TRACTATIONS AU BURKINA : Vers le dernier virage

A chaque jour son lot de nouvelles au Burkina Faso. Les yeux et oreilles y sont rivés sur les très laborieuses négociations pour le transfert du pouvoir aux civils. Après la proposition des forces vives du lundi et la contre-proposition de l’armée du mardi, la journée d’hier mercredi a été consacrée à la synthèse de ces deux propositions. Alors qu’ils avaient manifesté une certaine boulimie, les militaires sont revenus à de meilleurs sentiments. La société civile et les partis politiques admettant qu’il ne faut pas encombrer le processus de transition de trop d’organes, l’armée, pour sa part, consent à revoir ses prétentions à la baisse.

Bien qu’il faille attendre l’avis ultime de la hiérarchie militaire pour crier victoire, il convient tout de même de souligner qu’il y a d’ores et déjà un motif d’espoir. Que les délégués des différentes parties aient réussi à s’entendre sur les points essentiels, est quelque chose d’encourageant. Surtout que la veille, la contre-proposition de l’armée avait été perçue comme un facteur pouvant gripper la machine des négociations.

Finalement, comme s’ils avaient été particulièrement attentifs à des conseils qui leur ont été prodigués, les militaires se montrent plus raisonnables. Tout d’abord, ils acceptent que le Conseil national de Transition - devant jouer le rôle de l’Assemblée nationale - dont ils réclamaient la direction, soit géré par une personnalité civile.

Pour ce qui est de sa composition, entre les chiffres 90 et 60 que proposaient respectivement les forces vives, le consensus s’est dégagé en faveur de 75. En ce qui concerne la représentativité des différentes parties, l’armée concède à la société civile et aux partis politiques anciennement opposés à Blaise Compaoré, la plus grande part du ‘’gâteau’’. Chacun de ces deux groupes d’acteurs sera représenté par 25 membres. L’armée vient en seconde position, avec 15 représentants. Comme le souhaitaient la société civile et les ex-partis politiques d’opposition, l’ancienne majorité présidentielle ferme la marche avec seulement 10 représentants.

Pour leur part, les acteurs politiques et sociaux ont compris la nécessité de renoncer à la Commission de réconciliation nationale et des réformes (CRNR) et au Conseil national de défense et de sécurité (CNDS).

Vu que la hiérarchie militaire ne risque pas de modifier fondamentalement cette charpente, on semble parti pour la fin de ces laborieuses tractations. Le document pourrait même être validé dans la soirée de ce jeudi. Aussitôt, la machine se mettra en branle. Cela pourrait commencer par la réhabilitation de la constitution par le lieutenant-colonel Isaac Zida. Ensuite, on devrait rapidement désigner le président ou la présidente de la Transition. Puis, la passation du pouvoir devrait s’organiser dans la foulée. Ce qui, formellement, consacrera le début de la Transition.

Si aucun autre obstacle ne vient remettre en cause la dynamique telle qu’elle se dessine, on devrait être sorti de tout cela d’ici à la fin de la semaine prochaine.  Inch Allah !

Boubacar Sanso BARRY pour GCI

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