VIOLENCES A ZOGOTA: Et si les causes étaient ailleurs?

Au cours de la semaine dernière, la localité de Zogota a vécu dans une tension extrême. Cela a tout d’abord commencé par une colère qui a conduit les populations à se livrer à une attaque en règle contre les installations de l’entreprise brésilienne, Vale. Avant que le point culminant ne soit dramatiquement atteint, dans la nuit du vendredi au samedi, au cours de laquelle une tentative d’interpellations des principaux responsables des précédents incidents, a dégénéré et débouché sur cinq morts et de nombreux blessés. Jusqu’alors, on avait mis en avant le fait que la société brésilienne n’emploierait pas suffisamment les jeunes de la localité. Mais d’autres sources que nous avons contactées indiquent qu’en réalité le problème serait consécutif à un vaste réseau de corruption que les autorités locales, en complicité avec quelques autres de l’entreprise auraient tissé autour du recrutement. Une hypothèse que l’on assimile à des « rumeurs infondées » du côté de Vale... 20:52 8-8-2012

Selon nos sources, depuis un certain temps, pour avoir le privilège d’être employé comme manœuvre au compte de Vale, il faut débourser jusqu’à 2.500 000 GNF.

L’astuce aurait été inventée par le préfet de N’Zérékoré, en complicité avec certains responsables locaux de la société brésilienne. Ce serait alors cette condition financière que beaucoup de jeunes sont incapables de remplir, qui serait à la base du peu d’emplois en faveur des populations riveraines du site de Simandou sud qu’occupe la société brésilienne.

En lieux et places, ce seraient des jeunes venus notamment de Conakry, qui se feraient facilement employés. Naturellement, après avoir versé les fameux 2.500.000 GNF. Pour le moment, on ne sait pas si la décision des autorités guinéennes d’entendre le préfet de N’Zérékoré, s’inscrit dans la veine de ces informations. Mais on peut tout de même s’interroger sur les raisons qui auront conduit les autorités préfectorales, à dépêcher de nuit une mission devant procéder à l’interpellation des manifestants.  

Quoi qu’il en soit, du côté de Vale, on se refuse à prendre part à une telle polémique. Ces allégations, un interlocuteur au sein de Vale ayant requis l’anonymat s’abstient de les commenter parce que dit-il : « ce sont des rumeurs ». En tout état de cause, cet interlocuteur tient à préciser que Vale n’a rien à voir avec les incidents meurtriers de la nuit de vendredi à samedi. Du point de la société brésilienne, on n’évoque que les incidents du mercredi qui avaient conduit au saccage des installations de Vale et qui, précise-t-on « ne s’étaient soldés par aucun mort ou blessé ».

En ce qui concerne la question liée à l’emploi, notre interlocuteur au sein de Vale affirme que sur les 3000 employés de la société, plus de 90 %, sont de nationalité et que la majorité de ces derniers sont originaires de la région forestière. N’ayant pas encore procédé à l’évaluation des dégâts subis, Vale dit faire confiance aux autorités guinéennes, pour ce qui est des enquêtes à diligenter et de la détermination des responsabilités.

En attendant, notre source pense « qu’il est encore trop tôt pour penser à une éventuelle décision que prendrait Vale ». 

GCI suit pour vous.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info 

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