SIMONE GBAGBO : La pièce manquante…du puzzle

Sans avoir fait acte de candidature, la famille Gbagbo pourrait bien se voir gratifier du droit au regroupement familial. Pas celui que réclament bien d’immigrés africains exilés dans les pays occidentaux. Mais celui qu'imposent les poursuites judiciaires à l’encontre de l’ancien président ivoirien et de ses proches. Ainsi, après l’inculpation formelle du ‘’boulanger ivoirien’’, la CPI vient de décider du sort de Charles Blé Goudé, dont quatre des chefs d’accusation ont été avalisés ce jeudi par l’instance internationale. Dans la foulée, le bureau de Fatou Bensouda, rejetant l’exception d’irrecevabilité mise en avant par Abidjan, réclame également Simone Gbagbo !

 

 

On s’achemine très probablement vers le premier couac entre Abidjan et La Haye. En effet, si jusqu’ici les décisions prises par la CPI étaient de nature à contenter le régime d’Alassane Ouattara, celles d’hier sortent relativement de ce canevas. Certes, le président ivoirien ne s’offusquera pas de la confirmation des charges de crimes contre l’humanité pesant sur Charles Blé Goudé. Au contraire, il pourrait même se réjouir de cette décision. Car comme avec Laurent Gbagbo, il a librement décidé du transfèrement du ‘’général de la rue’’. Il en voulait particulièrement à ces deux, et désiraient par-dessus tout, que leurs sorts soient scellés en dehors de la Côte d’Ivoire. Pour goûter à une ‘’certaine paix du cœur’’.

Mais il en va tout autrement de Simone Gbagbo. Voyant de plus en plus l’ex-Première Dame comme un instrument d’une nécessaire réconciliation, Alassane Ouattara ne veut plus qu’elle rejoigne Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Il a ainsi récemment laissé entendre que la « dame de fer » sera jugée par les tribunaux ivoiriens. L’argument invoqué serait que la justice locale aurait eu le temps de se remettre sur pied. Ce qui, dit-on, n’était pas le cas quand Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont été mis à la disposition de la CPI.

Au-delà, pour faire admettre la reculade, les autorités ivoiriennes requalifient les charges contre Simone Gbagbo. Ainsi, aux yeux de la justice ivoirienne, elle n’est accusée que d’atteinte à la sureté de l’Etat. Sauf qu’aux yeux de Fatou Bensouda, ce chef d’accusation est différent de ceux pour lesquels l’instance internationale a émis un mandat d’arrêt contre Simone Gbagbo. D’où le rejet hier même de l’exception d’irrecevabilité que les autorités ivoiriennes avaient mise en avant pour s’opposer à son transfèrement.

La Cour pénale internationale soupçonne les autorités ivoiriennes de ne pas vouloir juger l’ex-Première Dame. Une suspicion que partagent bien d’observateurs qui pensent qu’Alassane Ouattara voudrait faire de Simone son adversaire de figuration pour les échéances électorales de l’année prochaine.

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info 

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