SOMMET USA-AFRIQUE : Ces présidents africains qui tiennent tête à Obama !

Comme on pouvait s’y attendre, le premier sommet entre les Etats-Unis et l’Afrique s’achève sans que les questions en rapport avec notamment la gouvernance politiques n’aient été suffisamment débattues. A la veille de l’ouverture du forum, beaucoup avaient nourri l’espoir de voir Barack Obama ‘’cracher ses vérités’’ à certains dirigeants africains.

Très prudent et sachant qu’il est plutôt dans une logique de séduction, le président américain n’a pas été particulièrement provocateur. Certes, il a lancé des piques devant les jeunes leaders et a chargé certains de ses lieutenants de mener la ‘’mission de l’audace’’. Mais en face, les autorités américaines se sont heurtées à des présidents africains pas du tout impressionnés.

Gouvernance et affaires

En Afrique, les affaires et les questions de gouvernance ne font pas toujours bon ménage. Ce principe tacite, Barack Obama aussi le maîtrise parfaitement désormais. C’est du reste ce dont il a fait montre durant le sommet américano-africain qui vient de s’achever à Washington. Passé maître dans l’art des ‘’discours historiques’’, le président américain ne s’est pas, cette fois, préoccupé vraiment de l’Histoire. L’accroissement de l’influence économique américaine sur le continent africain était son principal objectif, en convoquant le sommet. Or, il savait pertinemment que pour y arriver, il n’était d’aucune importance de fâcher quelques-uns de ses invités. Surtout qu’il souhaite perpétuer un tel événement !

C’est ainsi qu’il a préféré évoqué la question des changements constitutionnels avant même le sommet. Ainsi, il espérait satisfaire aux exigences des activistes de la société civile africaine, sans cependant prendre le risque d’une guerre ouverte avec les leaders eux-mêmes. Pour le reste, il s’est déchargé sur John Kerry et sur d’autres.

Le trio de pointe et Obama 

Les principaux intéressés n’ont pas voulu se laisser démonter. De Joseph Kabila à Blaise Compaoré, en passant par Denis Sassou Nguesso, les candidats au pouvoir éternel ont tenu à dire à Barack Obama et aux autres, que ce ne sont pas à eux de leur dicter  la marche à suivre. Aussi puissant que se pense le premier dirigeant noir de la première puissance du monde, il ne semble pas «intimider » peur à ces trois présidents-là ! En usant de formules aussi subtiles que diverses, ils ont réaffirmé leur intention d’aller au bout de leur logique.

Pour le président congolais Joseph Kabila, c’est le porte-parole du gouvernement qui s’est chargé de remettre l’envoyé spécial américain pour les Grands lacs, à sa place. Après que Russ Feingold se soit autorisé quelques mises en garde contre une éventuelle modification constitutionnelle en RDC, Lambert Mendé lui répond sèchement qu’il ne lui revient pas de se mêler des affaires intérieures congolaises. Très remonté, Lambert Mendé en oublie même les convenances du langage diplomatique et menace de ‘’rabattre le caquet’’ à Russ Feingold.

Du côté du Burkina Faso, Blaise Compaoré conteste carrément les assises idéologiques du président américain. En effet, Barack Obama, sans doute pour faire passer la pilule, allègue très souvent que les valeurs qu’il recommande aux Africains sont universelles. Faux ! Rétorque Blaise Compaoré. Pour le chef de l’Etat burkinabé, « Il n’y a pas d’expérience unique à partager pour le monde ». Particulièrement sûr de lui, Blaise Compaoré affirme même : « Il n’y a pas d’institutions fortes, s’il n’y a pas bien sûr d’hommes forts ». Pour lui donc, la célèbre phrase du président américain n’est pas paroles d’évangile.

Enfin, suivant la même logique, mais avec une légère nuance tout de même, Denis Sassou Nguesso trouve sa défense dans le souverainisme absolu. Faisant dans une sorte de gymnastique intellectuelle, le président congolais ne reconnait pas son intention de vouloir modifier la constitution, pour lui permettre d’aller au-delà de son second mandat actuel. Mais il admet, tout de même, qu’il est du droit souverain du peuple congolais de réviser sa constitution quand il l’estime nécessaire. Comme pour dire à Obama et à ses bras droits que cela ne les regarde pas, il précise même que cela relève du droit exclusif de ses compatriotes. Il en veut pour preuve qu’en Allemagne ou encore au Luxembourg par exemple, quand les citoyens se donnent le droit de renouveler leur confiance sur un dirigeant ou un régime, ça ne fait point jaser. Pourquoi alors ce deux poids deux mesures ? A sous-entendu le négociateur attitré de l’Afrique de l’ouest.

Comme on le voit donc, ces trois dirigeants pour lesquels on redoutait une certaine humiliation, s’en sont sortis même avec… un certain brio. Parce qu’après avoir réussi à cet examen-là, pour eux, l’échec du plan est tout simplement inenvisageable. Au grand dam de leurs opposants respectifs. Ou à leurs propres risques et périls, si jamais l’Oncle Sam décidait de sévir…        

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info

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