
C’est en 1999 que l’organisation des Nations unies, au cours de son Assemblée générale a déclaré la date du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Ce fut le résultat d’une vaste et longue campagne de mobilisation des activistes féministes à travers le monde entier.
Mais cette déclaration n’était qu’une étape dans le long processus de libération de la femme de l’emprise et de la domination masculines. Certes, chaque année, cette journée est l’occasion d’une prise de conscience du reste du chemin qu’il y a à parcourir. Mais on a de plus en plus l’impression que le départ n’est pas enclenché, tant les violences continuent à s’abattre sur un nombre élevé de femmes.
En Guinée, bien que les données statistiques fiables et récentes ne courent pas forcément les rues, celles qui sont disponibles font froid au dos. En fait, il s’agit d’un effarant paradoxe entre les dispositions légales, qui proclament l’égalité entre l’homme et la femme, et les faits que l’on vit au quotidien qui attestent, dans une majorité écrasante des cas, que la femme est soumise à la volonté et au diktat de l’homme. Tout cela sans aucune espèce procès.
D’ailleurs, on a encore en mémoire le viol collectif dont des dizaines de guinéennes avaient été victimes au Stade du 28 septembre, il y a plus de deux ans. Or, cet épisode n’est que symptomatique d’un phénomène à la fois plus diffus et plus généralisé. On a également régulièrement des récits des femmes battues par leurs conjoints, qu’ils vivent maritalement ou non.
La prostitution est également une forme de violence que de plus en plus de filles guinéennes, sont obligées d’endurer en raison de leur vulnérabilité socio-économique. A l’intérieur des établissements scolaires et universitaires aussi, ce sont de nombreuses apprenantes, qui font l’objet de harcèlement sexuel quelque fois de la part des encadreurs mêmes.
On a également les mariages précoces ou forcés qui éloignent plusieurs filles de l’univers de la formation scolaire. D’autres encore sont exploitées à des fins de menus commerces au détriment de leur formation. Mais la violence la plus flagramment appliquée aux Guinéennes est l’excision. Bien que condamnée par la législation en vigueur, cette pratique ancestrale demeure néanmoins très ancrée dans les mœurs culturelles du pays. Une problématique à laquelle les autorités et les partenaires n’arrivent pas à trouver de solution pérenne. Ces derniers temps, on a même eu l’impression que le phénomène avait repris de l’ampleur.
L’ensemble des formes de violences contre les femmes guinéennes ainsi répertoriées, sans être exhaustif, est néanmoins indicateur des multiples formes que doit relever la société guinéenne si elle veut réparer l’injustice dont elle se rend coupable à l’endroit de plus de la majorité de celles qui la composent.
Des défis auxquels il faudra d’autant plus faire face, qu’il est prouvé qu’une société n’a aucune chance d’accéder à la prospérité et au développement, si elle ne fait de l’égalité entre homme et femme, une de ses priorités.
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















