
Si tout se passe bien, c’est ce jeudi que Me Abdoulaye Wade arrive à Dakar. Hier, il est resté bloqué toute la journée à Casablanca. Pendant ce temps, à Dakar, les informations se succédaient en se contredisant. Les unes tendant à confirmer son arrivée, les autres annonçant un léger décalage et même, un peu plus tard dans la soirée, tout simplement le report. Une confusion et un imbroglio qui ont affecté jusqu’aux médias qui, au rythme des dépêches, auront quelque peu perturbé leurs lecteurs et auditeurs. Et que dire des militants du PDS, dont certains ont perdu la journée à attendre ?
Du côté d’Abdoulaye Wade, on explique cette situation par le refus des autorités sénégalaises d’accorder le droit d’atterrissage à l’avion de l’ancien président de la République, à l’aéroport de Dakar. Dans le camp de Macky Sall et de ses proches, on dément et, au contraire, on évoque un plan de vol d’Abdoulaye Wade qui n’aurait pas été communiqué à temps. Mais cette explication ne convainc pas grand-monde. Au regard de la fébrilité dont font montre les autorités sénégalaises depuis l’annonce du retour de l’ancien président, beaucoup estiment que Macky panique.
Une attitude qu’on aurait cependant de la peine à comprendre de la part d’un président qui, il y a seulement deux ans, avait battu à la régulière le vieux Wade ! Sauf que cette attitude est paradoxalement révélatrice de ce que beaucoup commencent à ressentir, à savoir que le changement promis tarde à se concrétiser.
Pire, avec Macky Sall, bien de Sénégalais ont le sentiment qu’on régresse notamment dans le domaine des droits humains. En témoignent les spéculations autour du droit des proches d’Abdoulaye Wade à manifester. Au regard de l’histoire ‘’élogieuse’’ que le Sénégal draine derrière elle, un débat autour d’un tel sujet est véritablement un recul.
Or, dans les domaines socio-économiques non plus, les avancées ne sont pas astronomiques. En somme, pour une frange importante des Sénégalais, le nouveau chef d’Etat n’a pas su aller au-delà du statut de « président par défaut » avec lequel il a été élu. Il n’a pas conforté tous ceux qui s’étaient prononcés en sa faveur. Et c’est ce que les Sénégalais tiennent à lui faire savoir, en manifestant leur souhait de renouer avec l’ancien chef de l’Etat. Naturellement, les enjeux ne sont pas directement électoraux. Mais pour Macky Sall qui doit déjà commencer à penser à un second mandat, la défiance, même symbolique, n’est pas acceptable. Il ne veut pas donner l’occasion d’étaler sa relative impopularité à la place publique.
Mais comme dit l’adage, ‘’on ne peut empêcher le soleil de briller avec la main’’. Une remise en cause objective et lucide produirait certainement de meilleurs résultats.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















