
Les appels de détresse des autorités de la région semi-autonome du Puntland sont inaudibles. Après la violente tempête qui y est passée, elles évoquent un bilan qui pourrait se chiffrer autour de 300 morts. Mais personne ne semble prêter attention à ce discours alarmiste. Des arbres ont été déracinés et des routes complètement coupées pour certaines, ou rendues impraticables pour beaucoup d’autres. Une situation qui rend encore plus dramatique la situation. Mais le monde ne s’émeut qu »à peine. On fait comme s’il s’agissait d’un banal fait divers. Tant pis pour les habitants qui ont le malheur de se trouver dans cette partie du globe.
Pauvre parmi les régions les plus pauvres du monde, la région du Puntland a de surcroit le malheur d’abriter les principaux sanctuaires des pirates qui, jusqu’à tout récemment, s’en prenaient à tous les navires qui passaient par l’Océan indien. Cet aspect des choses pourrait même être à la base du désintérêt que la région essuie, en dépit du désastre humanitaire qui l’affecte aujourd’hui. Mais pas seulement.
Plus globalement, toute cette partie de la Corne de l’Afrique (Somalie, Somaliland et Puntland) est relativement abandonnée à son propre sort. Dans le cas de la Somalie en particulier, la communauté internationale semble avoir abdiqué devant la furie anarchiste des Shebabs. Il arrive, bien entendu, qu’une coalition pilotée par les Etats-Unis et comprenant des soldats kényans et éthiopiens y mènent des attaques sporadiques et ciblées. En réalité, depuis la chute du président Siad Baré en 1991, cette zone demeure entre les mains d’une foultitude de groupuscules criminels dirigés chacun par des seigneurs de guerre. D’où la méfiance de la communauté internationale ; mais il se trouve que cette approche est moralement inadmissible.
Parce que, comme c’est le cas dans la tempête qui frappe aujourd’hui le Puntland, cela peut conduire au cynisme qui consiste à ne pas venir en aide à des personnes en danger. Alors que par ailleurs, les terroristes peuvent bien entendu mettre à profit cette passivité.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















