SOMMET USA-AFRIQUE : Le Sahel, un sujet qui s’impose !

Avec Barkhane, la France fait déjà de la sécurité dans le Sahel une préoccupation. Mais la rencontre qui se déroulera du 4 au 6 août entre le président Barack Obama et les dirigeants africains devra, elle aussi, se pencher sur la question. Surtout qu’en ce moment précis, avec la situation qui prévaut en Libye, et Boko Haram qui déborde au Cameroun, en faire un sujet de débat serait plus que justifié.

Le sommet de Washington coïncide en effet avec une situation des plus préoccupantes, notamment en Libye. La situation d’insécurité qui y règne en effet depuis la chute du guide libyen, est en passe d’atteindre son point culminant, avec la généralisation de la violence et la faillite de ce qui restait de l’Etat.

Un chaos qui trouve son illustration dans l’incertitude qui plane sur l’installation, aujourd’hui même, du nouveau parlement, issu des élections du 25 juin dernier. En principe, c’est à Benghazi que la nouvelle Assemblée nationale devrait s’installer. Sauf que les islamistes y régnant désormais en maîtres, avant d’y avoir chassé, la semaine dernière, les dernières unités des forces spéciales. En désespoir de cause, on mise sur Tobrouk. Ne serait-ce que pour l’installation symbolique. Mais là aussi, ça coince. La tendance islamiste bien que minoritaire, soupçonne cette dernière ville d’être aux mains des hommes de Khalifa Haftar.

Pendant ce temps, à Tripoli, les milices de Mistra et de Zenten poursuivent leur guerre fratricide aux abords de l’aéroport de la capitale. Ces violences qui s’élèvent de partout ont poussé tous les étrangers et même les Libyens qui le peuvent à sortir du pays. Au moment où tout commence à manquer.  Cette espèce de somalisation qui guette la Libye interpelle à plus d’un titre Barack Obama. Il y a sa responsabilité dans la mesure où il avait pris part à la campagne militaire qui s’est soldée par l’assassinat de Kadhafi.

Mais au-delà la Libye, le sommet de Washington dont le thème porte sur l’investissement en Afrique, devra plus globalement aborder la sécurité dans le Sahel. Certes, la Libye post-Kadhafi est peut-être la plus grande préoccupation du moment, mais ces derniers temps, Boko Haram aussi a prouvé qu’il pouvait être considérablement nuisible à la stabilité politique et sociale du continent. D’autant plus que le Nigeria n’est plus son seul champ d’action.

Avec les dernières incursions à Kolofata notamment, les combattants de la secte Boko Haram ont démontré la menace réelle qu’ils font peser sur le Cameroun aussi. Très réticent au départ, Paul Biya en a tiré comme principale leçon qu’il lui faut s’impliquer plus activement dans la lutte contre la secte nigériane. Seulement, on est en face d’un ennemi pour lequel les menaces et les bonnes intentions seules ne pèsent pas lourd.

Les dirigeants des pays bordant la vaste bande sahélienne devraient donc mettre l’occasion du sommet de Washington à profit pour solliciter les moyens qu’il faut, discuter les stratégies idoines ou alternatives pour rendre cette zone plus fréquentable. Même si, une telle requête pourrait offenser la France qui, avec l’opération Barkhane, fait valoir sa disponibilité. Il faut savoir voir plus loin et plus grand, en saisissant toutes les opportunités pour mutualiser les efforts en vue de frapper fort l’hydre terroriste qu’est Boko Haram.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info      

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