SEYDOU NOUR THIAM

Seydou Nour Thiam, apparaît à 35 ans comme une star à laquelle le destin a refusé sa sollicitude. Pourtant ce musicien a tout abandonné pour réussir pleinement dans la musique. Il en a la muse, le talent et l'expérience. Et pourtant, il en est encore là . Presque inconnu malgré la tonne de compositions qu'il garde dans sa besace artistique. Seydou Nour Thiam, une mine d'or qui n'attend pas en fait qu'un explorateur. Volontaire et honnête car des aventures, il en a connues, le pauvre!

Des producteurs fortunés lui ont volé des oeuvres pour accroître leur gain et d'autres cupides, incapables de mener à bon port l'entreprise discographique. Des aventures burlesques et révoltantes en somme.

 

Seul son caractère opiniâtre lui a permis de sortir deux disques. Le premier avec ''l'Africanium'' à Lagos en 1977 et le second en solo en 1981 à Paris. Des oeuvres qui lui ont tout simplement permis de franchir le seuil de l'anonymat mais qui n'ont guère assuré sa consécration. Une promotion véritable a manqué et l'absence de distribution internationale suivie des producteurs ont joué contre lui. Alors que tout l'appelle à la célébrité, il se trouve aujourd'hui encore coincé, sinon bloqué dans l'anti-chambre de la popularité.

 

Derrière lui, une vie d'aventure qui l'a mené un peu partout en Afrique de l'Ouest après la fin de ses études secondaires en 1970. A Dakar en 1971, avec les ''Damels'', il joue les Jimi Hendrix, Bob Dylan et autres dieux de la pop music.

 

Empruntant les instruments de musique aux artistes de bonne volonté, pour sûr, l'expérience était vouée à faire long feu. Quand même le Mali, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), le Togo, le Bénin et le Ghana seront visités par ces fantomatiques saltimbanques, avant que le groupe ne s'éteigne en 1972 à Cotonou.

 

En mal de boulot et sous la pression familiale, Seydou Nour Thiam va travailler dans la boulangerie Saconi à Lomé avant d'être expulsé faute de ''papiers réguliers'. Avant de quitter le Togo en 1973, il cotoïe les Safaris de G.G Vickey.

 

De 1973 à 1975, il se stablise au Bénin offrant des concerts scolaires et des bals populaires à Porto-Novo ou à Cotonou.

 

Là , il va vivre des expériences malheureuses en studio avec son ami Colomachi. Des enregistrements au studio EMI à Lagos restés sans suite, à la colère des frères Yanni de Cotonou avec lesquels il est toujours lié.

 

Seydou se révolte et abandonne momentanément tout, mais la rencontre avec Stephane Agboton, un féru de musique lui fait retrouver la bonne humeur. Ensemble, ils vont fonder le groupe AFASSA qui deviendra plus tard ''Aficanium'', le pont musical entre les Jeunes du Mali, de côte d'Ivoire, du Togo, de Guinée, du Nigeria etc...

 

Leurs compositions sont aux couleurs des pays d'origine mais un même sang les irrigue toutes. Une volonté avouée de sortir la musique africaine des cloisons régionales. En 1979, l'ensemble a défaut de soutien efficace s'essouffe, agonise et meurt. Seydou Nour reprend le chemin du bercail non en enfant prodigue mais en jeune homme prodigue avec le pesant d'or de son expérience internationale.

 

En 1980, il sort à Paris chez Ledoux Records ''Guinée Dimension 80'' avec des titres de bonne facture tirés du riche répertoire guinéen comme ''Sakho Dougou'', ''Woulou Koro'', ''Kankan Diaraby''etc.. Les mélomanes admirent sa voix et ses doigts mais lui conseillent des titres plus personnels.

 

En 1982, il réunit un groupe de huit musiciens:

 

1-Alpha Thiam(Guitares)

 

2-Macky Kanout(Basse)

 

3-Cheick Oumar Soumaré (Batterie)

 

4-Habib Tamba (Basse)

 

5-Pivi(Tumba)

 

6-Dyzicooper(claviers)

 

8-Fanta Fofana(Choeurs)

 

Avec ces artistes Seydou Nour Thiam enregistre plus de 14 titres qui, malheureusement sortent uniquement sur cassettes. Encore un autre goulot à la consécration internationale. Qu'importe, Thiam donne aux fans du reggae africain avec des chansons comme Teme Fore, Watu Yili, I Yolélé, Nina et Show me the way, des moments de vrai gaîté.

 

Mais sa famille le préfère aux champs, elle l'envoie à Dinguiraye diriger les travaux dans les vastes domaines de son père Macky Thiam, ce descendant de féodaux qui a toujours pensé que Seydou Nour Thiam était mieux ailleurs qu'en musique. Sa mère Fadima Tall de la lignée d'El Hadj Omar Tall ne pensait pas autrement aussi. Pendant deux ans l'agriculture sera sa chose puis en 1984, il décide de redescendre sur Conakry en se jurant de percer et d'éclater enfin sur le plan international.

 

Actuellement, il répète avec d'autres jeunes talentueux un répertoire bien corsé et volontairement loin des sentiers battus du reggae devenu un fourre-tout qui prostitue hélas bien d'artistes africains. Celui que le Palais du Peuple va connaître enfin physiquement à une imperturbable certitude: ''les beaux jours arrivent''

 

Justin Morel Junior

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