Certes, lors de la rencontre qu’il a tout dernièrement eue avec les jeunes leaders africains, Barack Obama avait donné le ton. Il ne s’était pas privé de dire notamment aux présidents africains qui souhaitent s’éterniser au pouvoir, qu’ils ne devront pas compter sur les Etats-Unis. John Kerry est également revenu dessus hier, en affirmant sans ambages : « Nous presserons les dirigeants de ne pas modifier les constitutions pour leurs bénéfices personnels ou politiques ». Voilà donc qui est très clair.
Mais la question est bien celle de savoir si le même discours sera tenu devant les dirigeants africains, eux-mêmes ? On pourrait, bien entendu, trouver que cette question n’a pas sa raison d’être. Parce qu’à priori, le président américain n’a rien à craindre de la part des dirigeants africains. Mais vu les circonstances, les choses sont moins évidentes. En effet, les Etats-Unis, à la suite de l’Europe, de la Chine et de certains pays émergents, font la cour à l’Afrique. Les ressources minières du continent africain, ses potentialités agricoles et ses perspectives de débouché sont notamment des atouts qui lui confèrent une certaine aura de circonstance.
Pour s’offrir une large part de ces atouts, les Chinois en particulier ont inventé une forme de diplomatie qui repose sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays africains. En gros, on s’occupe de ce qui nous intéresse en laissant aux dirigeants leurs pays comme bon leur semble. L’approche ayant tout son succès, les Occidentaux commencent à l’expérimenter. Ainsi, François Hollande fait tout pour ne pas fâcher son désormais allié de toujours, Idriss Déby Itno, et ferme les yeux sur la justice à géométrie variable d’Alassane Ouattara.
Eh bien, Barack Obama pourrait ne pas atteindre son but s’il entend procéder autrement. S’il s’évertue à tancer les présidents africains et à monter les peuples contre eux, ils n’apprécieront certainement pas. Naturellement, ils profiteront de l’instant et prendront les incontournables photos officielles. Et même des selfies, peut-être ! Parce que du point de vue la communication politique, s’afficher avec Barack Obama peut se monnayer électoralement.
Mais passé le sommet, quelques-uns pourraient bien ranger les belles résolutions dans les tiroirs des prochaines campagnes présidentielles. Y compris, certains projets d’envergure qui constituent les véritables objectifs que visent Barack Obama et son administration. Après la Françafrique, va-t-on connaître aussi l’USAFRIQUE ?
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















