UNION AFRICAINE : Où es-tu, avec toutes crises ?!

L’Union Africaine a soufflé ses 51 bougies. Anciennement connue sous le nom de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), elle entame le second demi-siècle de son existence. Cet anniversaire cependant ne devrait pas être synonyme de célébration. Parce que des grands défis pour lesquels elle a été créée à Addis-Abeba, l’instance panafricaine n’en a pas beaucoup relevés. Tout au contraire, elle demeure globalement l’incarnation d’une intégration africaine de plus en plus perçue comme une utopie. Manquant cruellement de ressources et de leadership, elle pèche également par une absence révoltante de vision qui permettrait de mettre à profit tous les atouts, notamment ceux économiques ceux de l’Afrique d’aujourd’hui.

Aux yeux de l’opinion africaine, l’UA c’est tout d’abord une institution incapable de faire face aux crises auxquelles certains de ses Etats-membres sont confrontés. Pensée par les pères-fondateurs pour réparer les torts causés à l’Afrique par la conférence de Berlin, l’Union Africaine ne réussit rien sans l’intervention explicite des anciennes puissances coloniales. Les cas du Mali, de la Centrafrique, du Nigéria avec Boko Haram, ou encore du Soudan du sud sont, à propos, très éloquents.

Dans la crise que vit chacun de ces pays, les dirigeants de l’instance panafricaine ont, au mieux, relayé auprès des instances européennes, onusiennes ou américaines les requêtes des populations en détresse. A aucun moment, l’intervention directe et indépendante de l’UA n’a été décisive. Son rôle se limitant aux déclarations de principe.

Il en est de même, quand certains dirigeants du continent manifestent des signes tendant à les écarter des principes démocratiques. Au niveau africain, personne ne peut les dissuader. C’est ainsi qu’au Burkina Faso, en RDC, au Congo Brazzaville et au Burundi où les présidents souhaitent modifier la constitution pour s’offrir une rallonge, l’UA demeure quasi muette. Incapable de tenir un langage de fermeté à ces différents présidents, elle reste dans la position du spectateur incrédule. Espérant peut-être que le hasard et le temps apporteront la solution !

Un vide que s'empresse bien entendu de combler certains grands acteurs du monde. Comme l'a récemment fait John Kerry, en signifiant à Joseph Kabila qu'il n'était pas question qu'il franchisse le cap de 2016 !

Cette incapacité notoire à gérer les crises africaines est d’autant plus décevante de sa part, que ces crises politiques occupent pourtant l’essentiel de l’agenda de l’UA. Autrement, les projets économiques intégrateurs ne sont que formellement effleurés lors des grand-messes. Les questions en rapport avec l’agriculture, l’industrialisation, les infrastructures ou encore l’emploi des jeunes ne sont que très faiblement débattues. Tout au moins, elles n’occupent pas la place qui devrait être la leur. Les quelques progrès que l’on peut noter sur le continent, sont essentiellement le résultat d’initiatives bilatérales.

Cette attitude est d’autant plus regrettable qu’elle ne permet pas de profiter de la convoitise dont le continent est aujourd’hui l’objet. Alors qu’on assiste à une seconde ruée du monde vers l’Afrique, cette dernière ira à la rencontre, non armée. En conséquence, elle pourrait bien se faire dépecer une nouvelle fois par les Asiatiques, les Européens et les Américains.

UA, ou es-tu ?

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info  

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