
Des reproches sont faits à l'UA
En dépit de la bonne volonté dont il a fait montre au lendemain de son auto-désignation comme responsable de la Transition burkinabé, il arrive au lieutenant-colonel Zida de manifester un certain agacement vis-à-vis de la pression à laquelle, lui et ses camarades, demeurent soumis depuis le départ de Blaise Compaoré. C’est ainsi qu’il s’en prenait récemment à l’Union Africaine. Particulièrement ferme et tranchante dans son approche, cette dernière, on se rappelle, avait fixé un ultimatum de deux semaines pour le transfert du pouvoir à un président civil. Une attitude que colonel Isaac Zida trouvait quelque peu opportuniste, dans la mesure où, à l’en croire, l’instance panafricaine et à travers elle, toute la communauté internationale, ne sont pas étrangères au pourrissement de la situation sociopolitique du Burkina Faso. Sur le fond, son jugement n’est pas totalement dénué de sens. Mais il est surtout le fruit d’un sentiment de nervosité qui monte au sein de l’armée burkinabé.
Les militaires veulent leur part du pouvoir
Dans la même veine, les militaires se seraient abstenus de se joindre à la commission ad hoc chargée de l’élaboration de la charte de la Transition. Ils auraient souhaité se retrouver en interne pour discuter des conditions qu’ils pourraient soumettre, en contrepartie du "sacrifice" qu’ils consentent en se délestant du pouvoir. Dans les rangs de la société civile et des milieux politiques, on a également conscience que pour amener l’armée à honorer ses engagements, il y a un prix à payer. Ayant été très étroitement associée à la gestion du pays depuis son indépendance, une partie de la grande muette redoute d’en être écartée. Elle ne veut surtout pas perdre les privilèges dont elle jouissait. C’est ainsi que, selon des indiscrétions, 20 des 90 postes prévus au compte de l’organe législatif de la transition, reviendraient au colonel Zida et ses camarades d’armes. Quelques postes ministériels régaliens leur seraient également dévolus.
Du côté de la communauté internationale, on fait également dans la prudence. Certes, on ne relâche pas totalement la pression, mais on veille à ce qu’elle ne produise pas l’effet contraire à celui attendu. C’est cette démarche de prudence qui a amené la CEDEAO à demander à la communauté internationale de ne pas sanctionner le Burkina Faso, en raison, dit l’organisation ouest-africaine, « des progrès en cours ».
Décidément, le ménagement de l’armée s’impose comme une nécessité !
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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