TITI CAMARA: « Mon combat consiste à faire confiance aux Guinéens »

A l'occasion des éliminatoires de la Can 2012, nos confrères du journal L'indépendant ont rencontré le PDG Aboubacar Titi Camara, ancien sociétaire du Syli. Il revient dans cette interview sur ses rapports amicaux avec l'ancien et nouveau coach du Syli National de Guinée Michel Dussuyer, les éliminatoires de la Can 2012. Titi s'exprime aussi sur les maux dont souffre le football guinéen. Extraits...

L'Indépendant: Monsieur Camara bonjour, en tant qu'ancien sociétaire du Syli national, Michel Dussuyer comme sélectionneur?

Aboubacar Titi Camara: C'est un entraineur que j'ai connu en tant que joueur, je crois que pour lui c'est une bonne chose. C'est dommage pour les entraineurs locaux, par ce que moi mon combat, c'est de faire confiance aux Guinéens, aux Africains. Je pense qu'il va falloir un jour qu'on pense à nos fils qui sont aptes à accomplir cette mission, jusqu'à présent certains responsables et décideurs n'ont pas compris! Par ce que, quand on voit en Amérique du Sud. C'est des Sud américains qui dirigent les équipes nationales, en Europe aussi, c'est rien qu'en Afrique qu'on fait appel à des expatriés. Je ne doute pas de leurs compétences, mais quand on voit le football aujourd'hui, vrai on a les joueurs talentueux, qui sont dans les championnats les plus élevés dans le monde, surtout en Europe. Sur le plan collectif, on a ce problème aujourd'hui, que les équipes nationales africaines n'arrivent pas à faire la différence dans les grands rendez-vous que ce soit à la coupe du monde. Et en Afrique on a vu l'Egypte qui ne s'est pas qualifiée en coupe du monde 2010 mais qui a toujours fait confiance à un Egyptien, ce qui les a amenés à ce titre de plusieurs fois champion d'Afrique.

LI: Gardez-vous un bon souvenir de cet ancien / nouveau coach?

ATC: Oui, oui! (rire) toujours de bon rapports avec lui sauf une fois, il m'a fait sortir au cours d'un match au stade du 28 septembre, mais après tout est rentré dans l'ordre, je pense que c'est un entraineur, j'ai beaucoup de confiance envers lui. Il n'y a pas de barrière entre lui et les joueurs. Moi je pense qu'on avait des rapports amicaux, courtois aussi entre entraineur et joueurs. Maintenant comme je ne suis plus joueur, la dernière fois on s'est croisé dans le hall de l'hôpital de Novotel. Et je l'ai encouragé, je l'ai félicité d'avoir choisi la Guinée encore. Moi je pense qu'il va apporter un plus pour le football guinéen.

LI: Au cas où il vous ferait appel vous désirez être à ses côtés?

ATC: Non! Non! Je ne serais jamais l'adjoint, de ...ce n'est pas une question de racisme ou que je n'aime pas les expatriés. Mais moi je pense qu'aujourd'hui, bon (rire) c'est des expériences que j'ai connues pendant quatre mois! Je pense que j'ai beaucoup appris entant que sélectionneur de l'équipe nationale. Mais être second non!

LI : S'agissant des éliminatoires de 2010, les chances du Syli sont elles minces à voir les différents protagonistes dans son groupe?

ATC: Vous savez, c'est une nouvelle compétition qui démarre pour l'équipe nationale de Guinée. Après la débâcle pour la qualification de l'Angola 2010, je dirai qu'on est tous responsables de cette défaite de non qualification de l'équipe de Guinée. Si aujourd'hui c'est une nouvelle équipe que Michel Dussuyer et ses encadreurs ont essayé de mettre en place et l'équipe, ça sera leur deuxième sortie après leur match amical contre le Mali. Certes, il y a eu victoire c'est encourageant avant d'aborder une compétition internationale. Moi, je dirai aujourd'hui, nous sommes dans un groupe où il y a le Nigeria, je dirais qu'il sera le favoris de ce groupe. Et après il ya la Guinée, le Madagascar, l'Ethiopie. Tout le monde sait, jouer en Ethiopie c'est très difficile. Je sais que les responsables, ont pris des précautions en allant une semaines avant. Mais j'ai évolué deux fois dans ce pays, je pense que la mission de l'équipe nationale devient très difficile. Il faut qu'elle fasse un bon résultat avant le deuxième match qui va se jouer au 28 septembre contre le Nigéria.

LI: Par rapport à nos équipes nationales de football, même féminines, quels conseils utiles avez-vous pour permettre à nos équipes d'aller de l'avant?

ATC: Il n'y a pas de conseil! Vois savez, il n'y a pas de miracle, mais nous les Guinéens nous pensons que le football c'est le hasard. On a vu quand l'équipe nationale a été éliminée pour l'Angola 2010, on a vu un ministre qui a eu la prétention de dissoudre cette équipe nationale en faisant croire au peuple de Guinée qu'il pourrait mettre une équipe locale digne de représenter la Guinée dans les compétitions africaines. Tout le monde sait la débâcle qu'on a eue avec la Coupe d'Afrique Chan où l'équipe nationale a été éliminée. Sans compter l'équipe nationale féminine qui a la volonté, mais qui n'arrive pas à rivaliser à d'autres équipes. Les juniors aussi ont été éliminés par le Nigéria. Aujourd'hui, on manque d'encadreurs, de relèves, de structures, de compétences aussi.(...)


Propos recueillis par Richard Tamoné in
L'Indépendant N°900 du 16 septembre 2010

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