SOMALIE: Dans l'œil du cyclone!

Le bilan de la tempête qui s’est abattue sur la région somalienne du Puntland n’a certainement aucune commune mesure avec celui du Typhon Haiyan des Philippines. Mais à la dimension du cette région de la Corne de l’Afrique, une tempête qui a causé plus de 140 morts, est un véritable drame. En termes de victimes, c’est un peu le naufrage de Lampedusa qui, lui, avait fait la Une des plus grands médias du monde. Mais dans le cas du Puntland, le drame est ignoré, alors qu’il se déroule même sous nos yeux. Nonobstant le fait que le bilan pourrait se révéler plus important en raison des nombreux disparus. Sans oublier tous les blessés et les sans-abris. Les projecteurs sont braqués ailleurs et les institutions d’assistance humanitaire ne se pressent guère. Le fonds des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) est quasiment la seule qui semble se préoccuper du sort des victimes. Mais là aussi, cela demeure plus dans l’ordre de l’évocation des difficultés entravant l’acheminement des vivres pour les rescapés. C’est à croire que le monde entier ait décidé de sacrifier cette région, repère des pirates… 0:45 14-11-2013

Les appels de détresse des autorités de la région semi-autonome du Puntland sont inaudibles. Après la violente tempête qui y est passée, elles évoquent un bilan qui pourrait se chiffrer autour de 300 morts. Mais personne ne semble prêter attention à ce discours alarmiste. Des arbres ont été déracinés et des routes complètement coupées pour certaines, ou rendues impraticables pour beaucoup d’autres. Une situation qui rend encore plus dramatique la situation. Mais le monde ne s’émeut qu »à peine. On fait comme s’il s’agissait d’un banal fait divers. Tant pis pour les habitants qui ont le malheur de se trouver dans cette partie du globe.

Pauvre parmi les régions les plus pauvres du monde, la région du Puntland a de surcroit le malheur d’abriter les principaux sanctuaires des pirates qui, jusqu’à tout récemment, s’en prenaient à tous les navires qui passaient par l’Océan indien. Cet aspect des choses pourrait même être à la base du désintérêt que la région essuie, en dépit du désastre humanitaire qui l’affecte aujourd’hui. Mais pas seulement.

Plus globalement, toute cette partie de la Corne de l’Afrique (Somalie, Somaliland et Puntland) est relativement abandonnée à son propre sort. Dans le cas de la Somalie en particulier, la communauté internationale semble avoir abdiqué devant la furie anarchiste des Shebabs. Il arrive, bien entendu, qu’une coalition pilotée par les Etats-Unis et comprenant des soldats kényans et éthiopiens y mènent des attaques sporadiques et ciblées. En réalité, depuis la chute du président Siad Baré en 1991, cette zone demeure entre les mains d’une foultitude de groupuscules criminels dirigés chacun par des seigneurs de guerre. D’où la méfiance de la communauté internationale ; mais il se trouve que cette approche est moralement inadmissible.

Parce que, comme c’est le cas dans la tempête qui frappe aujourd’hui le Puntland, cela peut conduire au cynisme qui consiste à ne pas venir en aide à des personnes en danger. Alors que par ailleurs, les terroristes peuvent bien entendu mettre à profit cette passivité.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce