TENUES SCOLAIRES: Les familles face à la spéculation

L'ouverture des clases en Guinée pour l’année scolaire 2011-2012, est prévue au mois d’octobre prochain. Pour cette année, une réforme a été engagée qui fait suite à une décision prise par le ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’éducation civique, Dr Ibrahima Kourouma. Celle d’uniformiser les tenues scolaires au niveau de tous les établissements scolaires, publics comme privés, et à tous les niveaux d’enseignement, notamment: primaire, secondaire et lycée, qui relèvent de son département. Une décision certes "louable", mais qui ouvre grandement la porte à la spéculation sur le marché. Notamment, de la part des commerçants qui n’ont pas eu cette possibilité pendant le mois de ramadan dernier. Le prix du mètre des tenues recommandées, varie de nos jours entre 30.000 et 35.000 fgn pour la tenue kaki, et entre 20.000 à 25.000 fgn pour la tenue carrelée sur les différents marchés de la capitale... 17:45 23-9-2011

Une situation critique qui vient ainsi s’ajouter aux nombreuses difficultés économiques que rencontrent les responsables de foyers, à la veille de cette ouverture des classes. Les impressions des uns et des autres recueillies lors d’un micro-trottoir, mettent en exergue ce problème social. 

M. Jacques Millimono, administrateur civil : « Je ne suis pas contre cette décision du ministre. Mais j’aurais préféré que cela soit accompagné de mesures d’allègement. Comme entrepris par le gouvernement pendant le mois de ramadan. Puisqu’il était évident qu’avec cette décision du ministre, il fallait s’attendre inéluctablement à cette montée en flèche des prix sur le marché. Mais comme ce facteur n’a pas été pris en compte les autorités, se sont les pauvres populations qui en payent les conséquences. Sans compter que le pouvoir d’achat du guinéen est quasiment en deçà de son train de vie… » 

Mme Diallo Fatoumata Camara, ménagère : « Le gouvernement devrait nous aider. Les commerçants ont spéculé sur tous les articles en cette approche de rentrée. C’est vraiment difficile pour nous les chefs de famille. Nous avons trop de charges. Le prix des tenues est doublement monté cette année. Chacun fixe son prix comme bon lui semble, c’est vraiment dommage. Imaginez un peu, la somme que mon mari m’a remise pour acheter les fournitures scolaires et les tenues des enfants, n’a pas été suffisante. Je me demande d’ailleurs où l’on va ? » 

M. Mamadou  Saliou Barry, commerçant : « Cette cherté des prix des tenues est due à la montée des devises. C’est une chaine. Nous prenons à un prix cher au niveau des grands commerçants, qui à leur tour, accusent aussi la montée de la devise. Ce n’est pas notre vœu de faire souffrir la population, surtout nous, les commerçants détaillants… » 

M. Soryba Sylla, Entrepreneur : « J’avoue que pour cette année, l’ouverture des classes s’annonce très critique pour les foyers. Toutes les fournitures des écoliers ont grimpé. D’habitude, ce sont les cahiers, sacs et autres qu’on payait cher et non les tenues. Mais avec cette décision du ministre, les commerçants ont aussi monté les prix des tenues qui ont été recommandées par le ministre. Sinon l’année dernière, le mètre du kaki se discutait entre 9500 et 10000 fgn, et entre 4000 à 5000 fgn pour la tenue à  carreaux. Et avec cette décision, la demande dépasse l'offre, alors automatiquement, le prix grimpe. C’est cette situation critique que les Guinéens vivent à l’approche de l’ouverture des classes. »

Propos recueillis par Lamine Camara pour GuineeConakry.info

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