
Pierres contre les policiers et gaz lacrymogènes pour disperser les jeunes contestataires, le spectacle de la vie tunisienne est inquiétant. Le doute s’est installé, la rancœur avec, par la faute de cette révolution, en symphonie inachevée depuis 2010.
Malgré le Nobel du ‘’quartet’’, les problèmes de la société tunisienne demeurent : chômage, corruption et injustice, entre autres. Voilà pourquoi à Kasserine depuis 72 heures, la rue est envahie par des frustrés, des désespérés de la révolution, prêts au sacrifice suprême, à l’image de de Mohamed Bouazizi, ce petit débrouillard de Sidi Bouzid, dont l’immolation reste encore gravée dans nos mémoires, comme le point de départ du fameux ‘’printemps arabe’’.
Les jeunes de Kasserine refusent de ressembler aux ruines historiques romaines et byzantines qui les entourent, avec ces théâtres et autres catacombes. Ils veulent vivre pleinement leur présent, par une participation active à la chose publique, ‘’res publica’’. Ils manifestent et crient leur amertume patriotique car, « Le travail est un droit ! » ils doutent encore, si pour eux aussi le travail peut rimer avec liberté et dignité. Les autorités à leurs yeux, n’en font pas leur priorité.
Les causes qui ont engendré la première révolution tunisienne en 2011, n’ayant point été traitées avec sérieux et abnégation, la pauvreté et la précarité sont demeurées le lot quotidien de la majorité, en croissance exponentielle.
Le dernier exemple en date, cette électrocution par désespoir de ce jeune dont le nom aurait été retiré d’une liste officielle d’embauche, est révélateur du désespoir de toute une jeunesse. Celle qui avait cru en la révolution du jasmin, et qui se retrouve groggy, tout à fait ‘’laissé-pour-compte’’ !
Le couvre-feu instauré Kasserine ne pourra jamais couvrir les feux allumés sous les cendres sociales. Surtout que Kasserine est à un jet de pierre du mont Chaambi, le principal vivier jihadiste tunisien.
Maria de BABIA pour GCI
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