SOUDAN DU SUD : La paix attendra encore

Un document politique était prêt, quasiment signé et une factice poignée de mains entre Riek Machar et Salva Kiir avait été vue. Ce lundi 17 août, la communauté internationale croyait avoir atteint son but et, pensait détenir le bon bout. Hélas non, en une pirouette dont seuls les sud Soudanais ont le triste secret, il faudra encore attendre « d'ici 15 jours à Addis-Abeba pour parachever l'accord de paix ». Dixit le président Salva Kiir. Pourtant, tout indiquait que cette fois était la bonne…

Le secrétaire général du SPLM, Pagan Amum, avait montré sa bonne foi et au nom du parti au pouvoir au Soudan du Sud, avait apposé sa signature ; mais c’était certainement sans compter avec la méfiance et la défiance qui caractérisent les relations inter-soudanaises.

Des réserves 

Ces rapports conflictuels amplifiés par des contradictions politico-ethniques, elles-mêmes exacerbées par les richesses du pays, attisent les convoitises les plus égoïstes. Dans ce contexte volatile, il semble l'accord de paix présenté par l'IGAD (Intergovernmental Authority on Development), l'organisme de médiation, ne soit pas tout à fait du goût d’un des protagonistes, notamment la question du partage du pouvoir et les dissensions internes aux forces rebelles. Des réserves sont ainsi faites et conséquemment l’accord de paix ne sera pas signé en l’état.

Si Salva Kiir est encore dubitatif et doit retrouver sa base pour des consultations plus soutenues, Riek Machar lui, se dit totalement disponible et, en parfait accord, avec l’esprit et la lettre de l’accord de paix. En réalité, tout semble indiquer que Salva Kiir n’est pas à l’aise avec le retour de son frère ennemi aux affaires, et surtout à son ancien poste de vice-président en 2013. Ces deux-là, vont continuer à peser négativement sur le destin de ce pays ‘’damné’’ depuis son indépendance, englué dans une guerre fratricide qui a fait plus de 300.000 morts, à l’ombre des caméras. Trente ans de guerre et, depuis l’indépendance en juillet 2011, à peine deux ans d’un futile répit, et le Soudan du Sud retombait dans les abysses de sempiternels combats de coqs, laissant filer de nombreuses chances de paix.

Qui sait ?

Une sale guerre oubliée qui n’en est pas moins meurtrière. Vingt-trois mois de crimes impunis et malgré ces négociations débutées en janvier 2014, on tourne toujours en rond, chacun étant arc-bouté sur ses intérêts sordides, au détriment de la paix dont le Soudan du Sud a besoin pour son développement. Jusqu’à maintenant, malgré les menaces directes du président américain Barack Obama, les deux leaders s’accrochent à ‘’leurs bêtises’’ et prolongent la descente aux enfers d’un pays qui a tout pour s’en sortir.  

Que va-t-il se passer dans les deux prochaines semaines ? Les deux frères ennemis reviendront-ils armes aux poings ou plumes aux doigts ? Qui sait ?

Maria de Babia pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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