
La petite Tunisie, avec seulement 163.610 km2 et quelques 12 millions d’habitants, est paradoxalement aujourd’hui le plus grand fournisseur de volontaires étrangers au sein de l'Organisation de l'Etat islamique.
L’attaque de ce 18 mars a fait, selon le dernier bilan des autorités, 20 morts parmi les touristes et de nombreux blessés par les visiteurs européens de ce célèbre musée, situé à proximité de l’Assemblée nationale. En frappant ainsi au cœur même du pouvoir tunisien, les terroristes démontrent qu’ils ont désormais, une espèce de ‘’cinquième colonne’’ capable de conduire des opérations les plus audacieuses contre ce pays qui inventa ‘’le printemps arabe’’ et qui peaufine sa démocratie avec une prudence raisonnée.
Cette attaque a un triple objectif à notre avis : tout d’abord, il s’agit d’effrayer et de faire fuir les touristes étrangers, pour saper les fondamentaux de l’économie tunisienne; ensuite, de dissuader les leaders démocrates sur leurs choix de liberté et de respect des droits humains ; enfin, de convaincre l’opinion internationale de la force de frappe de Daesh partout dans le monde.
Cette forfaiture terroriste est aussi la signature de fanatiques convaincus que la Tunisie doit rester un incandescent foyer du djihadisme. Pour cela, il fallait encore une fois donner un signe fort en direction des autorités. Voilà pourquoi ces menaces lancées par Okba Ibn Nafaa, invitant ses membres « à commettre des attaques dans le pays». C’est dire que l’on est peut-être au début d’une recrudescence annoncée de crimes odieux.
La seule sécurisation du Musée Bardo ne suffira donc pas. Il faudra une puissante solidarité nationale faite de vigilance et de prudence tous azimuts. Il faudra aussi, comme à l’image de la chaîne de solidarité de Charlie Hebdo, que le monde se lève pour montrer toute sa détermination contre « les agresseurs de la liberté et les tueurs de la démocratie.»
Maria de BABIA pour GCI
2015 – GuineeConakry.Info




















