
Le secteur du football est certainement l’un des plus difficiles à gérer pour les dirigeants africains. D’une part, en raison de sa popularité auprès de la couche juvénile, la pratique du football peut être un tremplin politique qu’on n’a aucun intérêt à négliger ; mais d’autre part, avec les strictes règles de la FIFA, c’est un secteur qui confère à ceux qui en ont la charge une sorte d’assurance contre les humeurs changeantes d’un dirigeant politique, aussi puissant soit-il.
Cependant, le problème avec ce type de souverainisme particulièrement cher aux dirigeants de l’instance internationale en charge du football, c’est qu’il peut être une porte donnant accès à tous les dérapages. La suspension qui frappe le Nigéria depuis hier est illustrative de la situation. A l’image des Ghanéens et des Camerounais, les Super Eagles avaient également manifesté pour obtenir leurs primes. Menaçant de ne pas s’aligner face à la France, dans le cadre des huitièmes finales. Il aura fallu une intervention de la présidence nigériane pour désamorcer la crise. Mais on en a essentiellement retenu que les dirigeants de Fédération nigériane de football ont manqué d’anticipation.
Avant de fouler le sol brésilien, il leur revenait en effet, comme aux responsables des autres fédérations, de prévoir ce genre de mésaventures. Naturellement, au lendemain d’un tel incident, il est compréhensible que les responsables du football nigérian rendent des comptes et que des sanctions soient prises. Et c’est ce que la Haute cour de justice de l’Etat du plateau a fait, en démettant Aminu Maigari et l’ensemble du bureau fédéral. Mais au lieu de voir la chose sous le prisme d’une nécessaire restructuration des instances nationales de gestion du football, la FIFA conçoit la chose comme une intolérable ingérence politique.
Dans la foulée, elle se réunit et décide de la suspension à titre conservatoire de l’ensemble des équipes nigérianes des compétitions goupillées par la Fédération internationale de football. Concrètement, si d’ici au 15 juillet prochain, les autorités gouvernementales ne reviennent pas sur leur décision, l’équipe féminine de football des moins de 20 ans ne prendra pas part à la Coupe du monde la catégorie.
Une décision qui sonne comme un avertissement pour les autres, dont le Ghana où le chef de l’Etat serait, lui aussi, très amer. D’ailleurs les Guinéens eux-mêmes ont une douloureuse expérience du courroux impérial de la Fifa.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















