TUERIES DU 28 SEPTEMBRE : Les questions autour du retour de Dadis

Après l’annonce de l’inculpation de huit dignitaires civils et armés en septembre dernier, dans le dossier du massacre du 28 septembre, une nouvelle série d’inculpations vient d’être effectuée par la justice guinéenne, concernant treize personnes dont des proches de l’ex-chef de la junte, comme le général Mathurin Bangoura, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, au moment des faits, et Mamoudou Condé, ministre-conseiller chargé des affaires stratégiques de la junte.

C’est incontestablement une avancée dans l’enquête ou du moins dans la procédure judiciaire pour établir le degré de responsabilité dans cette tragédie, qui a, oh combien, ému l’opinion nationale et internationale. C’est l’ampleur de l’ignominie et de la barbarie commises ce jour du 28 septembre 2009 dans le stade du même nom,  qui a poussé d’ailleurs la CPI à mettre la pression sur les autorités guinéennes, pour que l’enquête avance.

Cette nouvelle série d’inculpations  a de quoi inquiéter le désormais candidat  investi du FPDD (front patriotique pour la démocratie et le développement), d’autant plus que selon des ONG locales et internationales, la justice guinéenne souhaite désormais inculper Moussa Dadis Camara. Et comme ce dernier se dit prêt a répondre devant les juridictions nationales, pour dire sa ‘’part de verite’’, les choses pourraient aller plus vite…

En tout état de cause la justice guinéenne qu’on sait frileuse  sur ce dossier, semble avoir franchi un nouveau cap dans l’enquête en cours et a de quoi s’interroger les sceptiques. Cette avancée traduit-elle la volonté du pouvoir actuel de faire la lumière sur ce massacre qui, pourtant a eu lieu il y a six ans, ou c’est un calcul politicien visant à écarter l’ex-chef de la junte de la course à la présidentielle?

Dadis en tout cas, clame désormais haut et fort à qui veut l’entendre, qu’il reviendra prochainement en Guinée pour se présenter  à la présidentielle de 2015.

La justice guinéenne peut irrémédiablement dissoudre les velléités politiques du capitaine en l’inculpant, cela est une évidence. Mais dans ce cas de figure, osons espérer que les ficelles ne soient nullement  tirées du côté de Sekhoutouréya. Car si tel est le cas, cela aura du mal à passer du côté de ses inconditionnels  partisans.

Tout au plus, ceux-ci vont t-il se plier ou se conformer à la procédure judicaire, sans voire derrière une inculpation éventuelle, une volonté manifeste du pouvoir Condé d’annihiler tout processus d’entrer en politique de Dadis ? Beaucoup de questions restent en suspens.

Une chose reste cependant claire, le cas de Dadis est une équation à plusieurs inconnues et sa mise à mal par la justice ou par le pouvoir, par un éventuel refus de son retour au pays, pourrait mettre le régime actuel face à des difficultés majeures en perspective de la présidentielle prochaine.

 

 

 

 

 

Par ailleurs, de plus en plus de Guinéens aimeraient aussi que l'ex-compagnon et ami de Dadis, le général Sékouba Konaté, aussi soit entendu, en confrontation, pour que la vérité jaillisse.

Les victimes de toutes les façons ne demandent qu’une chose : que justice soit faite.

 

Pivi Bilivogui pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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