
Une occasion pour discuter de sujets de préoccupation commune. Mais également une manière pour les instances européennes de consolider des rapports avec un espace socio-économique qui compte pour le futur.
Nonobstant les critiques qu’il risque encore d’essuyer, le président Alpha Condé s’est envolé mardi pour Bruxelles. Même si son pays fait la Une des médias du monde entier, en raison de l’épidémie du virus d’Ebola, le chef de l’Etat guinéen n’a pas voulu se faire conter le rendez-vous de Bruxelles. Comme lui, beaucoup d’autres dirigeants du continent et des instances continentales répondront à l’appel de l’UE. Si l’on s’en tient à l’agenda officiel, la rencontre n’est pas vraiment dénuée d’importance.
Autour du thème ”Investir dans les personnes, la prospérité et la paix”, les participants venant des deux rives de la Méditerranée discuteront des sujets aussi divers que l’éducation et l’apprentissage, les femmes et la jeunesse, la migration légale et illégale entre les deux continents, les moyens de stimuler la croissance et la création d’emplois, la paix ou encore l’amélioration du soutien européen en Afrique pour les questions de sécurité.
C’est là le tableau officiel. Si la rencontre n’était motivée que par les questions ainsi exposées, on ne trouverait rien à redire ; mais entre ces ambitions affichées et les véritables visées de l’Europe, le fossé est plutôt grand. Dans la majeure partie des cas, les populations africaines ne voient aucun impact de ce genre de grand-messe. Le retard accusé dans le déploiement d’Eufor-RCA n’est que très symptomatique du décalage entre les professions de foi et les attitudes réelles.
En réalité, le vieux continent, engagé dans une rude concurrence avec les Etats-Unis, mais aussi toutes les puissantes émergentes dont l’ogre chinois, voudrait, lui aussi compter sur l’Afrique. La France n’est plus la seule à envisager les pays africains comme principaux soutiens à son essor économique, et à son rayonnement culturel et diplomatique. Des ensembles plus étendus ont compris la leçon.
La crise économique dont se remet péniblement l’occident et qui a affecté la croissance chinoise aura eu pour mérite de confirmer avec le plus d’éloquence possible les atouts futurs du continent africain. Prenant subitement conscience de l’assèchement progressif de leurs propres réserves en matières premières, dont dépendent cependant leurs industries stratégiques, Américains, Européens et Chinois notamment se tournent vers l’Afrique, laissée en friche. Une attitude renforcée chez eux par le fait qu’ils peuvent également s’en servir comme débouché, pour leurs produits finis. Sans oublier que le marché de l’emploi africain offre des opportunités d’absorption du trop-plein de chômeurs d’ailleurs.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















