
La communauté internationale devra encore creuser ses méninges pour trouver le remède approprié au conflit au Soudan du sud. En tout cas, il est désormais établi que l’approche par le cessez-le feu ne suffit pas. Après passé outre un premier accord en janvier dernier, les protagonistes viennent en effet d’ignorer un second, alors qu’il venait à peine d’être signé.
Les frères ennemis sud-soudanais se vouent une rivalité telle que même avec les menaces de sanction brandies par les Etats-Unis et de poursuite judiciaires mises en avant par les Nations unies, ne les convainquent pas à faire taire les armes. Chaque camp semble se réfugier dans une logique de tout ou rien. Riek Machar ne voulant s’arrêter que quand il aura évincé Salva Kiir du pouvoir. Et ce dernier, à son tour, se disant qu’il n’aura un sommeil tranquille que lorsqu’il aura exécuté ou mis main sur l’ex-vice-président ! Ne se faisant nullement confiance, chaque camp craint que l’autre ne mette l’accalmie à profit pour grappiller quelques centimètres stratégiques sur le terrain.
La volonté des deux principaux leaders peut, cependant, ne pas être la seule en cause. Salva Kiir et Riek Machar peuvent bien, suite aux multiples pressions dont ils sont l’objet, vouloir dialoguer ; mais si leurs combattants respectifs ne sont pas du même avis, les résultats espérés ne sont pas obtenus. Parce qu’en réalité, Salva Kiir et Riek Machar ne maîtrisent pas leurs troupes respectives.
D’un côté, le Soudan du sud ne dispose pas d’une armée digne de nom. Elevées sur les ruines fumantes des multiples rébellions qui ont conquis l’indépendance du pays, les troupes régulières forment un conglomérat de groupuscules d’ex-rebelles, sans une hiérarchie et aucune coordination.
Plus ou moins autonomes et agissant selon leurs humeurs et passions, certains groupes de l’armée régulière peuvent bien avoir violé, les premiers, le cessez-le-feu. Ce qui ne dédouane cependant les hommes de Riek Machar. Dans son camp, le caractère hétéroclite et incontrôlé des combattants est encore plus prononcé. D’autant plus qu’on évoque des mercenaires, venus du Soudan, ancienne puissance tutélaire.
De ce côté aussi, il est possible que certains hommes se soient donné la liberté de rouvrir les hostilités, en dépit du souhait exprimé par leur chef, à partir de la capitale éthiopienne.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















