
La victoire du Sénégal sur le groupe sidérurgique est d’autant plus belle que Lakshmi N. Mittal et Cie, ne voulaient en faire qu’à leur tête. Estimant qu’ils n’avaient rien à craindre de la part de ce bout de terre logé quelque part au large de l’Océan Atlantique, ils avaient décidé, en violation du contrat qu’ils avaient eux-mêmes dûment signé, d’exercer une sorte de droit de véto sur mines de fer de la Falémé, dans la région de Tambacounda. Renonçant à exploiter le gisement de fer de la Falémé au motif que celui-ci n’était pas aussi riche qu’ils l’avaient initialement pensé, les dirigeants d’Arcelor Mittal avaient unilatéralement décidé de rompre le contrat.
Oubliant toute la déception et les dommages qu’une telle décision ne manquerait pas d’engendrer. En effet, il est à préciser qu’à la signature du contrat, les responsables du groupe sidérurgique avaient promis d’y investir plus de 1,5 milliards d’euros. Un investissement qui, en plus d’être le plus grand projet industriel du pays de la Téranga, devait générer jusqu’à 20.000 emplois directs et indirects.
Par ailleurs, il était également prévu la construction d’un chemin de fer long de 750 km et un port en eaux profondes à Bargny, près de Dakar. Mais, en lieu et place de tous ces espoirs mirobolants, Arcelor Mittal, victime de la crise économique mondial, décide du jour au lendemain de rompre le contrat. Sans se préoccuper un seul instant des conséquences. Mais c’était sans compter avec la volonté des autorités sénégalaises à laver l’affront et à se faire respecter. Ce n’est certainement pas tous les jours qu’il est donné de voir une telle issue judiciaire. Avec le verdict de la Cour internationale d’arbitrage de Paris, on se plait à rêver à l’existence réelle de la justice sur terre.
Bien que l’on soit encore loin du bout du tunnel de cette affaire, dans la mesure où les responsables du groupe sidérurgique promettent de se battre sur le terrain de l’indemnisation qu’il lui faut verser au Sénégal, il serait néanmoins intéressant que d’autres pays africains s’inspirent de l’exemple-ci pour mieux faire face aux multinationales qui, très souvent les briment en usant de leur vulnérabilité.
La Guinée en particulier, réceptacle d’énormes richesses minières convoitées, devrait y voir un motif de la persévérance dans la bataille qu’elle livre notamment contre le BSGR du Franco-israëlien, Benny Steinmetz.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















