SOMALIE : Quand les shebabs se vengent de l'Amisom...

L’Amisom pétrifiée, terrorisée, assassinée en partie par des shebabs revanchards et tout fiérots d’avoir tué au moins 50 soldats de l’Union africaine, surpris dans leur base de Janale par une attaque violente et sanglante perpétrée mardi dernier. Le reste de la troupe est sans nouvelles de 50 autres ‘’portés disparus’’ et depuis, l’on ne sait toujours pas exactement le nombre précis de morts.

L’Amisom, par tradition, ne communiquant pas sur ces questions à temps et comme il faut, bien souvent ce sont les vidéos des djihadistes islamistes somaliens qui viennent révéler une partie de la vérité dans le décompte macabre. En tous les cas, ce bilan est terrible et lourd. 

Vagues de feu

Les informations les plus crédibles soulignent que quelques 150 militaires ougandais et de  l'Armée nationale somalienne étaient basés dans cette région de Basse Shabelle. La mort n’a point fait de distinguo. Les shebabs qui se sont rendus maîtres des lieux ont véritablement tiré à l’aveuglette.

C’est après avoir détruit deux ponts stratégiques que les shebabs se sont lancés à l’assaut des forces de l’Amison qui campaient là. Pour accomplir leur forfaiture et frapper encore plus fort, les rebelles ont utilisé un ‘’véhicule-suicide’’ contre le portail principal, avant de fondre sur le camp comme l’éclair, en vagues de feu, appuyées par deux centaines de shebabs illuminés et fougueux. Bilan provisoire : « une centaine de soldats de l'Amisom manquent à l'appel » selon une note diplomatique » Un texte qui s’empresse de préciser : « ce qui ne veut pas dire qu'ils sont morts... certains sont toujours cachés dans les environs du camp.»

Cette attaque des shebabs vient confirmer que l’Amison, malgré ses 22.000 soldats engagés dans cette lutte contre le terrorisme dans la corne de l’Afrique, est en panne de stratégie. En fait, elle est en déficit de coordination stratégique centralisée, par ce que, en sous-mains, chaque troupe africaine présente joue plus la partition de son pays, de ses intérêts politico-économico-stratégiques, que de soutenir une vision globale du combat. Les Kényans et les Ougandais, par exemple n’ont pas forcément les mêmes objectifs dans cette guerre contre les terroristes.

Lecture approximative

Mais de toutes les erreurs métrologiques des forces africaines celle de l’incompréhension de la nature même des shebabs, est la plus nocive. Ne voir dans ces rebelles que de simples terroristes, est une lecture approximative de la question, car ces islamistes portent aussi les revendications de leurs communautés. Celles-ci ne sont pas que religieuses, elles sont aussi politiques et économiques

Ignorer ces dimensions, est un faux pas dont les conséquences se manifestent régulièrement dans les réactions guerrières des shebabs qui ressurgissent toujours en puissance, quand on les croit en déliquescence.

 

Maria de BABIA pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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