TPI DE DIXINN: vacarme généralisé au procès de Gaoual

Comme annoncé lors de l'ouverture et du renvoi du procès, il y a quelques jours, le procès opposant Malick Sankhon, Bantama Sow, Hady Barry au député Ousmane Gaoual Diallo a repris ce mercredi 10 août, au tribunal de première instance de Dixinn. Les débats entre la partie civile, la défense, et le ministère public a débuté par la plaidoirie de la défense, dont la ligne a consisté à réfuter la normalité de la procédure.

Les avocats de la défense en l'occurrence Maître Paul Yomba Kourouma, Salif Béavogui, Aboubacar Sylla et Alsény Aissata se sont tour à tour évertués à démontrer que la procédure de flagrance déclenchée à l'encontre de leur client, n'est pas en accord avec le principe de flagrance ou de délit flagrant, comme défini par la loi. Ils ont ensuite expliqué que, comme la flagrance ne peut être évoquée dans le cas d'espèce, « Leur client est par conséquent, protégé par l'immunité parlementaire.»

Ensuite la partie civile a réfuté les invocations par la défense de la protection de l'immunité parlementaire. Ils ont pour cela invoqué notamment l'article 50 du code de procédure pénale, à son alinéa 3 qui condamne de facto les faits reprochés au prévenu Ousmane Gaoual Diallo. Ils ont tour à tour réfuté les allégations de la défense.

La défense a, à son tour demandé au président de la cour de répliquer. Ce qui leur a été accordé. Ils ont soutenu et appuyé leur argumentaire de vices de forme, en réfutant les allégations de fourvoie de la défense. Qui selon elle a, en demandant un renvoi du procès, de facto accepté. L'aspect de forme de la procédure et ne doit en conséquence pas appuyer sa défense sur le vice de procédure.

Ensuite le député Gaoual a été appelé à la barre, pour répondre aux questions de la partie civile, du ministère public et du président de la cour. Durant une bonne heure, le prévenu a, en accord avec ses avocats, rejeté les accusations, en estimant entre autres qu'il n'y a pas d'offense au chef de l'État, puisque ce dernier n'était pas, selon lui, dans sa qualité de président de la république mais de chef de parti politique.

Par rapport aux charges concernant les plaignants du Rpg, il a réitéré et insisté que son discours était employé au conditionnel et n'avait qu'un seul but, d'interpeller les acteurs politiques face à leurs responsabilités vis à vis du débat politique et du respect de la loi, notamment celui de manifester, sans avoir à faire à des contre-manifestants. Le député Gaoual a expliqué que son discours n'appelle nulle part "à la guerre civile, au carnage et au génocide". Et que ce dernier visait à interpeller sur le risque imprévisible que la contre-manifestation aurait eu sur la paix sociale.

Pour la troisième fois, l'audience a été suspendue, pour reprendre cette fois une dizaine de minutes après. À la reprise, ce fut au tour de la défense de poser des questions à leur client allant dans le sens de liquider les accusations d'outrage au chef de l'État, de menaces de mort à l'encontre des plaignants.

Puis, les plaignants à la barre. Lansana Komara d'abord  du Rpg, qui s'est constitué partie civile dans la défense du parti Rpg Arc-en-ciel dont le plaignant estime que l'intégrité a été atteinte. Il n'en fallait pas plus pour provoquer l'ire de la défense et du ministère public qui estiment que dans le cas d'espèce, ce sont des personnes physiques qui sont concernées, et non morale. Il y a eu ensuite un houleux débat autour de cette question. Le président de la cour a finalement pris en compte la réserve de la défense, d'autant plus que le plaignant a reconnu devant la barre qu'il répondait au compte de trois plaignants du Rpg !

Après cet épisode, c'est Bantama Sow qui a été appelé à la barre pour s'expliquer. À peine a-t-il entamé son témoignage sur les raisons qui l'ont poussé à porter plainte, qu’il va provoquer un vacarme dans la salle d'audience. Certains parmi l'assistance, heurtés par son témoignage vont pousser des cris de protestation, Bantama Sow s'etant exprimé en langue pular pour étayer un témoignage sur une menace dont il aurait été victime.

Cela va pousser le président de la cour à suspendre le procès, qui est renvoyé pour demain jeudi 11 Août.

Mamadou Aliou DIALLO pour GCI 

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