
Pour Serge Lazarevic, on peut toutefois s’attendre à une issue moins horrible que celle que le groupe terroriste, Etat islamique vient de réserver à l’otage américain. D’abord, parce qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) n’a pas encore prêté allégeance à l’EI. Or, jusqu’ici, les islamistes établis dans la région sahélienne n’ont pas encore intégré l’exécution systématique des otages, au nombre de leur stratégie. Mieux, la diffusion de la vidéo, sans aucune autre forme d’exigence, laisse croire que l’objectif des ravisseurs est de jouer sur l’émotion.
Ils misent sur le fait qu’en redécouvrant Serge, vivant, mais affaibli et malade, les autorités chercheraient à prendre contact avec eux pour un éventuel versement de rançon. Leur espoir est d’autant plus grand que l’otage parait sérieusement malade, au-delà d’une quelconque simulation éventuelle. Vu que son compagnon d’infortune, Philipe Verdon, avait été retrouvé mort, en juillet 2013, les autorités françaises pourraient vouloir lui éviter le même sort tragique. Psychologiquement acculés de tous les côtés, les responsables français pourraient céder.
Si tel est le cas, il ne faudra pas cependant s’attendre à ce que tout cela se fasse sur la place publique. Comme le veut une certaine approche diplomatique de la délicate gestion des prises d’otage, la France pourrait publiquement dire qu’il n’est pas question de négocier avec les terroristes. Mais elle ajouterait aussitôt que tout sera fait pour permettre à la victime de recouvrer sa liberté.
Ensuite seulement, à l’abri des clameurs médiatiques, les négociations s’organiseraient. Et si elles sont concluantes, le pauvre Serge Lazarevic, après trois ans de captivité, pourrait rejoindre les siens. Ce qui, en l’état, est une perspective plutôt éloignée. Amoins que...
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















