
Une première tendance fait prévaloir la règle selon laquelle, le maire décédé, il doit être logiquement remplacé par le premier maire adjoint. En face, un second groupe estime au contraire, que c’est à l’issue d’une élection en bonne et due forme que les conseillers communaux doivent procéder à la désignation du remplaçant.
Ce second camp réussissant à l’emporter, ne serait-ce que momentanément, l’élection est organisée le 20 mai dernier.
C’est Aboubacar Sidiki Traoré qui en sort largement vainqueur. Mais c’est là une victoire que le camp adverse n’entend surtout pas laisser prospérer. Alors qu’il souhaitait plutôt voir l’autre challenger, Yamoussa Sylla, gagner, il commence par véhiculer le message selon lequel Aboubacar Sidiki Traoré ne peut pas logiquement être élu comme maire, dans la mesure où il aurait appartenu au PUP.
Le député uninominal du RPG à Siguiri, Sékou Savané, usant de son influence, réussit en particulier à empêcher l’installation du maire élu. Mais les partisans de ce dernier, eux aussi, n’étant pas prêts à se laisser voler une victoire qu’ils croient à la fois légitime et légale, manifestent le jeudi leur soutien à Aboubacar Sidiki Traoré.
Le lendemain, d’obscurs membres de l’Association des jeunes pour le développement de Siguiri (AJDS) - en réalité des miliciens proches de Sékou Savane - appréhendent un des meneurs de la manifestation pro-Traoré. Sérieusement malmené, la victime fait appel à un protecteur, un nommé Magassouba qui, dès son arrivée, est également appréhendé et conduit loin de la ville avant d’être déshabillé et filmé. Les images en question sont ensuite postées sur les comptes Facebook. Pour lui, c’est le comble de l’humiliation.
Et ce sont ses camarades qui, pour venger ce traitement inhumain et dégradant infligé à un des leurs, se sont fait entendre ce lundi à Siguiri. Habités par leur colère, ils ont tout saccagé sur leur passage. Du siège du RPG dans la ville, en passant par les domiciles et les biens de responsables au premier plan du parti présidentiel, rien n’a été épargné.
Tout cela sous le nez et la barbe des autorités d’abord, préfectorales, ensuite régionales et, enfin, nationales. Une crise interne au RPG-arc-en-ciel étant généralement perçue comme une patate chaude, les administrateurs territoriaux se refusent d’aborder les problèmes comme il faut, pour ne pas y laisser des plumes. Car dans ce genre de situation, la vérité peut apporter des ennuis. Le parti étant quelque fois confondu à l’administration.
Comme le démontre le cas présent, même au niveau national, on n’ose pas souvent y faire face avec la responsabilité qu’il faut. Surtout quand la crise est aussi ouverte comme c’est le cas de Siguiri. Les camps en conflit pouvant avoir des ramifications jusqu’au sommet de l’Etat, il n’est jamais évident d’avoir choisi « le bon camp ». En définitive, c’est l’Etat qui fuit ses responsabilités. Et l’anarchie règne en maître. Entre clans du RPG-Arc-enciel
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















