
Cette enquête s’inscrit dans le but d’amener, selon Mamadou Taran Diallo président de ladite association, les autorités à s’inscrire dans une logique de justification de l’utilisation des montants accordés à la Guinée dans le cadre de la lutte contre l’épidémie.
C’est pour éclairer l’opinion nationale et international sur la gestion de ces fonds que l’AGT a « estimé qu’il est temps de poser la question et de trouver la réponse auprès du gouvernement et des partenaires techniques et financiers sur les fonds de lutte contre l’épidémie d’Ébola : quels montants mobilisés et comment ils ont été utilisés ? »
Selon Monsieur Taran cet éclairage est important au moment où le gouvernement guinéen s’attèle à parvenir à l’objectif zéro Ébola et à lancer le programme post Ébola, puisqu’il va démontrer la gestion faite des fonds que notre État a mis en place où qu’il a mobilisés auprès de la communauté internationale et des partenaires techniques et financiers.
La collecte de données
C’est dans ce cadre que l’AGT a donc entrepris de mener une enquête en recueillant des informations sur les estimations des fonds mobilisés, mais n’ayant aucune information sur leur utilisation. S’inscrivant dans une démarche de transparence l’AGT a comptabilisé dans un tableau ces estimations de montants mobilisés par les donateurs en faveur de la Guinée.
Ces montants concernent ceux décaissés par le gouvernement guinéen, les fonds reçus par les partenaires nationaux et internationaux, les principaux bailleurs de fonds, notamment la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International, la Banque Africaine de Développement, les principaux prestataires et agences d’exécutions.
Les estimations des fonds compilés dans ce rapport font état de :
1.285.714 dollars américains alloués par le gouvernement guinéen,
263 440 dollars américains au compte du secteur privé
271 709 910 dollars et 10 003 800 Euros dans le volet fonds reçus des partenaires nationaux et internationaux
Pour le volet des fonds débloqués par les bailleurs de fonds : 153.000.000 dollars us (Banque mondiale), 80 000 000 dollars (FMI), 21 709 821 dollar (BAD),
Dans le cadre des fonds débloqués au compte des principaux prestataires et agences d’exécutions : 40.582.807 dollar us, 3 800 euros, 412.011 dollars us (coordination nationale) Commission interministérielle : 150.000 dollars us et 1.142.857
28.100.000 dollars us (UNICEF) ; 20.880 000 dollars us (OMS), 18.680 000 dollars us (UNOPS), 9.520.000 dollars us (PAM) ,5.000.000 dollars us (FAO).
Au total 271.689.910 dollars américains ont été débloqués selon le rapport
La portée de l’enquête
Dans la déclaration, il est également précisé que les données ayant servi à l’élaboration de ce rapport ne sont pas forcément parfaites, mais visent un but indicatif et incitatif, afin selon l’AGT de permettre la recherche de la réalité. Au nom des impératifs de transparence de traçabilité et de recevabilité, l’AGT demande également dans la même lancée:
1-Au gouvernement
à faire réaliser et diffuser, diligemment un audit indépendant pour établir clairement la situation des fonds de lutte contre Ébola en répertoriant la totalité des fonds reçus et par source de donateurs, spécifiant les dons, prêts concessionnels, annulations de dettes, intentions et réalisations; établissant l’état de l’utilisation des fonds reçus par prestataire ou agence d’exécution national ou international, utilisant judicieusement ces fonds pour dynamiser le système de santé afin qu’il améliore ses services pour les maladies courantes et qu’il soit apte à faire face à des urgences comme l’épidémie Ébola.
2-Les partenaires techniques et financiers à :
Poursuivre leur précieux soutien à la guinée au Liberia et à la sierra Léone, intensifier leurs efforts pour l’éradication d’Ébola par la production de vaccins, entre autres
3-Les acteurs de la société civile à :
Contribuer à la sensibilisation de la population sur le danger du virus Ébola et l’obligation d’obéir aux consignes et directives des services de santé, demander au gouvernement la réalisation de l’audit indépendant des fonds contre Ébola et sa large publication
Quant aux sources des données ayant servi pour l’élaboration de ce rapport, Monsieur Taran a préféré garder le secret de ses sources. La publication de ce rapport intervient à un moment où la question des audits devient de plus en plus insistante quant à la gestion des fonds consacrés à la lutte contre l’épidémie d’Ébola.
Mamadou Aliou Diallo pour GCI
2015 – GuineeConakry.Info




















