
J’invite tous mes compatriotes à méditer ces mots écrits par le pasteur Martin Niemöller, derrière les murs du camp de concentration de Dachau, le précurseur de notre Boiro à nous :
« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste
Quand ils sont venus chercher les Catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Catholique
Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. »
La machine à tuer mise en place par Sékou Touré et perpétuée sans vergogne par ses successeurs (qui, tous, à un degré près, ont la même arrogance, le même manque d’imagination et la même haine contre le genre humain) est toujours en marche.
En 54 ans d’Indépendance, ils sont venus chercher tour à tour, Camara Bangaly, et Petit Touré, Emile Condé et Diallo Telli ; Magassouba Moriba et Barry III, les jeunes fusillés de 2007 et les femmes violées au Stade du 28 Septembre. Personne n’a protesté. Aujourd’hui, c’est le tour de Bano Sow. Personne ne proteste.
Jusqu’à quand ?
Jusqu’à ce que les Guinéens comprennent que la dictature est l’ennemie de tous, et qu’à ce compte, aucun d’entre nous ne survivra. Que chaque Guinéen est une part essentielle de la Nation, et que toucher à la liberté d’un seul, revient à enchaîner la Guinée tout entière.
Tierno Monénembo, Ecrivain guinéen, Prix Renaudot 2008




















