismes européens en compétition dans cette partie de l'Ouest africain (Portugal, Angleterre, France), c'est la France qui, en une cinquantaine d'années, supplantera ses rivaux (les Portugais seront circonscrits en Guinée Bissau et au Cap vert, les Anglais en Gambie, Sierra Leone et Libera). Cependant le paysage garde la marque de cette compétition (forteresses portugaises) et ce n'est qu'en 1904 que les Anglais quitteront les îles de Los.

La conquête de la Guinée se fera non sans une certaine résistance, mais elle sera facilitée par des dissensions internes (Fouta Djallon). C'est surtout en Haute Guinée que Samory ( ) Touré engagera une lutte acharnée qui durera sept ans. Il sera fait prisonnier en 1898 et, déporté au Gabon, où il moura en 1900. En Guinée Forestière, il faudra attendre 1912 et plusieurs graves revers pour arriver à la « pacification ». Ce n'est qu'en 1904 que les Coniagui font leur soumission. En Guinée Maritime les Nalou et Landouma ne sont définitivement soumis que vers 1892.

Pendant une soixantaine d'années, la Guinée va connaître le système colonial. C'est le décret du 12 décembre 1905 qui interdit la traite des esclaves et met fin à un système économique important dans le région . Cependant l'esclavage continue d'exister, principalement au Fouta et en Haute Guinée . Ce n'est qu'à partir de la seconde guerre mondiale et surtout à partir des années 1955-56 que l'institution de l'esclavage disparaît.

Les grandes sociétés françaises d'import-export monopolisent le commerce de traite, relayées par les Libano-syriens.

Une économie marchande se met en place, bouleversant les anciens modes de production. L'économie se monétarise par l'implantation des cultures d'exportation (banane, café,…) et l'instauration de l'impôt et du travail forcé. Ces divers facteurs modifient profondément le système économique traditionnel.



LA LIANE A CAOUTCHOUC


La culture du latex, a commencé dans la région du Rio Nuñez dans les années 1870. Cette cueillette exigeait un travail énorme, ramassage sur d'immenses étendues, obligeant les populations à aller chercher le caoutchouc de plus en plus loin. Avec l'instauration de l'impôt cette activité allait prendre une dimension démesurée, provoquant l'abandon des autres cultures. Les peuplements de liane de Guinée Maritime furent vite épuisés et la collecte se déplaça vers le Fouta et la Haute Guinée. En 1909, 1 810 tonnes de caoutchouc ont été exportées qui représentent 65% du total des exportations de la Guinée. A partir de 1910, concurrencé par le caoutchouc provenant de l'hévéa extrême oriental, le prix s'effondre laissant les paysans sans revenus monétaires.

Il faudra le choc de la seconde guerre mondiale pour que la métropole prenne conscience de ses responsabilités pour le développement de ses colonies et les guinéens de leur émancipation. En octobre 1945, Yacine Diallo est le premier guinéen élu à l'assemblée Nationale constituante. C'est le monde syndical qui va se structurer et jouer un rôle majeur dans l'évolution politique du pays en servant de base au Parti Démocratique de Guinée (PDG). De 1947 à 1953 une série de grèves très dures va aboutir à une amélioration des conditions de vie. Un jeune syndicaliste émerge, Sékou Touré, et devient rapidement une des plus importantes personnalités du PDG.

Le PDG s'intègre au Rassemblement Démocratique Africain (RDA, regroupement composite, créé en 1947 après le congrès de Bamako), dont il devient la section guinéenne. Le PDG-RDA sera combattu très durement par le pouvoir colonial.
En 1956, est mise en place la loi cadre (loi Deferre) qui implique la création, dans chaque territoire, d'un conseil de gouvernement. Les luttes entre partis politiques rivaux en Guinée (PDG-RDA et BAG (Bloc Africain de Guinée) s'intensifient : bagarres, incendies, pogrom font des dizaines de morts et des centaines de blessés en Octobre 1956 et Mai 1957, l'âpreté politique se greffant sur des antagonismes ethniques. Les élections à l'Assemblée Territoriale de Mars 1957 consacrent le triomphe du PDG-RDA qui remporte la quasi-totalité des sièges. La présidence du premier gouvernement guinéen échoit de droit au Gouverneur, J. Ramadier, Sékou Touré vainqueur des élections, en est le Vice-Président. Des émeutes fomentées par le PDG-RAD, en 1958, neutralisent une fois pour toutes les autres partis politiques.



L'indépendance et Sékou Touré


En Mai 1958 le Général De Gaulle revient au pouvoir en France et entreprend une tournée africaine pour proposer aux colonies le statut de la Communauté dans la nouvelle constitution. A Conakry dans un fameux discours, Sékou Touré refuse cette offre et propose de dire « non » à la communauté si l'option de l'indépendance à l'intérieur de celle-ci n'est pas ouverte. « Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l'esclavage » déclare-t-il notamment. Le 25 Août, à une très large majorité les Guinéens répondent non, et l'indépendance est proclamée le 2 octobre 1958 , Sékou Touré devient chef du gouvernement, une constitution est adoptée le 10 Novembre 1958. Un drapeau et un hymne national sont adoptés. Le drapeau est tricolore et formé de trois bandes, rouge, jaune et verte disposés verticalement. L'hymne national s'inspire d'un climat traditionnel à la gloire de Alpha Yaya.




L'HYMNE NATIONAL



Peuples d'Afrique,

Le passé historique

Que chante l'hymne

De la Guinée fière et jeune

Illustre l'épopée de nos frères

Morts au champ d'honneur

En libérant l'Afrique.

Le peuple de Guinée,

Prêchant l'unité

Appelle l'Afrique
.



L'agression de 1970 , par laquelle un commando portugais, accompagné de quelques opposants armés, est venu délivrer des compatriotes emprisonnés en Guinée, marque un tournant du régime. Celui-ci devient plus autoritaire et répressif. Il marque le début des « procès de Conakry », qui feront de nombreuses victimes, au sein même des proches du Président. Le symbole de cette répression reste le Camp Boiro où furent enfermés, torturés, assassinés, plusieurs milliers de personnes. Parmi celles-ci beaucoup d'anciens ministres ou de proches de Sékou Touré. La répression a également touché les provinces et la prison de Kindia, si elle n'a pas donné lieu à une littérature aussi abondante que celle sur le camp Boiro (voir bibliographie et notamment J-P Alata « Prisons d'Afrique ») est restée tristement célèbre.



SEKOU TOURE


Malinké d'origine, il serait un descendant de Samory Touré, figure emblématique de la lutte contre la colonisation française.

Né officiellement le 9 Janvier 1922 à Sidakoro (Faranah).

Certificat d'études primaire.

Deux ans d'études à l'école Professionnelle Georges Poiret (Conakry).

Responsable de l'union Syndical des Travailleurs de Guinée (USTG).

Employé de la Compagne du Niger, aux PTT et au Trésor.

Secrétaire de l'union Territoriale CGT.

Licencié par l'administration en 1951, il se consacre alors entièrement au militantisme politique et syndical.

Membre fondateur du PDG dont, en 1953 il prend la tête.

Il cumule alors les mandats électifs : conseiller territorial de Beyla (1953-1957), maire de Conakry en 1955, député à l'Assemblée Nationale Française (1956-1958).

Membre fondateur de l'union Générale des Travailleurs de Guinée en (1957) puis Président (1959), de ce mouvement syndical affilié à la CGT.

Vice-président du Gouvernement Guinéen en 1957 (après que son parti ait largement gagné les élections à l'Assemblée Territoriale), le Président étant, de droit gouverneur. Discours du 25 Août 1958, où à Conakry, devant le Général De Gaule, il réclame l'indépendance de la Guinée et invite ses compatriotes à répondre « non » au référendum.

Elu président de la République indépendante de Guinée en 1958. Mort de maladie le 26 mars 1984 aux Etats-Unis.


Le bilan de la période Sékou tourienne reste à faire, régulièrement des ouvrages paraissent faisant l'apologie du régime, tout en reconnaissant quelques erreurs. Chaque parution donne lieu à polémiques. A ce sujet voir les deux récents ouvrages de Mohammed Kouyaté. Nous sommes tous responsables, Conakry (1996) et Sidikhini Kobélé (Ahmed Sékou Touré, l'homme du 28 septembre 1958, Conakry 1959).



LA GUINEE DEPUIS 1984



A la mort de Sékou Touré, les militaires, sans heurts, prennent le pouvoir passé vacant. Ils portent à leur tête le plus ancien dans le grade le plus élevé, le colonnel Lansana Conté.

La Guinée est alors un pays exsangue, les infrastructures sont dégradées, plus de 2 millions de guinéens se sont enfuis à l'étranger, une bureaucratie pléthorique, corrompue omniprésente et incompétente rançonne le pays. Les ruraux se sont réfugiés dans une pauvre agriculture de subsistance.

1985 : tentative avortée de déstabilisation par certains militaires. Définition d'une politique libérale, toujours appliquée depuis.

1990 : Promulgation d'une loi fondamentale (constitution), qui fixe les étapes du processus démocratique multipartisme, élections...)

19 décembre 1993 : Elections présidentielles, remportées à 52% des voix, par le Général Lansana Conté (mais le déroulement du scrutin est fortement contesté).
Mai et Juin 1995 : Elections législatives et municipales. L'opposition gagne 38% des sièges, soit 43 députés sur 114.

1996 : Création du Conseil Economique et social (chambre des notables, délaissées par le régime précédent).

Février 1996 : Mutinerie de l'armée, sans conséquences politiques immédiates, mais le pouvoir en sort affaibli.

Juillet 1996 : Nouveau gouvernement Guinéen, principalement chargé de remettre de l'ordre dans les finances publiques, de reformer l'administration (compétence, efficacité, honnêteté). Un poste de Premier Ministre, coordonnateur de l'action gouvernementale, est créé, bien que non prévu dans la constitution. Ce gouvernement s'est fixé pour tâche de renouer avec les institutions internationales, ce qu'il a réussi puisque un accord triennal avec le FMI (FASR) ( ), est conclue fin 1996 pour la période 1997-1999.

Décembre 1998 : Elections présidentielles. Le Président Lansana Conté est réélu dès le premier tour.




Luc MOGENET

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  • Invité de l’émission les ‘’Grandes Gueules’’ de la radio privée ‘’Espace FM’’ de ce mardi, 17 janvier 2017, le vice-président exclu du parti principal de l’opposition (UFDG), Bah Oury a déclaré qu’en cas de défaite du procès avec le camp Cellou Dalei

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