
Le Sénégal mérite certainement des félicitations, pour avoir aidé à rendre effective, l’idée d’un débat sur les questions sécuritaires du continent africain. Car, par les temps qui courent, l’opportunité d’une telle réflexion est une évidence. Qu’on ait choisi d’aborder la question sous sa dimension globale est également quelque chose de hautement salutaire. Parce que ce serait une erreur de penser que le Mali, le Nigéria, le Soudan, la RCA, la RDC, le Burkina Faso, la Libye, la Somalie ou encore l’Egypte, sont les seuls Etats africains qui font face à l’insécurité. Une des menaces qui pèsent sur la sécurité et la stabilité du continent, ce sont les groupes djihadistes qui pullulent çà et là en donnant l’impression qu’ils sont indépendants les uns des autres.
Tribune de diagnostics
Alors qu’en réalité, à un niveau ultime, il ne s’agit que de plusieurs variantes d’un même phénomène qu’est l’islamisme, face auquel tout le continent est vulnérable. De même, les récents événements au Burkina Faso sont une sorte de continuité du printemps arabe. Une vague révolutionnaire qui pourrait s’abattre sur d’autres pays africains, à la faveur notamment des nombreuses consultations électorales qui sont attendues pour les deux prochaines années. Le sommet de Dakar pourrait donc se révéler une tribune permettant de diagnostiquer les crises sécuritaires du continent, en vue de mieux affronter les défis futurs.
Mais pour cela, la rencontre doit rompre avec la tradition des sommets aux conclusions théoriques. Il ne sert notamment à rien de réunir que des experts dont le seul mérite est de réfléchir sur les causes et les conséquences des crises sécuritaires africaines. A la limite, le citoyen lambda peut avoir sa petite idée sur ces deux aspects du phénomène. Ce qui est attendu du sommet de Dakar, ce serait qu’il relève le défi de mettre les décideurs en action. Que les dirigeants africains consentent à se délester d’une partie de leur si chère souveraineté, au profit d’une Afrique globale plus sécurisée. Ce qui, concrètement, implique de leur part qu’ils facilitent enfin la mise en place d’une force d’intervention panafricaine. Qu’ils se disposent également au partage des renseignements qui peut se révéler particulièrement déterminant dans la bataille contre le terrorisme islamiste et la criminalité transnationale.
Loin de l'apitoiement
Le sommet de Dakar doit aussi trouver les stratégies pouvant convaincre les leaders africains de se débarrasser de leur ‘’apitoiement légendaire’’ à chaque fois qu’il leur est demandé de mettre la main à la poche pour financier une mission d’intervention dans un autre pays africain. Ils doivent réaliser que ce n’est pas aux autres d’assurer la sécurité du continent. L’Europe, les Etats-Unis et les autres instances du monde ne doivent intervenir qu’en appoint, mais pas comme des points nodaux ou d’incontournables leviers. Tout autre attitude est a terme suicidaire. Un leurre.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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