
Selon le président américain, l’Afrique, aussi convoitée qu’elle semble l’être aujourd’hui, n’est utile au monde que « forte et autonome ». En voilà une affirmation qui est suffisamment neutre pour interpeller tout à la fois le monde entier que les Africains, eux-mêmes.
En effet, si partant du « potentiel extraordinaire » du continent africain et du fait qu’il est « le continent le plus jeune et qui connaît la croissance la plus forte », le monde réalise enfin que cette partie du monde mérite un quelconque intérêt, il a le devoir moral de ne pas s’en servir comme il l’a jusqu’ici fait. A savoir selon ses seuls intérêts, et surtout au détriment des Africains eux-mêmes. Ce devoir, il incombe davantage aux occidentaux dont les rapports passés avec le continent africain sont de beaucoup dans la misère qui tenaille ses populations aujourd’hui.
Cependant, les élites africaines ne doivent continuer à imputer tous les maux du continent au passif de la traite négrière, de la colonisation et du néocolonialisme. Ces fléaux font certes partie intégrante de l’histoire africaine, mais ils doivent être dépassé et leurs conséquences jugulées. Ce rôle incombe aux Africains, eux-mêmes. La période actuelle caractérisée par la convoitise que suscite le continent, doit même être perçue comme une aubaine. Il est temps d’élaborer des stratégies intelligentes pour tirer le meilleur parti de la concurrence que se livrent Européens, Américains et Asiatiques. Il faut qu’enfin, on sorte de la posture paradoxale qui consiste à implorer la clémence des autres pour survivre.
Pour en revenir à Barack Obama, son intervention ne s’est pas limitée à une déclaration liminaire. Il a donné des orientations précises quant au discours qu’il fera la semaine prochaine à l’occasion du sommet qui va réunir une cinquantaine de dirigeants du continent africain autour de sa personne. Pour lui, les différents pays africains, quelques soient les ressources dont ils peuvent se targuer, ne s’en sortiront pas aussi longtemps que l’autorité de loi, les droits civiques et les droits humains, la liberté d’expression et de rassemblement ne seront pas une réalité tangible.
Quand on sait avec quelle asymétrie la loi est interprétée et appliquée dans la quasi-totalité des pays du continent, beaucoup de dirigeants s’apprêtant à rallier à Washington pourraient éprouver une certaine gêne. A moins qu’ils ne soient obnubilés par le pouvoir pour le pouvoir. Il en est de même des autres exigences de Barack Obama.
Mais là où le numéro un américain risque de fâcher du monde, c’est vraiment au sujet de ces dirigeants qui caressent le rêve de finir leurs jours au pouvoir. En effet, à la veille même du sommet américano-africain, quelques-uns sont fortement soupçonnés de vouloir tripatouiller leur constitution pour aller au-delà de ce qui leur avait été octroyé. C’est le cas au Burundi, en République Démocratique du Congo, au Congo voisin et au Burkina Faso. Boni Yayi, du Bénin, lui semble s’être ravisé.
La mise en garde que John Kerry avait assené n’ayant visiblement pas servi à décourager les candidats au ‘’pouvoir éternel’’, Barack Obama semble décidé à leur signifier sa désapprobation de manière à la fois plus précise et plus énergique. Une attitude dont la société civile de chacun de ces pays pourrait bien se réjouir, mais dont les chefs pourraient bien se dire : « de quoi se mèle-t-il… Il n’ a qu’a s’occuper de ses affaires. Nous nous occuperons bien des nôtres…»
GCI suit pour vous.
Fodé Kalia Kamara pour GuineeConakry.info




















