
La Tunisie et ses leaders politiques seraient-ils en train de démentir le pessimisme des observateurs ? A plusieurs égards, la réponse à cette question est affirmative. En tout premier lieu, contrairement à certaines craintes, le scrutin de dimanche s’est déroulé sans incidents majeurs. Les électeurs se sont déplacés dans la discipline et accompli leur droit civique dans la quiétude. De même, le taux de participation qu’on annonçait des plus bas, se situerait finalement à environ 62 %.
Naturellement, comparé à celui qui avait caractérisé l’élection pour la constituante en 2011, ce taux parait faible. Mais il est évident qu’au regard de la désillusion et du désenchantement que certains croyaient déceler chez Tunisiens, il s’agit d’un taux plus que satisfaisant!
La surprise la plus agréable est venue des responsables d’Ennahda, le parti islamiste. En raison du bilan de son bref passage à la direction du pays, entre 2011 et 2013, sa défaite n’est pas une surprise. Par contre, qu’il se soit élevé au point de reconnaître sa propre défaite,et félicité son adversaire, très peu de personne avait envisagé un tel scénario. Ce n’est pas qu’on s’attendait non plus à ce qu’au lendemain de la défaite des islamistes, le pays bascule tout de suite dans le chaos; mais la réaction classique en pareil cas, ce serait que le vaincu conteste le résultat au motif qu’il a été triché. Dans d’autres pays africains, on serait déjà en train de parler de bourrage d’urnes, d’achat de conscience, d’urnes confisquées, de hold-up électoral, etc. Mais en Tunisie, bien que la vaincue soit marquée du sceau plutôt péjoratif de l’islamisme, on s’achemine vers une issue sereine de ce rendez-vous électoral.
Cette humilité devrait inspirer les vainqueurs. Ils sont certes à féliciter, mais ils doivent surtout retenir qu’en raison du mode de scrutin à la proportionnelle, ils sont obligés de travailler avec d’autres formations politiques. Ils ont le choix entre certains petits partis politiques et les islamistes d’Ennahda. S’ils sont libres de choisir, par contre ils doivent mettre de la sincérité dans la collaboration qu’ils sont obligés de nouer. Car, la Tunisie n’a plus le luxe de nouvelles crises politiques. Il est temps de tourner cette page pleine de ratures, pour s’attaquer aux vrais problèmes pour lesquels les Tunisiens avaient inauguré un certain printemps arabe.
Fodé Kalia KAMARA pour GuineeConakry.info
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