
Une nouvelle fois, les experts de l’OMS font état des prévisions relatives à l’épidémie à virus Ebola qui ne sont pas de nature à rassurer quant à la maitrise prochaine de la maladie. Selon ces scientifiques, courant décembre prochain, le rythme de nouvelles infections pourrait se situer entre 5 et 10.000 par semaine. A ces chiffres effarants, s’ajoute le fait que le bilan actuel serait en deçà de la réalité.
Comme la dernière fois avec la présidente Ellen Johnson Sirleaf, il n’est pas exclu que ces projections alarmistes soient contestées par les pays touchés. Même si à l’image de la Guinée, les autorités locales ont-elles-mêmes conscience de la tendance croissante de la maladie. Ainsi, récemment, MSF qui assure la gestion du Centre de traitement de l’hôpital national Donka mettait en garde contre des risques de débordement. Une sonnette d’alarme qui était alors consécutive à l’acheminement en direction de la capitale guinéenne des dizaines de cas en provenance de Coyah et de Forécariah.
Depuis, un cas suspect signalé à la clinique Ambroise Paré a obligé à sa fermeture. Dans la région forestière, où on attend avec une certaine impatience la mise en service du centre de traitement promis par la France, la tendance évolutive serait globalement identique. A en croire l’Organisation mondiale de la santé, seul le comté de Loffa, au Libéria, serait dans une tendance baissière. Ce que les experts expliquent par une évolution positive dans le comportement des populations.
Proportionnellement au rythme tout aussi effréné qu’inquiétant que connait actuellement l’épidémie, la communauté internationale continue sa mobilisation. Des ressources financières affluent ainsi des quatre coins du monde. Certains partenaires bi et multilatérauxoffrent également en soutien, du personnel médical et paramédical. D’autres encore, à l’image des Etats-Unis, de l’Allemagne ou encore de la Russie, s’activent pour obtenir le vaccin qui stopperait la propagation de la maladie. D’autres encore accélèrent les appuis en logistique. L’essentiel étant que personne n’entend plus baisser les bras jusqu’à ce que la flambée soit circonscrite et maîtrisée. C’est ainsi que le Conseil de sécurité s’est une nouvelle fois réunie la nuit dernière autour de cette épidémie.
Pour sa part, Barack Obama, même s’il est toujours très sollicité sur le front de l’EI, il continue cependant d’assurer le leadership de la mobilisation mondiale. Dans cette même logique, le personnel médical libérien qui avait déclenché une grève pour réclamer plus d’attention de la part des autorités, a fini, grâce au plaidoyer de leurs compatriotes, mais aussi de plusieurs personnalités à travers le monde entier, par suspendre son mot d’ordre.
Parallèlement à cette importante mobilisation en raison des premiers cas dont certains mortels signalés en dehors du continent africain, certains pays occidentaux font valoir une prudence supplémentaire. C’est naturellement le cas des Etats-Unis qui, en la personne du Libérien de Texas, a enregistré le premier décès hors d’Afrique. Au lendemain de ce décès et au moment où une aide-soignante qui s’était justement occupée du défunt libérien, est, elle-même contaminée, les autorités américaines multiplient les contrôles aux aéroports.
En Europe aussi, après le cas de l’aide-soignante espagnole, mais aussi le décès d’un employé onusien de nationalité soudanaise à Leipziz, en Allemagne, une certaine psychose s’empare du vieux continent. Ce qui pourrait, là aussi, se traduire par des contrôles plus renforcés pour les passagers en provenance de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Léone.
Ebola, par-ci, Ebola par-là ! Stop là!
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















