
Des comptes aux ramifications multiples, mais qui, au finish remontent souvent à un seul client, avec environ 99% de la somme totale.
Cache-cache financier
Des exercices financiers compliqués à souhait, et des réseaux de confidentialité bien établis, ont pu permettre de réaliser de telles prouesses dont le but ultime est de gruger les économies en souffrances de nombreux pays africains, en toute complicité avec les dictatures locales et leurs affidés.
Dans ce jeu de cache-cache financier, semble régner en maître absolu, la filiale suisse de la banque britannique HSBC (HSBC Private Bank). Elle est suspectée d’avoir participé entre 2006 et 2007 au montage d’un important network de fraude à l’échelle internationale. Et des pays africains y ont trouvé leurs comptes, avec la bénédiction de leurs dirigeants aux mains, on ne peut plus, sales.
Ainsi, l’Egypte, la Tunisie, le Sénégal, la Zambie, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, la Guinée, etc... à des degrés divers ont plongé dans la vaste magouille internationale de blanchiment d’argent, au grand dam des populations africaines, qui se mouraient dans la mouise, quand leurs chefs jubilaient ou festoyaient dans les plus grands places de ce monde.
Problématique du développement africain
Au total 19 pays africains sont dans le top 100 des fortunes, notamment : « l'Afrique du Sud (1787 clients), le Maroc (1068 clients), mais aussi dans une moindre mesure le Mali (68 clients) ou encore la Zambie (69)… les plus importantes économies africaines, telles que l'Égypte (au 1er rang, avec 3,5 milliards de dollars), l'Afrique du Sud (2e - 2 milliards), le Maroc (3e - 1,6 milliard), l'Algérie (5e - 671 millions) et la Libye (8e - 522 millions de dollars).
Les révélations de Swiss Leaks nous ramènent au cœur de la problématique du développement de l’Afrique, outrancièrement spoliée de ses richesses au profit de l’étranger par des réseaux sinon mafieux, mais terriblement déséquilibrés. C’est ainsi que l’ancien président sud-africain Thabo Mbéki, dans un panel économique de haut niveau de l’Union africaine qu’il dirigeait a démontré dans un rapport publié en 2011 que « certains de ces calculs montrent que le stock de capital de l’Afrique aurait augmenté de plus de 60% si les fonds qui quittent l’Afrique illégalement étaient restés sur le continent, tandis que le PIB par habitant aurait augmenté de 15% (…) Plus grave, cette somme dépasse le montant de l’aide publique au développement dont bénéficie l’Afrique, soit 46,1 milliards de dollars en 2012. »
Swiss Leaks, un scandale à dimension planétaire qui commence à peine à démonter des mécanismes séculaires de bien aux origines qui interpellent la conscience humaine sur leur nature et le degré d’opacité qui les caractérise.
Maria de BABIA pour GCI
2015 – GuineeConakry.info




















