TABANKORT : Symbole d'une crise qui n'en finit pas de finir !

Au Mali, la crise sécuritaire joue les prolongations. De toute évidence, certains protagonistes maliens en ont marre des négociations qui s'éternisent à Alger ! Ainsi, alors que ces négociations peinent justement à reprendre, les hostilités se multiplient sur le terrain. Et l'incarnation de cette nouvelle situation, c'est bien Tabankort.

Cette localité, située à 200 km au nord de Gao, est en effet au centre d'une nouvelle dispute entre groupes pro-gouvernement et rebelles touarègues. L'enjeu étant la définition d'un nouveau de rapport de forces, les différents camps de ne se font aucun cadeau.

Se trouvant progressivement impliquée dans un conflit dont la mission est de faire taire les armes, la Mission des Nations unies s'était précipitée de refermer le dossier relatif à la création de la zone démilitarisée à Tabankort. Mais ce recul précipité n'aura pas suffi. Après la manifestation populaire qui, le mardi, s'était soldée par trois morts et de nombreux blessé à Gao, la localité de Tabankort a, elle-même, été le théâtre d'un nouvel affrontement entre Gatia, un groupe armé favorable à Bamako, et un contingent du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA).

 

C'était dans la nuit de mardi à mercredi. On déplore 9 morts. Comme cela se ressentait déjà à travers les manifestations de la veille, ce nouvel accrochage traduit un nouvel état d'esprit dans le camp favorable à Bamako. Petit à petit, les autorités maliennes et les groupes qui les soutiennent semblent prendre conscience de la nécessité de faire bouger les lignes en utilisant une autre stratégie que celle du dialogue.

 

C'est comme si avec le temps, IBK été les siens ont fini par réaliser qu'il y a quelque chose d'humiliant pour un gouvernement légitime de négocier avec des groupes rebelles. Ou de ‘’quémander’’ la paix à ceux qui divisent le pays. Surtout si ces derniers font valoir des caprices qui en rajoutent à l'humiliation.

Le problème cependant, c'est que le Mali ne semble pas disposer des moyens notamment militaires qui justifient ses nouvelles ambitions. Certes, l'effet de surprise a permis à Gatia de remporter une brève victoire dans les affrontements de la nuit dernière ; mais il faut plus pour espérer véritablement inverser la tendance. Or, le Mali est encore trop convalescent pour revendiquer une puissance militaire digne de sa prétention. Il ne serait même pas exagéré de conclure que la sécurité du pays repose toujours sur les épaules des forces
étrangères.


Face à ce contexte en mutation, la nouvelle disposition des autorités, aussi légitime qu'elle soit, ne peut qu'exacerber la crise. Elle ne peut qu'anéantir les maigres chances de résolution du problème, par le biais des négociations.

Bref, au regard de la situation présente, elle est loin d'être l'option idéale.

L’ex-premier ministre Moussa MARA en sait quelque chose…

 

Boubacar Sanso BARRY pour GCI

2015 – GuineeConakry.info

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce