
Etant vice-président dans son pays et, par conséquent bénéficiant de l’immunité due à son rang et à ses fonctions, le fils de son père avait des raisons de se croire inaccessible aux poursuites de la justice française. Il est vrai que les choses ont relativement trainé depuis que les ONG ont déposé les premières plaintes. Mais à force d’abnégation, les magistrats entretiennent l’espoir.
Quoi que symbolique ! Cette inculpation est de nature à troubler le sommeil de Téodorin. Surtout que bien avant, les juges avaient, au cours de la phase de l’enquête, mis la main sur des biens supposés appartenir au vice-président de la Guinée Equatoriale. En juillet 2012, la justice française avait saisi un hôtel particulier de 6 étages, situé avenue Foch, dans le luxueux 16ème arrondissement de la capitale française. La valeur dudit établissement avait alors été estimée à entre 100 et 150 millions d’euros. Outre la boite de nuit et le salon de coiffure qu’il abritait, le bâtiment contenait également d’autres biens de grande valeur, également saisis par les juges à la faveur d’une perquisition conduite en février 2012. C’est dire que les éléments de preuve sont réunis.
Mais cela suffira-t-il pour que Teodorin Obiang soit contraint à rendre compte ? Ce n’est pas évident. Les juges ont certes fait montre de persévérance. Mais il faut plus. On ne peut en effet compter sur la collaboration libre et entière de l’intéressé. Or, au regard de son statut dans son pays, il est quelque peu ‘’inaccessible’’.
L’idéal aurait été que les dirigeants du continent, cessant de s’abriter derrière leurs nationalismes béats, obligent les autorités équato-guinéennes à remettre Teodorin à la justice. On peut, bien entendu, ne pas le juger en France. Mais il doit moralement répondre pour avoir une chance de se défendre, même si c’est dans son pays.
C’est là un vœu pieux. Vu que la quasi-totalité des chefs agissent comme pourraient l’avoir fait Dénis Sassou Nguesso, feu Omar Bongo ou Téodor Obian Nguema, les dirigeants africains ne permettront pas un précédent aussi fâcheux pour eux. Du coup, il ne reste que la solution par le peuple. Un peuple qui doit trouver plus que paradoxal qu’il vive dans les conditions misérables qui sont les siennes, alors que se dirigeants se prélassent dans un luxe insolent. Le véritable salut ne viendra donc que de la prise de conscience des Africains face à l’exploitation éhontée dont ils sont la cible de la part de leurs gouvernants.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















