SOMMET DE LA FRANCOPHONIE : Michaëlle Jean, après tout ...

Le XVème sommet de la Francophonie s’est achevé hier à Dakar sur ''l'accouchement'' douloureux de la Secrétaire générale de l'organisation. A la fin de ces deux jours de travaux entre chefs d’Etat et de gouvernement de l’espace francophonie, une successeure à Abdou Diouf ! Le défi s’annonçait de taille, mais les dirigeants présents ont réussi à le relever. Laborieusement, il est vrai. Mais, il y a des motifs de ne pas pleurer la solution Michaëlle Jean. Sur elle, reposent désormais tous les défis. Y compris celui de calmer la frustration de ceux qui voulaient d’une candidature africaine, et aussi celui de faire évoluer l’approche de l’organisation face aux crises politiques vers le préventif, et non plus le réactif, dont a usé le président français, François Hollande, au sujet des modifications constitutionnelles en Afrique.

Entre le consensus large et le vote, les dirigeants qui ont pris part au sommet de la Francophonie, ont trouvé une voie médiane, à travers une sorte de consensus restreint. Les présidents français François Hollande, ivoirien, Alassane Ouattara et sénégalais, Macky Sall, ont aidé les dirigeants des pays des cinq candidats respectifs  à trouver un consensus acceptable en la personne de cette dynamique et intelligente dame. Il est naturellement regrettable que ce poste de haute responsabilité ait pu échapper à l’Afrique. D’autant plus regrettable que les divisions internes au continent sont à la base d’un tel ''échec''. Abritant plus 54 % des 274 millions de locuteurs de la langue française, ce poste est comme taillé pour l’Afrique. Hélas !

Loin des frustrations, l'action économique

Pour autant, il n’y a pas à rougir de la désignation de Michaëlle Jean. Ses origines haïtiennes sont de nature à nuancer ce sentiment. Sans oublier bien entendu, son ambitieux projet de conférer à l’organisation une dimension économique. Elle n’a certes pas le background d’Abdou Diouf, qui lui permettrait d’asséner certaines vérités aux présidents de la République; mais la Francophonie devrait surtout se féliciter d’avoir réussi à hisser une femme à ce poste! 

Si elle réussit à concrétiser certaines de ses idées en la matière, on pourrait en effet prévenir beaucoup de crises politiques pour la gestion desquelles l’OIF est très souvent sollicitée. Cependant, il faudrait également qu’elle donne à l’organisation une orientation qui lui permette d’intervenir de plus en plus en amont de ces crises. Un mécanisme d’alerte précoce et de réponse rapide doit amener l’organisation à saisir les signes avant-coureurs et d’intervenir avant que les situations ne dégénèrent. Cela peut notamment aider à éviter la situation dans laquelle s’est retrouvée François Hollande, au cours de ce sommet.

Non à la "Démocratie made in France"

En effet, le président français, alors qu’il s’était relativement tu pendant que la situation pourrissait au Burkina Faso, a essayé de se rattraper au cours de ce sommet, en mettant en garde les dirigeants africains qui caressent le rêve de modifier leurs constitutions respectives. Ce qui a donné de lui l’image d’un dirigeant continuant à incarner le paternalisme colon. Celui qui donne des ordres à ses colonisés! Alors qu’au même moment, il ne rassure pas les peuples qui voient davantage dans ses déclarations une tentative de récupération opportuniste des révolutions populaires. Pour le contrer, la ministre rwandaise des AE, quant à elle a carrément déclaré que son pays ne voulait guère de "démocratie made in France" ! 

Boubacar Sanso BARRY pour GCI     

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