
... . Sans compter son style de management, la gestion de son temps, son sentiment sur sa réussite personnelle et ses responsabilités en tant modèle…Bref, une interview pas
comme les autres avec Youssou Ndour, le Businessman. Un détail, cette interview a été recueilli à la lueur d’une bougie au studio Xippi. Sacré Sénégal! Un pays qui prétend à l’émergence économique…
Qu’est ce qui a motivé la décision de l’entrepreneur Yousou Ndour à investir le champ économique après l’espace culturel?
D’abord, je dois dire que ce n’était pas quelque chose de j’avais prévu. Ce qui m’intéressait au départ, c’était faire la musique que j’aime, qui est mon métier. Il y a plein de gens qui gagnent leur vie à travers une activité économique qu’ils n’aiment pas.
Donc, quand on a la chance d’avoir un métier qu’on aime, qui vous passionne et qui vous procure des revenus, c’est un challenge fantastique!
Je crois que tout est parti d’un mot de mon père qui s’était opposé à ce que je fasse de la musique pour plusieurs raisons. Un jour, il m’a dit: « Je ne suis pas allé à l’école, je viens de Baol, je veux que tu continues tes études, je veux te voir demain dans un bureau, devenir un avocat, un banquier, un quelqu’un…
» Je lui ai dit: « Malheureusement papa, l’école
c’est bien mais je suis plutôt passionné par la
musique. Si tu m’y autorises, je vais faire la
musique, mais tu ne verras jamais ton fils sur un
mauvais chemin. » Tout est parti de là.
Quand j’ai commencé à gagner un peu d’argent, après avoir défalqué les frais, je me suis dit que: « Je vais chercher un bureau pour montrer à mon père, comme les avocats et banquiers avec leurs bureaux, on pouvait faire musicien et avoir un bureau. » Je suis allé à l’avenue Malick Sy (NDLR: les actuels locaux du Crédit mutuel Sénégal), j’ai trouvé un appartement à louer, j’ai donné une avance et j’y ai aménagé. Avec
un bureau, un téléphone, une salle d’attente et une salle pour répéter. J’ai appris un de mes meilleurs amis, qui était plus instruit que moi et je lui ai dit: « Toi, tu es le manager, tu vas calculer tout ce qui entre, tout ce qui sort, tout ce qu’on gagne, tout ce qu’on perd. Tu vas salarier tous les gens qui travaillent ici. » On a commencé dans un cadre très informel. Tout est parti de là.
Ok, depuis lors, comment ça a évoluer?
Difficile! Difficile dans la mesure où quand vous
êtes dans un milieu informel et que vous voulez aller vers le formel, c’est d’abord une bataille contre soi-même. Quotidiennement. Ça demande une certaine rigueur. Après les débuts avec mon ami, j’ai fait appel à quelqu’un de plus qualifié, Latyr Diouf, mon premier manager, qui s’occupait de tout ce qui est administratif, comptable, financier… La formalisation n’a pas du tout été facile parce que le show-biz était, à l’époque, très informel, la vente des cassettes, l’environnement…J’ai continué de soutenir
tout le processus. Il m’est arrivé, à plusieurs
reprises, à la fin du mois, à ne pas avoir de quoi
payer les salaires. J’étais obligé de prendre des
engagements par-ci, par-là ou à emprunter pour faire face à mes charges sociales. Parce que, pour moi, il était hors de question que les gens travaillent avec moi et qu’ils ne soient pas payés. Il était hors de question! Quand il y avait des surplus, il fallait être vigilant, veiller à ce quoi ça ne soit pas dépensé trop vite. Il fallait jongler pour tenir le coup. Ensuite, il fallait aller vers autre chose…
Ce « autre chose », c’est quoi?
C’était la SAPROM ou Société africaine de production musicale. J’avais un ami qui aimait beaucoup la musique, l’expert-comptable Abdou Aziz Dièye, qui m’a conseillé de créer une société pour ne pas trop m’exposer personnellement. Et à partir de la société, dont le nom lui revient, aider à révolutionner le monde du show-biz tout en encadrant mon personnel. On a créé la société non sans difficultés. J’ai nommé mon
manager Latyr Diouf, Gérant de la SAPROM.
Quels étaient les moyens de la SAPROM?
Pour les activités; on avait deux véhicules de
transport. L’un pour le matériel et l’autre pour le
personnel pour les sorties. On avait du matériel de sonorisation que j’avais acquis, dès le début, pour être à l’aise quand il fallait jouer. Les jours où on ne jouait pas, Latyr était chargé de louer le matériel et les véhicules pour les rentabiliser.
Qu’est-ce qui a suivi après?
La SAPROM a eu beaucoup de publicité, mais sans gros moyens. Ma carrière, par contre, continuait à être fulgurante. Je devenais automatiquement le premier bailleur de fonds. Que la SAPROM ait des problèmes, c’était une honte pour moi. Et ça, il en était hors
question. Même si j’avais séparé les activités.
Ensuite, j’ai rêvé avoir mon propre studio
d’enregistrement. J’ai eu des contacts pour reprendre le Golden Baobab, un studio du fils de Senghor. Je l’ai racheté et j’y ai mis du matériel. Ainsi, on a créé le studio XIPPI pour s’occuper des enregistrements et plus tard de la duplication et de la distribution des cassettes. Mais la SAPROM restait la société de production et de promotion.
Si je comprends biens, vous avez voulu investir dans tous les secteurs de la musique?
Mais on est obligé! On fait des cassettes, on les
duplique, on les distribue. Rien n’était organisé dans le secteur. Moi, j’ai un peu de moyens, de la
notoriété, j’ai eu envie de mettre ça en place. Pour en bénéficier en tant qu’artiste, mais aussi pour tous les autres qui en avaient besoin.
Donc, dès le départ, vous vous êtes positionné comme investisseur dans le secteur de la musique?
Moi, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose.
Que ce « quelque chose-là » puisse donner du travail à des gens. Parce que le musicien, livré à lui-même, ne peut rien faire. Il faut qu’il y ait des gens derrière. C’était important de créer ces structures. Mais, je ne m’étais jamais dit que je mettais de l’argent dans ces sociétés pour y gagner de l’argent. Non, il fallait le faire et je l’ai fait. C’est tout.
Il est vrai que ça a beaucoup évolué parce qu’une
société, elle est obligée de faire des résultats,
sinon qu’on le veuille ou pas, elle disparaît…
Ces investissements de Youssou Ndour, n’est-ce pas une certaine manière de revendiquer un leadership économique après le leadership musical?
Vous savez, moi j’ai beaucoup voyagé, donc beaucoup appris à travers le monde. Je suis allé en Angleterre où la musique joue un rôle économique énorme. J’ai des amis comme Peter Gabriel; Sting; des gens très connus,
économiquement très stables, qui m’ont donné des conseils. Je me suis dit « pourquoi pas moi? » Même si on est en Afrique. J’ai essayé de faire bouger les choses, créer de la valeur ajoutée et, bien sûr, en profiter personnellement.
La musique peut être considérée comme une industrie culturelle. En avez-vous une vision économique?
Moi, je dis, la musique, la culture, l’industrie, le
business et la création vont de pair. C’est comme les deux rails du chemin de fer. L’une des deux activités ne peut pas aller sans l’autre. C’était important de le comprendre très tôt et de créer des structures pour que l’activité de création et le business évoluent ensemble.
Pourquoi vos investissements dans les médias? Est-ce parce que ça rentre dans cette vision stratégique ou bien est-ce pour la gloire ou l’influence?
Bon, il y a beaucoup d’éléments. Dans un premier temps, j’ai été convaincu par des gens, qui ont une certaine vision, qui m’ont dit que: « les médias, c’est ton milieu. » J’ai été en discussion avec des amis. On s’est dit: « Pourquoi ne pas participer au développement des médias? » Il y avait beaucoup de
journalistes qui sortaient du CESTI, on s’est senti un peu responsable de leur avenir. L’Etat ne peut pas tout faire. On s’est dit qu’en créant des organes de presse, on crée des emplois. Certes, ces médias pouvaient être rentables mais le plus important, pour nous, c’était de contribuer à la pluralité et à l’équilibre de l’information afin de renforcer la démocratie dans le pays. A partir de là, je me suis lancé avec trois amis, Cheikh Tall Dioum, Bara Tall et Baba Tandian qu’on a rejoint dans le Groupe Le Matin.
Après, on s’est dit qu’il fallait laisser Tandian
évoluer avec son groupe et nous, on est allé créer le Groupe COM7 avec un journal, une radio…Après l’échec de cette expérience, je me suis dit que je vais créer mon propre groupe de presse, Futurs Médias.
Comment se porte ce groupe de presse?
Il se porte pas mal. Au niveau de la pénétration de nos produits, on n’espérait pas mieux. En l’espace de trois ans, selon les sondages on a la RFM comme radio n°2 dans le pays, le journal L’Observateur qui est le quotidien sénégalais le plus lu, le plus acheté et avec le plus gros tirage. Je pense que les objectifs ont été atteints. Sinon, pour les questions relatives à la publicité, les ventes, les facteurs de production, c’est le gérant qui peut vous en parler.
Ce que je sais, c’est que pour avoir un très bon
produit, il faut un bon personnel et pour cela, il y a un minimum qu’il faut. On n’a pas encore atteint l’équilibre financier, mais nous sommes sur la bonne voie avec une bonne marge de progression.
On revient à la musique. Ne pensez-vous pas que c’est un produit d’exportation supérieur en ce sens qu’elle apporte des devises tout en contribuant à rehausser l’image de marque du pays?
Ça devrait l’être. Mais quand même, restons sur terre. La musique, en fait, c’est un son qui voyage à travers le monde. Mais, économiquement, il reste beaucoup à
faire. Sauf pour quelques uns qui ont une aura
mondiale. Prenons un exemple. Je vends 3 millions de disques avec l’album The Guide (seven seconds). Si la maison de disques était sénégalaise, qui vend partout dans le monde, que l’argent généré revienne ici et crée d’autres sources de revenus, ce serait bien. Mais
dommage, ce n’est pas le cas. La réalité est que je vais voir une compagnie mondiale appelée Sony qui me fait signer un papier comme quoi j’ai droit à 10% des revenus, après déduction des charges. Si la compagnie vend 3 millions de disques, disons à 1 dollar l’unité, ça fait 3 millions de dollar. Mais cet argent ne vient
pas au pays. C’est un gros manque à gagner pour les économies africaines. C’est comme l’arachide ou la pêche. Il faut transformer nos produits localement pour pouvoir bénéficier, nous-mêmes, des plus-values.
C’est valable pour les disques ou les droits d’auteur. Nous devons nous battre pour avoir des grosses compagnies africaines pour que la valeur ajoutée créée reste ici.
Est-ce que Youssou Ndour a un projet dans ce sens?
Oui, j’ai un projet. Mais je ne peux pas le faire
seul. C’est un projet panafricain qui doit être porté par tous les gens intéressés par le show-biz, les institutions africaines, les banques, les ministères des affaires étrangères…Une fois, j’ai demandé pourquoi ne pas créer une banque à vocation culturelle qui financerait les industries culturelles. Ce serait bien d’avoir des banquiers qui réfléchiraient sur la question et aideraient à mettre en œuvre ce projet.
Peut-on avoir une idée du poids économique et financier de l’Entrepreneur Youssou ndour dans l’économie nationale?
Ça serait difficile de le déterminer. Youssou Ndour dans l’économie nationale, c’est quelque chose comme 350 emplois directs sans le groupe de presse. En intégrant les emplois indirects, on peut aller jusqu’à 500. Et tous ces gens là travaillent autour de nous. Mais les activités du Showbiz doivent être calculées
et perçues d’une manière différente de celles de la banque ou de l’assurance. Chaque fois que je rencontre les agents des Impôts, je leur dit que ce serait bien qu’on organise un débat autour de la mesure de l’activité du showbiz. Il faut inventer un modèle qui prend en compte nos spécificités. Je pense que mes efforts en tant qu’entrepreneur, de même que dans laformation parce que j’en ai beaucoup fait, c’est quand
même énorme. Pour moi, c’est un gros challenge que je continue d’assumer. Ici et maintenant.
Est-ce qu’on peut avoir une agrégation, voire une estimation de tout ce que Youssou Ndour a investi depuis le début jusqu’aujourd’hui?
Ça va être très, très difficile. Je vous ai dit que
j’ai commencé dans le secteur informel. Ce n’est que récemment que j’ai commencé à avoir des indicateurs et ratios économiques, un tableau de bord. Pendant longtemps, j’ai fait des choses énormes. Tout ce que j’ai gagné, à part ce qui est réservé pour ma famille et mes enfants, je l’ai réinvesti. Et je continue à investir. Je ne calcule même pas. Maintenant que je suis entouré des spécialités, je pense que nous
pouvons aller dans ce sens. Mais c’est beaucoup de milliards, c’est vrai… Ce sont des choses que je ne regrette pas. C’est une manière, pour moi, de renvoyer l’ascenseur à des gens qui vous aiment bien, qui aiment votre musique…
Aujourd’hui, quel est le sentiment personnel de l’Homme et du Citoyen au vu de toutes ces
réalisations?
Je remarque que, beaucoup de gens, à propos de mes business, quand ils me rencontrent, ils me félicitent et m’encouragent. Le courage, ce n’est pas ce qui me manque, mais je suis heureux d’entendre les gens me le dire. Ils disent qu’ils sont fiers de moi, de ce que je fais. Ils prient pour moi. Certains, qui sont des
mécènes, m’aident sans tambour, ni trompette.
Alors, qu’est-ce qui fait courir Youssou Ndour?
Mais rien ne me fait courir! Moi, j’habite au Sénégal, mes activités sont là, je fais ma musique. Ce qui me fait courir, ce sont plutôt les responsabilités qui sont les miennes. Même si j’ai des gérants qui sont responsables de la gestion de mes entreprises au quotidien. Je ne suis pas le genre de patron qui vient le matin, s’assoit et commence à pointer les gens. Non…je les ai responsabilisés, ils me rendent compte. Il y a les conseils d’administration où on fait le point sur chaque activité. Et puis voilà…Il m’arrive de rester six mois sans passer dans une de mes entreprises. Ils n’ont pas besoin de moi au
quotidien.
Est-ce qu’on peut connaître le manager Yousou Ndour?
Écoute…le manager, c’est quelqu’un qui a beaucoup d’idées et j’en remercie le Bon Dieu. L’innovation, l’originalité, pas la répétition, pas la facilité, le tout dans la simplicité. J’essaie, avec mes managers et collaborateurs, de discuter et d’échanger avec eux… J’aime bien écouter tout le monde et essayer de régler les problèmes. Mais il en faut beaucoup pour que je m’énerve. Je suis assez calme de nature et très patient. J’utilise une méthode très importante, pour
moi, qui me prend beaucoup de temps, c’est parler et discuter avec les gens. C’est notre côté tradition orale même si l’Administration, c’est le domaine de l’écrit…
Si je vous suis bien, vous avez un style plus
participatif que directif… Oui, c’est un style participatif et pas directif. Mais comment vous arriver à gérer toutes vos multiples activités?
Mais je ne les gère pas! Moi, je crée ces activités,
je les confie à des managers. Je viens de vous dire qu’il m’arrive de rester six moi sans mettre le pied dans l’une ou l’autre de mes entreprises. Peut être, ce sont les responsabilités, ça c’est le destin. Moi, j’ai une mission dans la vie.
Bon, Ok, mais est-ce que le manager, que vous êtes, gère bien son temps?
Oui parce que vu le nombre de personnes qui
travaillent avec moi…je vous dit que rien pour ma
musique, on prend la carte du monde et on la découpe en zones géographiques. Ainsi, je travaille avec cinq managers de par le monde. J’en ai un aux Etats-Unis, un en France, un en Angleterre, un au Japon, un pour l’Afrique. Au Sénégal, le bureau du Management a beaucoup d’assistants. Dans les domaines du voyage, de
l’organisation, de la technique, des relations
publiques, de la presse…Tous ces aspects sont gérés par des assistants. Tous ces gens là ne travaillent avec moi. La nuance est importante. Donc, quand même, je peux me consacrer à autre chose.
Quelle est la place de l’intuition, du flair, pour ne pas dire du feeling de l’Artiste dans l’activité du Manager?
Ecoute…Je sens les choses. Je peux sentir que notre album marche très fort, je peux commanditer un événementiel autour. Ce sont des choses comme ça. Ou bien, quand en Europe, les gens disent qu’ils ont la nostalgie des soirées du Thiossane, je me dis: «
Tiens, on va organiser le Grand Bal à Bercy. » Qui est devenu un évènement culturel important pour les Sénégalais d’Europe. Il faut que ça devienne aussi un évènement économique et touristique.
La part de la communication et du marketing dans toute cette activité?
La communication, c’est quelque chose que je dégage. Je suis communicateur mais pas journaliste. Quand on doit faire quelque chose, j’appelle mon conseiller en communication ou mon manager. Je leur donne mes idées.
Ils ne sont pas obligés de faire comme je le veux.
Mais je demande à être convaincu. On ne vient pas me dire: « C’est comme ça » pour que je l’accepte. Ah non, ça ne se passe pas comme ça…Ma communication doit me ressembler. Je tiens beaucoup à ça.
Notre magazine s’appelle REUSSIR. Est-ce que Youssou Ndour se considère comme une personne qui a réussi?
Oui, je crois. Sincèrement. Je reste toujours
passionné. Je crois avoir beaucoup travaillé, avoir
gagné de quoi entretenir ma famille. Donc,
Alhamdoulillah…
Quelle est alors votre définition de la réussite?
Pour moi, la réussite, elle n’est seulement
économique, elle est aussi sociale. On dit souvent
éduquer ou élever un enfant, c’est différent.
La rubrique s’appelle Success Story. Pensez vous que votre parcours peut être élevé au rang de modèle pour les jeunes, les entrepreneurs en particulier?
Bon, vous savez, ce n’est pas à moi de le dire…Moi, tout ce que je peux vous dire, c’est que je viens de la Médina, d’un milieu modeste. Mais mon père nous a bien éduqués. Là où il y a la radio, c’était l’ancienne maison familiale, c’était un lieu de regroupement et on parlait beaucoup.
Rétrospectivement, je me dis que c’était déjà une
radio avant la lettre…
A propos de l’émigration clandestine, quel est le message que vous voulez lancer à l’intention de ces jeunes qui sont tentés par l’Occident?
Je suis clair par rapport à cela. On voit lesrisques.
Aussi, ce n’est pas l’Elderado là bas. Ici, c’est
difficile certes, mais c’est possible quand même. Moi, j’ai eu toutes les possibilités du monde pour habiter où je veux, avoir les papiers que je veux. Mais je l’ai toujours refusé. Et je ne le regrette pas. Par contre, il faut que l’Etat et le gouvernement fassent quelque chose pour valoriser ces talents et les inciter à rester au pays. Par le biais de la formation, de l’éducation …C’est vrai, là-bas, ce n’est pas l’Eldorado et ceux qui y sont, leur souhait, c’est de rentrer au pays.
Autre question d’actualité, la lutte contre la
piraterie, qu’en pensez-vous?
C’est terrible, parce que ça tue la création. C’est un problème global. Nous nous sommes mobilisés pour l’enrayer. Si on ne fait rien contre, ce serait la mort certaine de la musique. Les gens ne le savent pas, mais si on réglementait la distribution, en luttant contre la piraterie, on peut créer énormément d’emplois pour les jeunes. Moi, j’ai un projet en ce sens. Ce n’est pas un projet personnel. Je suis prêt à le mettre sur la table pour le bénéficier du plus grand nombre.
Votre dernier mot?
Je suis très content de voir qu’il y a de la diversité dans la presse, dans les magazines. Je connais bien la presse, c’est très difficile, je vous encourage…
Propos recueillis par Baye Dame WADE, reportage photos: Prudence NGOM/Magazine REUSSIR (SENEGAL)




















