
Ce drame qui s’est joué sur l’avenue Mohamed V avec déflagration et incendie, alors que ce bus transportait une trentaine de militaires pour la relève, prouve a contrario que la Tunisie est bien loin d’avoir résolu la problématique sécuritaire. Plus grave, la facilité évidente avec laquelle les choses se sont passées insinue absolument que les arguties de mobilisation dont le pouvoir se gargarisait, sont aujourd’hui balayées par cette indéniable porosité des forces de l’ordre.
Le président Beji Caïd Essebsi qui a déclaré hier à la fois le couvre-feu et l’état d’urgence, a dû constater à son corps défendant que les affidés d’Al Qaeda ou Daesh peuvent, hélas, troubler, étouffer, voire déstabiliser la balbutiante démocratie tunisienne. « C’est la République qui est visée ». Pour y faire face, les incantations politiques ne suffiront pas, surtout dans un pays où les forces démocratiques s’entre-déchirent pour des parcelles d’égos inassouvis.
Décidément, les initiateurs du printemps arabe sont toujours dans l’œil du cyclone, avec ce déchainement permanent des djihadistes qui tiennent à leur donner des leçons d’idéologie meurtrière, pour tenter de les ramener à la raison islamiste. Le plus inquiétant c’est certainement l’infiltration de la garde présidentielle ou, en tout cas, d’une partie du système sécuritaire national; toute chose de nature à compromettre dangereusement les acquis de la révolution démocratique.
C’est pourquoi, qu’elles le disent ou le taisent, les autorités tunisiennes, doivent regretter d’avoir très tôt levé, l’état d’urgence après les attentats de Bardo. Le retour de cet état confirme que les premières leçons des imprudences commises, ont été tirées. Mais c’est tout juste une amorce…
Maria de BABIA pour GCI
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