
Sachant qu'il y a beaucoup de parents porteurs du VIH (virus causant le SIDA) de nos jours, le taux d'orphelins ne fera qu'augmenter.
En Guinée, 35.000 enfants sont devenus orphelins selon l'ONUSIDA en 2003. Par conséquent ce phénomène a un grand impact sur la communauté guinéenne.
Les enfants sont devenus les plus grandes victimes. La plupart du temps, ils sont rejetés alors qu'ils devraient être protéges, car ce ne sont pas un grand danger public.
Tout d'abord ces enfants sont confrontés à une profonde crise financière. Les parents étant malades, ils ne peuvent souvent plus travailler. En plus ils ont des dépenses énormes liées à la maladie.
Par conséquent les familles touchées de la maladie tombent dans une pauvreté atroce. Suite au décès des parents, une grande majorité de ces enfants reste sans moyens de survie: ils n'ont pas de moyens pour se procurer les besoins les plus élémentaires tels que la nourriture, des vêtements, de l'eau et de l'électricité, les médicaments, l'éducation scolaire,...
Souvent l'aîné(e) devient chef de famille. Il se retire de l'école pour faire face aux besoins les plus élémentaires. Ces circonstances l'entraînent dans la mendicité, la délinquance ou la prostitution.
Même si beaucoup des orphelins sont recueillis au sein de la famille élargie, les problèmes financiers n'y sont pas rares puisque la pauvreté y règne.
Beaucoup d'organisations se focalisent surtout sur les besoins financiers et sur la santé des orphelins, oubliant souvent l'impact psychosocial. Les orphelins affectés par le sida sont très souvent en manque d'affection, d'écoute et de compréhension. La majorité d'entre eux, n'a même pas la possibilité de faire son deuil, des problèmes de survie les obligent à déployer toute leur énergie pour y faire face.
En conséquence, un nombre d'orphelins souffre d'une dépression. Ils sont traumatisés, parfois ils se sentent même coupables parce qu'ils assument la responsabilité de la maladie. Ces enfants vivent avec une grande peur de subir le même sort que leurs parents. Ils n'ont plus d'équilibre émotionnel.
Pour conclure, on peut remarquer que beaucoup d'enfants sont rejetés, ils ont des difficultés à être acceptés par la communauté. Une grande partie de la population ignore l'étiologie, les modes de contamination et le développement du SIDA. Cette ignorance et de fausses idées concernant la maladie sont génératrices d'un excès de peur d'attraper la maladie.
Aussi, les orphelins du SIDA sont-ils souvent rejetés et vivent en dehors de la communauté. A l'école, les autres enfants et parfois les enseignants les vexent jusqu'à ce qu'ils ont honte d'être orphelins du SIDA et qu'ils refusent d'aller à l'école. Ces enfants sont stigmatisés et discriminés. Cette situation provoque malheureusement une isolation sociale.
Des efforts de grande ampleur sont et seront donc nécessaires à long terme pour faire face à de réalités tellement dures! Des gouvernements, des organisations et des communautés devraient urgemment aider ces enfants affectés par le SIDA.
A l'heure actuelle les efforts sont encore trop souvent insuffisants, fragmentaires et à court terme. Il faut que la communauté prenne les orphelins en charge et les protège au lieu de les stigmatiser.
En plus, il existe peu d'information de l'impact psychosocial sur ces enfants. Pour que les projets fonctionnent bien, il faut plus d'études. Il y a encore une longue route devant nous.
Par Anneke Vercoutere, Belgique avec une collaboration de Amadou Touré pour GuineeConakry.info




















