
Parce qu’il est celui qui devait partir, Soumaïla Boubeye Maïga s’en est allé. Et IBK s’est précipité de le remplacer par le colonel à la retraite, Bah N’Daw. Comme pour vite fermer une parenthèse et éviter toute autre forme de supputation. Mais cette promptitude ne suffira pas à effacer les interrogations sur la responsabilité personnelle du président malien dans ce qui est arrivé, le 21 mai dernier à Kidal.
Certes, des proches, pour le disculper, arguent qu’il n’avait pas été informé du déclenchement des hostilités. Mais c’est la pire des défenses. Car, cela suppose que le chef de l’Etat ne sait pas ce qui se passe dans son pays ! Que certains de ses collaborateurs peuvent s’arroger le droit d’engager le pays dans des situations qui peuvent se révéler dévastatrices. Ce n’est certainement cette image-là que les Maliens avaient de leur président. Ils pensaient avoir élu un leader qui soit en mesure de contrôler tout autour de lui, et qui ne s’accommoderait pas de certains écarts. Sauf qu’ils semblent s’être bigrement trompés. Et son entêtement à ne pas dire ce qu’il a fait ou su du déclenchement des hostilités, tend à faire croire que ceux qui le défendent n’ont pas tout à fait tort.
Le premier ministre malien Moussa Mara aussi, doit avoir eu plus de responsabilité. Tout est en effet arrivé avec son déplacement forcé à Kidal. Il a voulu relever une sorte de défi personnel et il en a résulté une humiliante défaite pour tout un pays. Sans oublier bien entendu toutes les victimes, blessés et morts réunis. Mais lui aussi fait comme s’il n’avait rien fait. Terrible. Il reste bouche bée. Il ne restait plus que le ministre de la défense. Comprenant ou contraint à comprendre que c’était à lui de partir, Soumaïlou Boubeye Maïga ne s’est pas fait prier.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















