TOGO : L'inquiétante impasse

Des lendemains qui déchantent pour Jean-Pierre Fabre et son CAP 2015. Conséquence, les 34,95 % des suffrages dont ils sont crédités, ont été systématiquement rejetés du revers de la main par le célèbre opposant togolais, ses militants et sympathisants. Ils dénoncent avec véhémence des procès-verbaux « qui n'ont rien à voir avec ceux compilés à partir des procès-verbaux collectés auprès de leurs représentants dans les bureaux de vote.» Le scrutin qui s’était déroulé dans une relative indifférence, prend soudain l’ascenseur des contestations politiques des lendemains de vote en Afrique.

La présidentielle togolaise de 2015 pourtant, après avoir traversé les zones de turbulences, avait retrouvé une certaine assurance démocratique qui faisait déjà l’admiration de tous. L’ancrage dans les valeurs de paix et d’unité, paraissait avoir été réalisé dans le dur processus électoral que le pays connait. Les esprits s’étant relativement apaisés, chacun rêvait donc d’une présidentielle sereine. Mais la longue attente qui a suivi le scrutin, a commencé à émousser les espoirs nés des comportements civiques de la majorité des Togolais.

Les « fuites » de résultats et les proclamations précoces de victoires des deux camps partisans, ont fini par faire douter de la maturité politique affichée de l’élite togolaise. Alors les dénonciations de fraudes planifiées, de bourrages scientifiques des urnes, ont empoisonné le climat social et aggravé les tensions qui couvaient sous les cendres fumantes des frustrations, et les rumeurs ont envahi les rues et chaines d’information nationales et internationales.

Alertés, les présidents Mahama Dramani du Ghana et Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire ont foncé en médiateurs sur Lomé, la capitale togolaise. Le président de la CENI, révèlera au lendemain de la proclamation des résultats provisoires et de leur visite, que les deux chefs d’Etat lui avaient demandé d’accélérer le processus de compilation pour publier ce qui était prêt, pour ne point prolonger les attentes et les accusations de fraude.

Pourtant, les résultats proclamés le soir du 28 avril 2015 sont considérés par Jean Pierre Fabre et son état-major comme un ‘'coup de force électoral'' inacceptable, et c’est pourquoi il pense que c’est un « devoir sacré, un devoir constitutionnel », pour ce faire il faut se battre et se « mobiliser résolument et massivement pour faire échec à ce crime contre la souveraineté nationale.»

Pendant ce temps, le camp présidentiel de Faure Gnassingbé avec ses 58,75% des voix, tape du poing sur la table par la voix du ministre de l’administration M. Gilbert Bawara qui exige de Fabre et ses supporters d’apporter les preuves matérielles de leurs accusations relatives aux différents PV. «  Il doit être possible pour monsieur Jean-Pierre Fabre de recueillir les procès-verbaux des trois autres candidats de l’opposition, de les confronter, de les comparer et de présenter aussi bien à l’opinion nationale et internationale, mais de préférence à la Cour constitutionnelle, les éléments tangibles qu’il possède et qui démontreraient que les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle ne sont pas les vrais résultats et que lui, il les a. ».     

Nous en sommes là. Un scénario politique que le Togo a déjà vécu dans le drame, par le passé. Il est souhaitable que les camps qui sont de nouveau prêts à en découdre comprennent avec lucidité que leur pays ne veut plus connaitre les centaines de morts de la dernière présidentielle. Pour cela, la sagacité des uns et des autres est appelée au secours pour sortir de cette inquiétante impasse.

Maria de BABIA pour GCI

2015-GuineeConakry.Info 

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