
La CPI peut toujours demander son arrestation, cela ne semble troubler le sommeil de l’homme fort de Khartoum, réélu l’année dernière par un score kolkhozien de 94% !
Ce 13 juin 2015, alors que se tient à Jo’bourg le sommet des chefs d’Etats de l’Union africaine, la Cour pénale internationale revient encore à la charge, demandant à l'Afrique du Sud d'exécuter les mandats en question, durant le séjour officiel d'el-Béchir. Et pour corser un peu plus la situation, un tribunal de Pretoria a décidé d’interdire au président soudanais de sortir du pays de Mandela avant que la justice n'ait rendu sa décision finale. Ceci conforte la requête de la CPI.
Béchir évite les pièges de la CPI
Cette requête malgré son implacable logique, l’Afrique du Sud en tant que nation ayant reconnu les pouvoirs de la CPI, n’a pratiquement aucune chance d’être satisfaite, la Ligue arabe et l'Union africaine ayant depuis longtemps indiqué qu'ils ne donneront pas suite aux mandats de la CPI. C’est d’ailleurs pourquoi El-Béchir a pu quasi tranquillement visiter la Libye, le Qatar, le Kénya, l’Egypte, Djibouti, et même le Tchad sans coup férir… Il a même poussé sa témérité jusqu’en Chine !
Cette fois encore, Kamal Ismaïl, l’actuel ministre des Affaires étrangères du Soudan, rassure les uns et les autres affirmant que ‘’la visite du président Omar el-Béchir en Afrique du Sud se déroule normalement et il rentrera à Khartoum après le sommet de l'Union africaine.’’ Il met consciemment sous les cendres de l’histoire le cas des 300.000 morts au cours de la terrible guerre du Darfour, dont l’ONU accuse Béchir d’être un des criminels principaux. L’imbroglio créé à Johannesburg montre bien l’ampleur et la complexité de la question.
Passe, impasse
La diplomatie sud-africaine est donc dans une passe difficile, avec cette ‘’affaire Omar el-Béchir’’ qui a tendance à éclipser les sujets vedettes de ce sommet, qui sont la promotion de la femme africaine, la zone de libre echange et les dossiers brûlants des élections présidentielles en Afrique, avec des pouvoirs qui veulent toujours se succéder à eux-mêmes. Les exemples des deux Congos et du Burundi entre autres sont assez révélateurs de cette tendance destructrice des démocraties naissantes. Impasse.
Mais on ne voit vraiment pas comment le président Jacob Zuma va obtempérer, en remettant Béchir à la CPI ? Le jugement émis par le tribunal, saisi par l’ONG Southern Africa Litigation Center, s’il a fait un buzz médiatique, ne pourra à l’évidence prospérer… Surtout pas à l’occasion du sommet de l’UA. A moins d’un miracle politico-judiciaire…
Maria de BABIA pour GCI
2015-GuineeConakry.Info




















