
La question de la présidence vite liquidée, l’imbroglio du Soudan du Sud effleuré et le thème récurrent du terrorisme passé en revue, les présidents se sont concentrés sur le cas burundais, avec en face à face, leur homologue Pierre Nkurunziza qui refuse ce qu’il appelle une ‘’force d’invasion et d’occupation’’, parlant du déploiement militaire de quelque 5000 soldats de l’Union africaine pour aider à la solution de la crise née de la question du ‘’troisième mandat’’.
Problématique de la souveraineté nationale
En fait, depuis que le 17 décembre dernier, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a voté le principe de l’envoi de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (la Maprobu), la tension n’a cessé de monter entre l’UA et le Burundi, entrainant dans sa logique politique, la problématique de la souveraineté nationale.
En effet, la question nodale au cœur du débat est de savoir si l’UA a le droit ou le devoir d’aller à l’encontre de la volonté d’un chef d’Etat africain, qui rejette l’arrivée éventuelle de ses troupes, même pour des raisons politiques ou humanitaires ?
Une force de maintien de la paix au Burundi contre la volonté de son président et de ses collaborateurs, parait une aventure extrêmement risquée. Surtout que le président NKurunziza avait clairement menacé, en déclarant se réserver le «droit d’agir en conséquence». Les textes de l’UA sont cependant sans équivoque sur ce sujet. L’organisation est en droit d’agir dans « certaines circonstances graves, à savoir : les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité ».
Réticence manifeste
Mais, face à la réticence manifeste des présidents gambien et équato-guinéen notamment, la plupart des Chefs d’Etat ont choisi le camp de la prudence, en décidant l’envoi dans les prochains jours d’une délégation de haut rang pour éviter de répondre frontalement à la réaction burundaise.
Enfin, au cours de ce sommet, le Doyen Robert Mugabe du Zimbawe a passé le service à son homologue du Tchad Idriss Déby à la présidence de l’UA, qui aussitôt, a assené des mots très caustiques sur le laxisme et le verbiage qui semblent prendre le dessus sur l’action à l’UA. On parle trop, a-t-il trouvé. Tout en se félicitant pour le consensus obtenu sur les questions de sécurité, de lutte contre le terrorisme et la prédilection du dialogue dans le cas burundais. Il n'a pas aussi oublié d'annoncer un prochain sommet sur la question de la migration, autre fléau qui mine le continent africain.
C’est comme si son nouveau pouvoir de président en exercice, le sanctifiait et le mettait en droit de procéder à cet examen de conscience avec ce que beaucoup d’observateurs africains taxent de ‘’syndicat de chefs d’Etat’’. En attendant, ce sommet n’a malheureusement pas pu traiter avec sérieux les sujets relatifs aux droits de l’homme, du Soudan du Sud ou du terrorisme qui vient de frapper encore au Tchad et au Nigeria ! Une signature du groupe Boko Haram
Maria de BABIA pour GCI
2016-GuineeConakry.Info




















