
Le monde serait-il impuissant face au terrorisme ? Personne ne voudra répondre à cette question par l’affirmative. Cependant, les faits qu’il est donné de vivre ces derniers temps laissent croire que les institutions en charge du maintien de l’ordre et de la sécurité sont quelque peu déboussolées, voire débordées par les promoteurs de la violence et de la terreur.
En intervenant contre l’Etat islamique en Irak et en Syrie, les membres de la coalition internationale menée par les Etats-Unis entendaient tuer le mal à la racine. Quelques mois après, on est bien obligé d’admettre que le terrorisme n’est pas toujours là où on l’imagine. Avec la fusillade meurtrière contre nos confrères de Charlie Hebdo ainsi que celle d’hier matin, à Montrouge, on réalise que les terroristes peuvent, en particulier, s’en prendre à ceux qui paraissent plus armés pour leur résister : les policiers !
Au-delà, comme s’ils savaient que le monde est plus vulnérable qu’il ne l’a jamais été, les islamistes semblent avoir choisi de sévir au même moment, pour donner davantage d’éclat à leurs sordides besognes. C’est ainsi qu’à des milliers de kilomètres de l’indignation et de la colère parisienne, Boko Haram, lui aussi, fait parler de lui. Cette fois-ci, ce n’est ni une prise d’otages, ni une attaque meurtrière. La secte nigériane choisit ce moment précis pour sortir une autre de ses sanglantes stratégies.
Devant l’impuissance effarante de l’armée nigériane, les hommes d’Abubakar Shekau viennent de raser 16 localités relevant de l’Etat de Borno, dans le nord du pays. Cédant à son goût de l’horreur, la secte s’en est prise à ces localités dont elle a incendié les habitations et systématiquement exécuté les populations. Du moins, celles qui n’ont pas pu fuir. Dans ces zones situées dans les environs du lac Tchad, l’Etat nigérian étant chassé, on n’est même pas en mesure de dénombrer les victimes. Mais les témoins qui se sont confiés aux médias, évoquent un bilan d’autant plus élevé qu’il est décuplé par ceux qui, parmi les nombreux déplacés, meurent de famine et de maladie, sans aucune assistance médicale.
En Libye aussi, un groupe terroriste ayant prêté allégeance à l’EI met cette horrible occasion à profit pour se faire un coup de pub ou de bluff. Basé à Derna, dans l’est du pays, ledit groupe a en effet annoncé avoir exécuté les journalistes tunisiens, Sofiène Chourabi et Nadhir Ktari, qu’il détenait depuis septembre dernier. Si cette annonce venait à se confirmer, elle accréditerait davantage l’idée du mauvais départ de cette année 2015 pour la presse mondiale.
Les médias ne sont, cependant, pas les seules victimes. Il y a même des victimes moins évidentes mais tout aussi réelles. C’est le cas de Moussa Mara qui vient de démissionner de la primature malienne. Alors qu’il incarnait tous les espoirs, au lendemain du départ d’Oumar Tatam Ly, il est, à son tour, en partie victime de l’impossibilité de restaurer la quiétude dans le septentrion malien.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
2015 GuineeConakry.info




















