
Mobilisation à Paris, résignation à Maiduguri ! C’est le triste déséquilibre que la communauté internationale nous sert depuis une semaine. Naturellement, il n’est pas question de blâmer les autorités françaises au sujet des démarches qu’elles mènent pour retrouver les commanditaires et les complices de ceux qui ont perpétré les attentats parisiens. De même, on les comprend dans leur volonté de faire en sorte qu’un tel drame ne se produise plus en France. Admirable mobilisation universelle donc à Paris et regrettable incapacité à Maiduguri !
Il importe cependant de ne pas perdre de vue le drame plus préoccupant que les populations du nord-Nigéria vivent au quotidien. Particulièrement déterminée ces derniers temps, la secte Boko Haram multiplie à un rythme effréné les sanglantes attaques. On rappelle notamment l’attaque du 3 janvier contre la localité de Baga, dans les environs du lac Tchad. Même si aucun bilan n’est disponible, des sources estiment que cette attaque, parmi les plus meurtrières, avait fait plusieurs centaines voire des milliers de morts.
Les hommes d’Abubakar Shekau avaient également incendié plusieurs villages, le 7 janvier dernier. Ils en avaient chassé les habitants contraints, à leurs risques et périls, de trouver refuge dans la brousse. Se sentant de plus en plus fort, Boko Haram a essayé par la suite de s’emparer d’une base militaire située dans la localité de Kolofata, à l’extrême nord du Cameroun. Mais si comme d’habitude, la réaction des autorités militaires camerounaises a été sans pitié. En désespoir de cause, il s’est tourné, hier mercredi, vers Biu, dans l’Etat de Borno, dont il a également voulu prendre le contrôle. Mais, là aussi, les forces nigérianes disent avoir réussi à repousser les assaillants. Même si ces déclarations triomphalistes méritent d’être prises avec des pincettes, il en ressort tout de même que Boko Haram demeure plus qu’inquiétant.
Alors que la secte contrôle déjà une bonne partie du septentrion nigérian, on assiste à une de réaction fataliste de la part des autorités nigérianes, mais aussi du monde. On fait comme si le problème Boko Haram était sans solution. Se détournant de la question, le président sortant Goodluck Jonathan est déjà en campagne pour sa réélection. Cette attitude est d’autant plus inacceptable que les citoyens se trouvant dans les zones sous-contrôle du groupe terroriste ne pourront même pas voter.
Le déni par la communauté internationale de la réalité que vivent le Nigéria et ses voisins est tout aussi incompréhensible. Cette attitude passive pourrait faire des combattants d’Abubakar Shekau une menace planétaire.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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